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Terrebonne : deux femmes, une campagne lancée la journée des droits des femmes

Déjà en pleine action depuis plus de deux semaines sur le terrain, la libérale Tatiana Auguste et la bloquiste Nathalie Sinclair-Desgagné ont entamé officiellement leur première journée de campagne électorale le dimanche 8 mars, coïncidant avec la journée internationale des droits des femmes.

Debout et déterminée

Nathalie Sinclair-Desgagné y voit un atout. C’est pour elle « un jour particulier pour commencer une campagne ». « Ça me rend particulièrement fière, dit la bloquiste, parce que le droit des femmes s’applique très bien à Terrebonne. »

« Le droit des femmes, c’est aussi le fait de se battre jusqu’en Cour suprême pour que chaque vote compte », souligne la bloquiste qui s’était engagée dans une véritable bataille judiciaire, contestant l’élection remportée par la libérale Tatiana Auguste, par une seule voix. La Cour suprême avait invalidé les résultats, tenant compte du fait qu’un vote par la poste d’une électrice n’était jamais parvenu au bureau de scrutin.

Mme Sinclair-Desgagné a lancé un appel à mener une campagne politique à l’image des femmes : rigoureuses, travaillantes, courageuses. Le courage, rappelle-t-elle, ne signifie pas l’absence de peur, mais la capacité à continuer le combat malgré elle.

« Alors nous, on ne fera pas campagne sur la peur, on fera campagne sur un terme que j’aime beaucoup qui s’appelle la tendreté. À l’image des femmes, tendresse et fermeté », conclut-elle.

Les libéraux confiants

Contrairement à la dernière campagne, la candidate se sent en territoire conquis aux portes des résidents de Terrebonne. « Les gens me connaissent plus, on a plus d’ouverture que quand j’étais candidate la dernière fois, donc c’est vraiment bien, puis on peut avoir de très belles conversations aux portes », se réjouit-elle.

« Cette journée est un bon rappel qu’il faut toujours se battre afin de garder notre place et nos acquis en tant que femmes » pour celle qui, après neuf mois à la Chambre des communes, a perdu son siège. Malgré la contestation du Bloc québécois, Tatiana Auguste avait été confirmée députée. Elle avait prêté serment au roi Charles III et siégé au comité responsable des anciens combattants.

Après la décision de la Cour suprême d’annuler l’élection, la libérale s’était montrée très active sur le terrain, multipliant les séances de porte-à-porte. Son chef Mark Carney avait effectué une première visite dans la circonscription en compagnie de la candidate.

Enjeux

La bloquiste Nathalie Sinclair-Desgagné a établi ses priorités devant plusieurs sympathisants et militants, lors du lancement de la campagne et l’inauguration de son local électoral. Elle soulève l’enjeu de la contamination de la rivière Mascouche par des polluants provenant de la base militaire de Bagotville, dont les effets se font sentir jusqu’à Terrebonne. Elle mentionne également la question de la récupération de territoires à vocation environnementale, comme le chantier Saint-Maurice, qui demeure sous contrôle de l’armée. La candidate s’engage à se battre contre les expropriations « sauvages du TGV qui va traverser Terrebonne et qui risque de [défiguer] notre magnifique ville ».

Quant à la libérale, Tatiana Auguste, sa priorité c’est d’être à l’écoute de ses concitoyens, leur parler de ce qui les préoccupe et aussi leur rendre compte du travail accompli et de celui qu’il reste à faire. Toutefois, plusieurs enjeux de la campagne précédente demeurent d’actualité, souligne-t-elle, notamment le coût de la vie et les relations commerciales avec les partenaires du Canada.

Cette campagne est, pour madame Auguste, l’occasion de faire valoir l’importance de Terrebonne à la table des décisions « parce qu’après une quarantaine d’années à […] être dans notre position, on peut vraiment faire avancer de sérieux projets ici avec les investissements du gouvernement », soutient-elle.

Consultez toutes les nouvelles relatives à l’élection fédérale dans Terrebonne.

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Des avancées… mais des écarts qui persistent



Dans Lanaudière, les femmes sont 266 520 — légèrement plus nombreuses que les hommes (262 080). Pourtant, derrière cette quasi-parité démographique, les écarts persistent : revenus inférieurs, sous-représentation dans les postes de pouvoir, exposition marquée à la violence conjugale.

Voici dix données marquantes tirées du Portrait statistique de l’égalité entre les femmes et les hommes à l’échelle régionale (2024).

  1. Une majorité… mais surtout chez les aînées

Si les femmes sont légèrement plus nombreuses dans la région, l’écart s’explique surtout chez les 65 ans et plus. En 2021, on comptait 55 780 femmes dans ce groupe d’âge, contre 49 700 hommes. À l’inverse, chez les plus jeunes, la population demeure davantage masculine.

  1. Les femmes plus diplômées que les hommes

En 2022, 30,2 % des femmes détenaient un certificat, un diplôme ou un grade universitaire, contre 18,8 % des hommes. Entre 2018 et 2022, la diplomation féminine a progressé de plus de six points, comparativement à un point chez les hommes.

  1. Un écart salarial annuel de 11 540 $

Malgré cette avance en scolarité, le revenu médian après impôts des femmes atteignait 37 440 $ en 2021, contre 48 980 $ chez les hommes. Un écart de 11 540 $ par année.
Par ailleurs, 12,6 % des femmes vivent en situation de précarité financière, comparativement à 9,8 % des hommes.

  1. Près de 4 $ de moins de l’heure

En 2022, le salaire horaire moyen des femmes s’élevait à 28,13 $, contre 32,09 $ chez les hommes. L’écart demeure d’environ 4 $ de l’heure.

  1. Un taux d’activité inférieur

Le taux d’activité des femmes atteignait 64,6 % en 2022, contre 70,9 % chez les hommes — un écart de 6,3 points. Malgré des progrès, les femmes demeurent moins présentes sur le marché du travail.

  1. Trois fois plus de victimes de violence conjugale

Les données policières de 2021 sont éloquentes : 525,9 femmes sur 100 000 ont été victimes d’infractions contre la personne dans un contexte conjugal, contre 165,4 hommes. Les femmes sont plus de trois fois plus nombreuses à en être victimes.

  1. 85,9 % des victimes d’infractions sexuelles sont des femmes

À Lanaudière, 280,8 femmes sur 100 000 ont été victimes d’infractions sexuelles en 2021, contre 35,8 hommes. Les femmes représentent ainsi l’écrasante majorité des victimes.

  1. Les femmes à la tête des familles monoparentales

Dans 73,7 % des familles monoparentales de la région, le parent responsable est une femme. L’écart demeure important, bien qu’il ait légèrement diminué entre 2016 et 2021.

  1. Sous-représentation en gestion

En 2022, les femmes occupaient 32,2 % des postes de gestion dans Lanaudière, une proportion inférieure à la moyenne québécoise (34,6 %).

  1. Une progression en politique municipale

En 2021, 19,3 % des maires de la région étaient des femmes.
Dans les conseils municipaux, elles occupaient 42,9 % des sièges — une progression de huit points depuis 2016.

Les Lanaudiennes progressent sur plusieurs fronts : éducation, représentation politique, participation au marché du travail. Mais les chiffres montrent aussi des inégalités structurelles toujours bien présentes.

Derrière les données, une réalité s’impose : l’égalité progresse, mais elle n’est pas encore pleinement atteinte.