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Sylvie Froment lance le troisième tome des Belles de Lanaudière

Ce troisième volet raconte l’histoire de la grand-mère maternelle de l’auteure, une femme forte qui accompagne sa famille à travers la crise économique, les maladies, le début du féminisme et le déclin de la foi religieuse au Québec. L’action se déroule à Joliette entre 1920 et 1970.

Après Alphonsine la soumise et Laura la fille-fleur, Sylvie Froment poursuit son œuvre de mémoire en abordant les thèmes de la bienveillance, de la solidarité familiale et de la résilience. Originaire de Montréal, l’auteure puise dans l’histoire de sa famille de Joliette pour dresser un portrait des familles lanaudoises d’autrefois.

Photo courtoisie — L’auteure Sylvie Froment entourée des tomes de sa saga Les Belles de Lanaudière.

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Festival Grande Tribu – Mascouche et Terrebonne accueillent la 11e édition

Le festival de musique émergente propose trois jours de spectacles gratuits, répartis en trois soirées thématiques, mettant en vedette une vingtaine d’artistes aux styles variés.

Les festivités s’ouvriront le jeudi 30 avril dès 17 h sur la place publique du Vieux-Terrebonne avec la soirée Cric Crac Rock! DJMA lancera le bal en entraînant le public dans un univers musical éclectique. Les groupes Fangus et KLAUS prendront ensuite possession de la scène principale, mêlant énergie rock et folie créative. Sons of Arrakis clôturera cette première soirée au Pub St-Patrick avec une prestation de rock immersif.

En parallèle des concerts, la place publique proposera une offre gourmande avec le camion de rue La Queue du diable, de la Confrérie, ainsi qu’un kiosque de boissons alcoolisées. Quêtes & Café et le Joker Pub Ludique animeront des expériences ludiques, tandis que la tatoueuse Fanny Raymond complétera l’offre pour une soirée à la fois festive et originale.

Le vendredi 1er mai, le festival se déplacera sur le chemin Sainte-Marie, au cœur du Vieux-Mascouche, pour la soirée Gazon Blues. Nouveauté cette année : en plus de la scène principale et de la scène Phoque Off, une troisième scène fera son apparition à la Buanderie, où des artistes offriront des prestations en formule busking. Le groupe bluegrass Picky Pickers ouvrira le bal dès 18 h en inaugurant ce nouvel espace. Le public pourra ensuite profiter des performances de Bosko Baker, Stompin’ Trees, Josh and the Dirty Rags et Alice Bro.

Photo courtoisie Nadim Zakkour – Le Festival Grande Tribu mise sur la découverte musicale pour rassembler la communauté.

Le samedi 2 mai, la journée Global Mental prendra le relais avec une programmation qui s’étirera de 13 h à 23 h. En après-midi, LECOQ, Ammoye, Svarica et Aujourd’hui se partageront la scène avec leurs univers musicaux variés. En soirée, le voyage musical se poursuivra avec Plomberie, Ramon Chicharron, Sara et Rebecca, Ayrad, Jashim et Sonido Pesao.

Pendant les deux journées du festival à Mascouche, plusieurs restaurateurs et commerces du Vieux-Mascouche prolongeront leurs heures d’ouverture afin d’accueillir les festivaliers. Parmi les adresses à découvrir : La Bine, L’Albatros, BYGS Smoked Meat, le café Pastel et Crème, la confiserie Sucre Rose ainsi que le fleuriste Panier de fleurs.

Une zone ludique accueillera les familles en quête de divertissement, tandis que les plus téméraires pourront se laisser tenter par un tatouage réalisé par l’artiste Créathéna. Un espace terrasse convivial sera également aménagé afin de permettre aux festivaliers de profiter pleinement de l’ambiance unique de Grande Tribu, dans une atmosphère détendue.

La programmation complète du Festival Grande Tribu est disponible sur festivalgrandetribu.com. L’application mobile FEST permet également de consulter l’horaire des spectacles.

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Une programmation enlevante au POP ton été pour son 10e anniversaire

À l’occasion de son 10e anniversaire, le festival POP ton été met le paquet avec une programmation d’envergure qui plaira à tous les goûts, en y présentant des artistes aussi courus que Matt Lang et Éric Lapointe.

