En grande première, place aux œuvres de Jacques Hurtubise, artiste sérigraphiste renommé ayant longtemps créé dans son atelier du chemin Saint-Louis, à Terrebonne.
L’inauguration de cette nouvelle galerie d’art s’est tenue le 4 juin dernier en présence de nombreux invités et surtout, de Christiane Deshaies, grande amie et responsable de la succession artistique de l’artiste Hurtubise, décédé en 2012.
C’est donc dans une joyeuse ambiance qu’amis, dignitaires et représentants des médias ont pu découvrir cette première exposition, précédée des explications de Chloé Laframboise, directrice Patrimoine et Événements, puis de Claudéric Provost, directeur général et artistique, qui y ont vu une belle opportunité d’offrir des expositions aux spectateurs s’étant déplacés pour un événement culturel dans ce magnifique établissement aux abords de l’Île-des-Moulins.
Enrichir l’expérience culturelle
En prenant la parole, le directeur Claudéric Provost a rappelé avoir observé les murs vides à son arrivée à la tête de La Nouvelle Société, il y a quatre ans. « On se disait que les 500-600 paires de “fesses” qui venaient tous les soirs ici et qui ont payé un billet pour voir un spectacle, on pourrait les mettre en relation avec les arts visuels et sans que ça ne coûte rien. Et on est parti de là », a expliqué M. Provost.
L’équipe s’est donc mise à la recherche de financement et entrepris d’acheter du mobilier adapté pour finalement pouvoir investir entre 40 000 $ et 50 000 $ dans cette aventure grâce à l’obtention de subventions et au soutien de partenaires.
L’Équipe de La Nouvelle Société souhaite donc enrichir l’expérience culturelle des spectateurs du théâtre qui accueille plus de 100 000 personnes annuellement. Déjà, trois grandes expositions annuelles sont prévues et que l’on pourra découvrir les œuvres sur le grand mur arrondi de la Galerie 866 du 2e étage durant quatre mois chacune. En dehors du calendrier événementiel de la scène théâtrale et musicale, il faudra réserver pour visiter l’exposition en cours.

Exposition Œuvres choisies
« Pour donner vie à cette galerie pour la toute première fois, il nous fallait une exposition forte et audacieuse. Pour ceux qui ne connaissent pas Jacques Hurtubise, c’est une figure majeure de l’art québécois. Accueillir Jacques Hurtubise à la Galerie 866 est aussi un geste sentimental pour nous parce que cet artiste de renommée internationale, qui a exposé à Paris, Londres Sao Paulo, a été un fier résident de Terrebonne et il a gardé son atelier ici pendant de nombreuses années. Donc ce soir, c’est un peu comme si ses œuvres revenaient à la maison », a souligné la directrice du volet Patrimoine et Événements, en expliquant le choix de Jacques Hurtubise.
Pour lui rendre hommage, la direction de la Nouvelle Société s’est donc entendue avec le galeriste Simon Blais, pour une sélection de 20 sérigraphies réalisées entre 1970 et 2012. Il s’agit d’œuvres aux contrastes chromatiques, parfois en noir et blanc, mais aussi mises en valeur par l’inclusion de couleurs éclatantes, dont le rose vif, qu’affectionnait particulièrement l’artiste, qui avait fait l’École des Beaux-Arts de Montréal.
« On espère que vous allez être frappés par la spontanéité de son geste et bien sûr par sa maîtrise légendaire de la couleur. Chez Hurtubise, le rose n’est pas qu’une couleur ; c’est un cri de liberté radicale », a commenté Mme Laframboise.
Éclatement créatif
Né à Montréal, l’artiste peintre est parti étudier ensuite à New York où il a eu une réelle révélation artistique ; un véritable éclatement créatif qui a changé son approche de l’art à son retour au Québec.
Sur un angle plus personnel, rappelons que l’artiste s’est exilé un long moment au Cap Breton après la perte de sa fille, qui a été un drame dans sa vie. Mme Deshaies, qui a bien connu l’artiste, rappelle que Jacques Hurtubise revenait ensuite trois à quatre fois durant l’année à Terrebonne pour travailler dans l’atelier qu’il y avait conservé.