L’équipe organisatrice du festival a fait les choses en grand afin de souligner les dix ans de ce festival en publicisant sa programmation lors d’un lancement officiel le 2 avril dernier, au bistro L’Aparté, où s’étaient réunis tous les membres du conseil municipal et leur maire Mathieu Traversy, aux bons soins de l’inclassable animateur Luka Lemay, dont l’accueil endiablé n’avait d’égal que les bonnes nouvelles partagées par ses invités.

Présenté du 4 juin au 22 août 2026, POP ton été proposera des prestations pour tous les goûts : rock, pop, hip-hop, country, relève québécoise, et plus encore, sans oublier les fêtes familiales, présentées par Le Lait, et des soirées d’humour conviviales, proposées à différents moments de l’été.

Une fierté partagée

D’entrée de jeu, le maire de l’endroit s’est montré d’un enthousiasme contagieux.

« Que l’on habite à Lachenaie, qu’on habite à La Plaine, qu’on habite à Terrebonne-Ouest, on s’est donné cette mission de rendre accessible la culture à Terrebonne. »

« C’est sûr que, comme maire, d’avoir un festival aussi unique sur le territoire, ça me rend très fier. On l’a amené à bon niveau en 2023, pour le 350e anniversaire de notre municipalité. On continue de lui donner de l’amour et du rayonnement. Et je pense que ça contribue à faire de Terrebonne une ville très différente des autres villes de banlieue de la Couronne de Montréal. Ici, c’est vivant, il y a de l’activité. Ça bouge. Ce n’est pas une ville dortoir ; on est dans l’action et capables de faire participer la communauté à des rassemblements festifs. Cette année ne fera pas exception », a indiqué M. Traversy, sur un ton si énergique et emballé qu’il ne serait guère étonnant de l’y croiser à l’un des spectacles.

L’animateur Lemay n’a d’ailleurs pas manqué de souligner que le festival a accueilli pas moins de 130 artistes en dix ans d’existence.

Au chapitre des nouveautés de l’édition 2026, on a appris que toutes les soirées prévues à l’agenda présentent deux artistes sur scène pour chacune des dates.

Place à la musique

La liste des artistes qui accueilleront les spectateurs tout à fait gratuitement, le temps d’une soirée sous les étoiles, est longue et fort prometteuse.

Pour ouvrir le festival, Matt Lang et Trudy seront au parc Louis-Gilles-Ouimet, le jeudi 4 juin, suivi le lendemain 5 juin, des artistes Loud et Rymz.

En juillet, le festival se déplace au Parc des Vignobles. Les artistes Bon Enfant et Billie du Page sont à l’affiche le 9 juillet et le groupe Classe Moyenne fera la première partie de la soirée du 10 juillet avant le spectacle de Kaïn qui effectue sa tournée d’adieu.

C’est au parc Philippe-Villeneuve que se dérouleront les dernières soirées musicales avec des invités renommés. On attend la visite d’Éric Lapointe et de son frère Hugo Lapointe le 20 août. Lors de la soirée de clôture musicale, qui se tiendra le lendemain 21 août, place à Brigitte Boisjoli avec son spectacle thématique Elvis, Bring Back ‘68, et Sylvie Desgroseillers et son hommage à Tina Turner « Tina Live ».

Sans oublier les familles et l’humour

En dehors de ces soirées musicales, le festival réserve trois journées d’activités familiales remplies d’animations, de jeux et de nouveauté cette année, des spectacles d’humour. Les rendez-vous gratuits pour les familles : le 6 juin au parc Louis-Gilles-Ouimet, le 11 juillet au parc des Vignobles et le 22 août au parc Philippe-Villeneuve.

Et puisque de nombreux festivaliers aiment rire un bon coup, les organisateurs de POP ton été ont inscrit à la programmation trois soirées d’humour en proposant la Tournée Escale, que l’on présente comme une expérience conviviale et immersive sur une scène nomade et animée par Rolly Assal : le 18 juin au parc Louis-Laberge, le 16 juillet au parc Philippe-Villeneuve, le 13 août au parc des Vignes.

Déjà dix ans

Après dix ans de festival sur son territoire, la Ville de Terrebonne peut se targuer d’avoir été à l’avant-garde sur la scène musicale. L’édition 2026 a un second défi, celui de surpasser le festival présenté en 2025, une année où la palette des invités a été exceptionnelle, se rappelle Julie Richard, la cheffe de division Art, Culture et Bibliothèque, de la Ville de Terrebonne.

L’an dernier, l’artiste Fredz a attiré pas moins de 11 000 spectateurs sur le site du parc Louis-Ouimet. Et ce n’est pas un record, selon Mme Richard. Sales Barbes avait réussi l’exploit de faire déplacer 14 000 personnes, à son spectacle présenté dans le cadre du 350e anniversaire de la ville de Terrebonne.

Et sans oublier Marjo en 2025. « Les gens étaient tellement heureux de revoir cette bête de scène à La Plaine. Ç’a été un spectacle incroyable avec près de 5000 spectateurs », se souvient Mme Richard.

Puis, il ne faut pas oublier que ce genre d’événement estival peut lancer des carrières, souligne-t-elle. C’est notamment le cas de Lou-Adriane Cassidy, qui y a pris part en 2022, alors classée comme artiste émergente.

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Le Mascouchois Félix St-Jean brille au concours Cégeps en spectacle

Pour le jeune homme de 19 ans, c’est le rêve de toute une vie qui se concrétise. Musicien dans l’âme, il s’est lancé dans les auditions pour cet événement d’envergure qui a lancé la carrière de plusieurs grands noms de la chanson québécoise, dont Ariane Moffatt, Louis-Jean Cormier, et Pierre Lapointe, entre autres.

Les années précédentes, Félix s’inspirait des plus grandes œuvres québécoises, reprenant ses artistes préférés. L’une de ses muses est incontestablement Lynda Lemay, dit-il. « Elle m’inspire, pas juste [à travers] l’écriture de mes textes, mais elle m’inspire aussi sur comment être un artiste, comment faire la scène, comment rencontrer le public. »

Dans le volet régional du concours, il affirme que les juges sont allés jusqu’à le comparer à Daniel Bélanger. « J’aime énormément Daniel Bélanger, confie-t-il, « avec un peu de Louis-Jean Cormier ou d’autres artistes émergents ».

Tracer sa propre voie

Depuis la dernière édition de la compétition, Félix Saint-Jean a pris la décision d’écrire ses propres chansons. Un tournant qui, selon lui, a fait toute la différence. Il décrit cette initiative comme la plus gratifiante de toute cette aventure, laquelle lui a permis de franchir une nouvelle étape au concours. Ce qui l’anime avant tout, confie le jeune artiste, c’est de faire vivre des émotions au public.

« Je pense que c’est beaucoup plus personnel. Je pense que pour un artiste, même si je suis un très jeune artiste, ça fait super longtemps que j’écris des chansons, je pense que c’est vraiment plus personnel de parler de ses émotions que ce soit mes paroles à moi, mes accords de guitare à moi. »

Le numéro proposé par l’artiste, d’une durée de dix minutes par spectacle, se décline en deux pièces différentes. La première, une forme de ballade triste, est écrite en hommage à sa grand-mère décédée. La deuxième, un titre estival et entraînant qu’il espère entendre un jour jouer à la radio, est, selon lui, la plus difficile. « Des fois, c’est plus dur de passer d’une émotion à une autre », reconnaît-il.

« Et ça me rend heureux de voir, sur ma deuxième chanson, je leur demande de taper dans les mains et je vois tout le monde dans la salle taper des mains », confesse-t-il, tout en considérant cette aventure comme sa première participation, en termes de nouveautés.

De grandes perspectives

Félix Saint-Jean a de grands rêves plein la tête. Las Vegas est sa prochaine destination, lâche-t-il en riant, avant d’annoncer, plus sérieusement, avoir été accepté, parmi 14 candidats, à l’École nationale de la chanson à Granby. Il quitte Mascouche l’an prochain afin de s’y installer. « [c’est] un peu comme l’École nationale de l’humour, mais vraiment axée sur les auteurs, compositeurs, interprètes. »

Sa deuxième chanson présentée à Cégep en spectacle, intitulée « Toi et moi », devrait être disponible sur les plateformes d’ici l’été, même si aucune date n’est encore confirmée. Félix rêve de se produire à la Saint-Jean, « qui est une de mes fêtes préférées, très proche de [mon anniversaire] », confie-t-il. 

L’étoile montante dit accueillir avec enthousiasme tout ce que 2026 pourrait lui apporter comme privilège. Qu’il s’agisse de collaborations avec d’autres artistes, de nouvelles scènes, ou de nouveau projets. Il fait de plus en plus de rencontres, notamment grâce à l’École nationale de la chanson. « Je suis dans un gros trip », confie-t-il.

Cap sur la finale

Cégeps en spectacle est une grande vitrine des arts de la scène au niveau collégial au Québec, permettant chaque année à des artistes de la relève l’occasion de se produire dans des disciplines telles le chant, la danse, le théâtre, l’humour ou les arts du cirque.

Un vote coup de cœur est ouvert au public du 2 au 22 avril 2026. Une bourse de 1000 $ offerte par Desjardins sera remise à l’artiste ou au groupe ayant obtenu le plus grand nombre de votes parmi les 10 finalistes nationaux. Les détails du vote sont inscrits sur le site du Réseau intercollégial des activités socioculturelles du Québec (RIASQ).

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Martha Wainwright au Vieux Théâtre de Terrebonne

Contrairement à son frère, dont la carrière s’est déployée aux quatre coins de la planète, elle est restée solidement ancrée à Montréal, nourrissant un lien direct avec le public québécois.

Au fil des années, elle s’est aussi distinguée par sa capacité à habiter d’autres répertoires, notamment avec ses relectures d’Édith Piaf, où elle s’approprie cette œuvre magistrale dans une interprétation brute, fragile et paradoxalement forte, profondément personnelle. À cela s’ajoute une tradition familiale bien vivante, alors qu’elle retrouve régulièrement Rufus sur scène pour des spectacles de Noël qui prolongent, à leur manière, l’héritage des McGarrigle. Chez les Wainwright, la scène n’est jamais bien loin de la maison.

Un premier album qui déchire

Vingt ans plus tard, Martha Wainwright revient à ce disque fondateur avec un regard lucide. Dans le texte qui accompagne le spectacle, elle replonge dans cette période déterminante où se succédaient les spectacles dans les bars, les cassettes vendues après les shows, de longues années à chercher sa voix sans savoir si elle serait entendue.

Dix ans à écrire, à tourner, à tomber et se relever, à apprendre le métier sur scène. Ce premier disque, dit-elle, raconte cette traversée-là — une vie en train de se faire, sans garantie de lendemain.

Ceux qui découvriront l’album le 26 avril ressentiront toute cette fougue, caractéristique aux premières prises de parole artistiques, le tout dans une honnêteté crue et décomplexée. On peut penser à Jagged Little Pill, d’Alanis Morissette, sorti dix ans avant celui de Martha Wainwright, comme une influence crédible. On y retrouve cette même façon de transformer une blessure intime en déclaration frontale. Mais là où Morissette explose, dans You Oughta Know par exemple, Wainwright nous prend par la main, s’installe sous un projecteur tamisé et prend le temps de nommer la blessure — une charge qui passe notamment par Bloody Mother Fucking Asshole, pièce centrale de l’album.

Donc, vingt ans plus tard, avec plusieurs albums derrière elle, des enfants, et une carrière toujours bien vivante, elle revient à ces chansons qui l’ont faite.

Sur scène, elle rejoue l’album dans son intégralité, sans nostalgie forcée, mais avec la conscience du chemin parcouru. Parce qu’au fond, comme elle le résume elle-même, il n’y a pas de Martha à 48 ans sans celle de 28.

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Flambant nue sur la scène de la Salle Desjardins

Flambant nue, c’est la nouvelle pièce de théâtre écrite par Pierre-Michel Tremblay, co-fondateur de la troupe Les Éternels pigistes, première mouture, et qui réunit Isabelle Vincent, Christian Bégin, Pier Paquette et Marie Charlebois. L’auteur s’était commis à l’écriture scénique pour la troupe avec Quelques humains, Le rire de la Mer, Mille-Feuilles. Depuis, il enseigne à l’École nationale de l’humour ainsi qu’à l’Institut national de l’image et du son (INIS) et a participé à l’écriture de plusieurs séries dont Le club des 100 watts, le Grand Blond avec un show sournois, Un gars, une fille.

Quant aux Éternels pigistes, ils ne sont plus à présenter. Depuis la formation de leur compagnie en 1996, les comédiens ont déjà présenté huit pièces de théâtre.

De la réflexion à l’humour

Connus pour leur approche théâtrale entremêlant drame et humour sur fond d’interrelations humaines de plus en plus complexes, Les Éternels osent le questionnement sur scène. Ou si l’on préfère, l’exploration des profondeurs existentielles avec légèreté.

Pour Flambant nue, qui est en tournée au Québec depuis l’été dernier, on a souhaité présenter des personnages qui se questionnent sur différents aspects de la vie actuelle et le font sans ambages, abordant des thèmes aussi d’actualité que le rythme fou de la vie, la dépendance aux réseaux sociaux ou encore la polarisation actuelle dans le monde. Des aspects de la vie sur lesquels on se pose tous des questions.

« On retrouve le style tragicomique sketch, c’est ce qui nous interpelle, ce qu’on a envie de faire. C’est de la comédie noire, en fait. Mais on rit beaucoup, on réfléchit, on côtoie le comique et le tragique et ça, ça fait vraiment partie de notre dramaturgie en fait », assure la comédienne Marie Charlebois, en entrevue.

Marie Charlebois, elle, s’interroge sur le sens de sa vie. « Moi, mon personnage n’est pas capable de dormir, elle a toujours un hamster qui spin dans sa tête, qui se questionne sur sa place dans l’univers », explique la comédienne.

Dans un premier temps, chaque personnage livre un petit monologue, parle de ses préoccupations, en séance de thérapie chez le psychologue. Après, leurs préoccupations seront déclinées dans des sketchs qui viendront appuyer ce qui a été questionné, ce qui a été dit dans le monologue, laisse savoir Marie Charlebois.

« Je pense que tout le monde s’y reconnaîtra : on se pose la question sur les choix qu’on a fait qu’on aurait voulu ou qu’on aurait aimé ou pas faire. »

Cédrick Lapratte-Roy

Pour cette nouvelle pièce, Marie Charlebois n’a pas voulu plonger dans la mise en scène, elle qui s’y est souvent adonnée lors des pièces antérieures de la troupe. « J’avais vraiment envie de m’amuser, d’être libre comme actrice », clame-t-elle.

La troupe s’est tournée vers Cédrick Lapratte-Roy, jeune metteur en scène de la relève, mais dont la réputation se bonifie depuis sa sortie de l’école de théâtre de Saint-Hyacinthe en 2016. Son porte-folio mentionne entre autres le Théâtre Denise-Pelletier et la pièce Terrain glissant qu’il y a présentée et s’affiche actuellement avec Glissant, glissant, au Centre du Théâtre d’aujourd’hui.

Marie Charlebois affirme que les membres de la troupe ont été unanimes sur Cédrick Lapratte-Roy lors de leur rencontre. « On avait envie d’aller avec quelqu’un de plus jeune pour ne pas rester dans notre univers. C’était bien important pour nous. On s’est senti comme s’il faisait partie de la gang depuis des années. Il n’y a pas eu clash de générations. Je pense que ce qu’il y a de beau dans la culture dans l’art, c’est qu’on se rejoint par ce qu’on veut dire, ce qu’on a envie de dire, peu importe l’âge qu’on a. On passe par peut-être les mêmes chemins. Mais la rencontre a été extraordinaire, puis Cédrick s’est aussi entouré de jeunes de sa génération », soutient la comédienne, emballée d’y voir des filles se consacrer à des tâches de production autrefois assumées par des hommes.

« Ce sont toutes des filles aux décors, aux costumes, aux sons, lumières. Deux filles nous accompagnent pour la tournée. C’est très drôle. Les autres sont techniciennes, elles montent le show, conduisent le camion, défont le décor, puis elles sont très bonnes », raconte avec amusement et fierté la comédienne.

Celui-ci a choisi une mise en scène simple, sans décors excessifs. Le metteur en scène a choisi de placer ses personnages sur des cubes, en vue d’évoquer des buildings, un non-lieu même, laissant le spectateur dans l’imaginaire, tout en y assurant une ambiance, une atmosphère. « Je pense que c’est beaucoup inspiré du cinéaste Anderson dans les couleurs pastels et il a voulu créer ce monde-là par les couleurs », relève la comédienne.

Quoi qu’il en soit, un titre comme Flambant nue ne peut qu’être déconcertant, tant par son propos universel que par son traitement teinté d’humour noir et interprété par quatre comédiens, dont le talent n’est plus à démontrer.

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Voyage dans un Bunker à ciel ouvert avec Major & Moran

Le Théâtre du Vieux-Terrebonne représente depuis toujours un lieu mythique pour le couple Major-Moran. C’est lors d’une deuxième rencontre dans cette salle de spectacle que la flamme s’est allumée entre eux. Y présenter un spectacle sur cette scène s’annonce mémorable pour les deux artistes. Le programme de la soirée du 9 avril aussi.

Occuper la scène ensemble, faire une première tournée en duo, constitue une nouvelle expérience pour les deux artistes, menant chacun leur propre carrière. « On a beau habiter ensemble, on est vraiment très occupés et puis, on a quatre enfants, donc on est tout le temps dans le jus. Ce sera comme une forme de retrouvailles », s’en amuse Catherine Major, en entrevue avec La Voix.

Un long partenariat

Certes, leur collaboration n’est pas nouvelle. En couple depuis plus de 17 ans, les partenaires collaborent depuis longtemps, échangeant souvent textes et musiques pour leurs albums respectifs, en dehors de leur collaborations externes.

Catherine compose des musiques pour d’autres artistes, elle a tout récemment ajouté Marina Orsini à sa liste, tandis que son acolyte écrit aussi pour d’autres artistes, dont Luce Dufault et Sylvie Paquette, lui qui s’était fait connaître en remportant Ma première place des arts, en 2005.

Qu’attendaient-ils pour faire concevoir un album commun ? Les choses se sont placées progressivement. Le couple a évolué, tente d’expliquer la chanteuse.

« Avant, nous n’étions pas prêts au niveau créatif. Travailler à deux demande un certain laisser-aller, puis il faut faire des compromis, penser au couple à travers les enfants et la vie nous a appris à être humain là-dedans. Puis enfin, le bon moment est arrivé », confie Catherine Major.

Deux personnes se font face en extérieur, dans un paysage flou, l’une touchant le menton de l’autre dans un moment calme et rapproché.
Photo courtoisie

L’amour, l’amitié, la famille

En termes de contenu, les thèmes se sont imposés d’eux-mêmes : l’amour, l’amitié, la famille. Des textes profonds exprimés avec des mots simples et teintés de poésie. Les deux artistes les chantent sans fausse pudeur, connectés à leurs émotions.

Si le binôme Major-Moran partage tout ou presque, chacun d’eux l’exprime différemment. Catherine compose la musique, Jeff écrit les textes. Mais sur scène, ce sont deux capitaines à bord de même navire, aussi ont-ils dû trouver leurs marques.

Celle de la portion musicale s’est inscrite il y a fort longtemps dans les spectacles de la chanteuse qui s’accompagne toujours au piano.

Il faut dire que la musique fait partie de sa vie depuis l’enfance, elle qui a même présenté des concerts de piano classique durant sa jeunesse, avant de remporter la finale en chanson du Festival en chanson de Petite-Vallée en 2002.

Un duo sur scène

Sur la scène, les deux artistes proposent une complémentarité. Catherine s’accompagne au piano, Jeff parfois à la guitare, en plus des trois musiciens qui s’ajoutent à eux.

Ils chantent en duo, mais se réservent aussi quelques pièces en mode solo. Juste quelques pièces de leur répertoire respectif, l’ensemble du spectacle reprenant essentiellement les dix pièces de l’album Bunker à ciel ouvert.

« Sur scène, c’est un moment d’amour et d’humour. On a beaucoup d’humour, Jeff et moi, et je pense que ça transparait sur scène. Et on est très réceptifs sur scène », assure Catherine Major.

Cette dernière promet aux spectateurs une soirée qui se déroulera « comme un voyage dans un album extrêmement musical ».

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Seul au cinéma : l’album né d’une journée pluvieuse

L’idée remonte à 2023. L’auteur-compositeur était alors de passage dans la région pour un spectacle. Comme souvent en tournée, les heures précédant la représentation laissent beaucoup de temps à meubler. « On arrive tôt, on fait le test de son… puis on attend longtemps que le spectacle commence », raconte-t-il.

Ce jour-là, on lui propose d’aller passer l’après-midi dans un cinéma voisin. « Je me suis promené de salle en salle. Il pleuvait, il n’y avait presque personne. Je me sentais vraiment seul. Cette expérience-là est restée avec moi », explique Bazini. Cette impression de solitude deviendra le point de départ du projet.

L’artiste imagine alors un album construit un peu comme un film. Certaines chansons sont très courtes, presque comme des fragments d’histoire, tandis que d’autres prennent leur temps pour installer l’ambiance. Même les bruits captés dans le cinéma – ses pas dans les corridors ou les sons ambiants – se retrouveront dans l’univers sonore du disque.

Sortir de sa zone de confort

Mais le véritable défi de ce projet était ailleurs : écrire en français pour la première fois.

Après plusieurs albums en anglais, Bazini admet que le passage vers sa langue maternelle représente un saut dans l’inconnu. « Ça a été sortir de ma zone de confort », résume-t-il.

Pendant longtemps, l’écriture est restée bloquée. Puis une chanson a tout débloqué : Février et le mauve, qui ouvre l’album et en annonce les thèmes, notamment la quête identitaire et la solitude de la scène. « Des fois, il suffit d’une chanson qui devient un peu l’ancre du projet. Après ça, tout débloque », explique-t-il.

Un retour vers soi

Ce virage vers le français s’est accompagné d’une réflexion plus personnelle. Pendant la création de l’album, Bazini a décidé de retourner terminer ses études secondaires.

Un moment anodin – recevoir sa carte étudiante – a provoqué un déclic. Celui qui a tourné une vidéo inspirante dans le cadre des Journées de la persévérance scolaire raconte : « Quand j’ai vu mon nom, Bobby Bazinet, sur la carte, ça m’a frappé. Je me suis rendu compte que j’avais presque deux identités : mon nom d’artiste et mon vrai nom. »

Pour lui, ce disque n’est pas un projet parallèle. « Pour moi, ce n’est pas un album à côté. Je le vois vraiment comme mon sixième album », affirme-t-il.

Et surtout, cette plongée dans le français lui a permis de redécouvrir sa propre langue. « C’est une langue magnifique et très riche. Jusqu’à la fin du projet, je changeais encore des mots pour trouver les plus beaux. »

Bobby Bazini présentera ce spectacle le 28 mars au Théâtre du Vieux-Terrebonne.

Une façon, peut-être, de boucler la boucle : partir d’un cinéma presque vide… pour retrouver une salle pleine.

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Patrice L’Écuyer : Après seulement 32 ans d’absence sur scène

Un retour qu’il aborde avec enthousiasme, même si l’exercice l’a d’abord déstabilisé.

« Ce qui me terrorisait, c’est que le sujet, c’est moi, révèle-t-il. J’avais peur que ça n’intéresse personne. »

Habitué à interpréter des textes et à incarner des personnages, l’animateur et comédien plonge cette fois dans son propre vécu. Un virage intime, où il partage anecdotes personnelles et souvenirs professionnels avec humour et autodérision.

Des débuts façonnés par le théâtre et l’impro

Bien avant de devenir une figure familière du petit écran, Patrice L’Ecuyer a multiplié les rôles au théâtre, notamment au Théâtre du Nouveau Monde et au Théâtre Jean-Duceppe à Montréal. Pendant dix ans, il « n’a fait que jouer », acceptant tous les projets possibles.

« Il faut toujours faire le plus de trucs possibles pour se faire remarquer quelque part, dit-il. C’est de la chance, il faut travailler fort, mais il faut rencontrer le monde au bon moment. »

Sa participation à la Ligue nationale d’improvisation (LNI), où il a été nommé joueur le plus populaire en 1988, a servi de tremplin. « C’était comme une grande audition, confirme-t-il. On voulait se faire connaître. Bien paraître ».

L’animation et la reconnaissance… sans en avoir conscience

Le grand public l’a ensuite découvert comme animateur, notamment à la barre de L’union fait la force et de son talk-show Le show de L’Écuyer, qu’il considère comme l’une de ses plus grandes fiertés. Pourtant, malgré la popularité, il affirme ne pas avoir pleinement réalisé l’ampleur de son succès.

« Je travaillais tellement que je ne voyais pas. Pendant qu’on le fait, on n’a pas cette pression-là. On n’a pas conscience de ça. Des fois, j’avais deux émissions de radio chaque jour. »

Ce rythme effréné lui a toutefois apporté beaucoup de confiance; confiance qui l’a ramené sur les planches d’une scène, où le sujet principal est lui-même. Sa dernière apparition sur scène remontait à 1993, aux côtés de Bernard Fortin, dans Merci beaucoup. Cette fois, il se retrouve seul face au public.

Patrice L’Écuyer parle dès l’ouverture du spectacle avec humilité, presque incrédulité par rapport à sa carrière et à quel point il a toujours senti « avoir grandi devant les gens à la télévision ». Une occasion pour les gens de connaitre le « Patrice » à l’extérieur de la caméra et des textes de théâtre. Parler d’un Patrice qui se livre sur qui il est.


« Les gens avaient l’impression qu’on connaissait Patrice depuis toujours, confie-t-il. Après le spectacle, les gens affirment que maintenant, ils me connaissent [vraiment] ».

Le plaisir d’être là

Au-delà de la carrière, des succès et des décennies passées sous les projecteurs, Patrice L’Écuyer affirme que ce qu’il préfère aujourd’hui, c’est simplement être sur scène.

« C’est ce que je préfère : être sur scène », soutient-il.

Son spectacle, authentique et empreint d’humanité, offre l’occasion de redécouvrir un artiste aimé du public sous un jour plus personnel. Sans écran, sans montage, simplement lui.

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Steve Hill de passage à Terrebonne

Sorti le 1er novembre 2024, Hangin’ On A String s’inscrit dans la continuité du parcours musical de Hill, quelque part entre le blues et le rock. « Dans la vie, je pense que je fais du blues-rock. Des fois ça penche plus du côté du blues, des fois plus du côté du rock. Pour moi, cet album-là penche plus du côté du rock », explique le musicien.

Avec le temps, Hill dit avoir cessé de vouloir définir précisément son style. « Où c’est que l’un commence et l’autre finit, j’ai arrêté de me poser des questions avec ça. J’y vais avec l’inspiration », résume-t-il.

L’album a été enregistré au célèbre Studio 606 de Dave Grohl, à Los Angeles, dans des conditions qui laissent toute la place à la performance. « On a fait ça live en studio en cinq jours. C’est bien cru. Il y a beaucoup d’énergie sur l’album », raconte Hill.

Cette approche se transpose naturellement sur scène, où les pièces trouvent toute leur ampleur. « Ces chansons-là fonctionnent vraiment bien en spectacle. Ça a été fait pour jouer en show aussi », ajoute-t-il.

Reconnu pour sa formule one-man-band, Hill occupe la scène avec guitare, percussions et voix, une approche qui lui permet de livrer des performances particulièrement intenses. Après plus de trois décennies de carrière et des milliers de spectacles, la passion demeure intacte.

« Je suis encore comme un ado au point de vue de la passion pour la musique. Je ne me tanne pas. Je tripe ces guitares encore autant, sinon plus », confie-t-il.

Cette énergie, Hill la canalise toujours dans un objectif simple : offrir le meilleur spectacle possible. « Ma vie est vraiment axée sur donner des bons shows. Je mets toutes les chances de mon bord pour donner tout le temps le meilleur show possible », affirme-t-il.

Le spectacle présenté à Terrebonne le 12 mars à 20 h permettra au public de découvrir les pièces de Hangin’ On A String dans leur environnement naturel : la scène.