Photo Courtoisie - Après près de quatre décennies, le Festival des arts de Mascouche mettra fin à son Rendez-vous annuel.
Après près de quatre décennies d’activité, l’événement réunira 63 artistes professionnels et émergents pour ce dernier Rendez-vous consacré aux arts visuels.
Les visiteurs pourront voir des expositions, assister à des créations en direct et participer à différentes activités familiales. L’artiste invitée Tanya Aubut présentera une exposition solo d’une vingtaine d’œuvres, tandis que des classes de maîtres porteront sur la photographie, l’intelligence artificielle et les exercices de création. L’admission coûtera 5 $ et sera gratuite pour les moins de 16 ans.
Photo Reine Côté - Les membres organisateurs du Festival des arts de Mascouche ont souligné gaiement le départ à la retraite de la directrice de l'organisme, Chantal Peterson.
Pour l’occasion, 63 artistes sélectionnés parmi plus de 160 candidatures exposeront leurs œuvres du 5 au 7 septembre au parc du Grand-Coteau.
Les membres du conseil d’administration du FAM ont présenté la programmation lors d’une rencontre tenue au restaurant Au Poulet Nouveau.
Ces derniers assurent vivre ce dernier rendez-vous public avec sérénité. « On a vécu quelque chose d’extraordinaire au fil des années. On a une équipe de bénévoles incroyables, une super directrice qui nous a aidées (Chantal Peterson); c’est fou le travail et le cœur qu’elle a pu mettre. C’est un événement que l’on peut inscrire dans le parcours de chacun des artistes qui y sont passés et qui va rester dans les mémoires de Mascouche longtemps », a indiqué Marie-Josée Quinn, la présidente du FAM.
Celle-ci s’est permis de rappeler la qualité des rendez-vous annuels ayant participé à la renommée du FAM. « C’est un symposium qui avait de la classe, avec des artistes d’une richesse incroyable et un background digne des plus grands festivals ou expositions de galeries d’art. Et c’est important de le dire; c’est avec le cœur que tout cela s’est construit », a souligné Mme Quinn, avant de dévoiler le programme du festival de septembre.
Une sélection de talents
Il faut s’attendre à y découvrir la crème des artistes puisque la soixantaine d’exposants ont été préalablement choisis parmi plus de 160 peintres ayant envoyé leur candidature au jury, chargé d’en retenir moins du tiers. Pas moins de 63 artistes afficheront donc leurs créations à l’un des stands, où certains s’exécuteront même en direct, sous les yeux observateurs des passants.
La rencontre de presse a donné un aperçu de leur talent puisque certains artistes s’y sont pointés avec l’une de leurs œuvres, fort jolies et inspirantes, il faut bien l’avouer. Même le rat finement reproduit sur toile par Suzanne Gagnon, qui profite de sa retraite du milieu éducatif pour se consacrer à l’art pictural et avec un talent évident.
Le dévoilement de la programmation a été par ailleurs l’occasion d’en savoir un peu plus sur l’artiste qui y sera reçue comme invitée spéciale et présidente d’honneur de l’événement artistique de septembre.
Il s’agit de Tanya Aubut, une artiste saguenéenne reconnue pour son travail inspiré du StreetArt.
Photo : Reine Côté – Tanya Aubut a été choisie comme présidente d’honneur pour clore le dernier Festival des arts de Mascouche.
Présidente d’honneur : Tanya Aubut
Venue tout spécialement de Chicoutimi, Tanya s’est présentée en toute simplicité, elle qui a entamé sa carrière en autodidacte, sans études en arts, et qui s’y consacre et en vit depuis cinq ans.
Or la vie étant faite de hasards, Tanya s’est démarquée en participant à une télé-réalité tenue par une école d’art des États-Unis, ce qui lui a ouvert les portes de galeries d’art au Québec. Depuis, elle mène une carrière dans laquelle elle s’illustre par sa créativité ciblant l’art de rue que l’on appelle le StreetArt ou encore le PopArt.
« J’ai développé un style d’art reconnu aujourd’hui et qui me remplit de joie. Et être là pour la dernière édition, ça vaut tout l’or du monde pour moi, car je fais rarement des symposiums. C’est très, très, précieux à mon cœur. Et je prépare de belles choses pour l’événement », a laissé savoir l’artiste Aubut.
Cet art urbain qu’elle exprime en techniques mixtes l’interpelle. Mais plus encore, « le vrai, l’authenticité dans le StreetArt, c’est quelque chose que l’on admire pas assez », a-t-elle souligné.
D’ailleurs, ses œuvres sont autant de messages personnels qu’elle souhaitait communiquer, à commencer par l’importance de la confiance en soi, avec une pièce maîtresse où l’on reconnaît le terme UNIQUE. « Mes œuvres sont un peu des autoportraits, mais je sais qu’ils peuvent s’adresser à d’autres personnes et c’est vraiment là le cœur de mon travail. »
L’événement se déroulera donc sous un grand chapiteau, tandis que Tanya Aubut aura son coin à elle seule, à l’écart, dans le petit pavillon.
Au terme du festival, des prix totalisant 5000$ seront décernés à des artistes participants.
Les organisateurs ont prévu plusieurs activités pour le grand public et les artistes participants, dont un combat pictural et des classes de maîtres matinales.
Photo courtoisie Chantal Petersen - L'organisation accueillera en septembre pas moins de 60 artistes peintres dont plusieurs s'installeront sous le grand chapiteau extérieur.
Les coûts liés à l’organisation d’un événement d’une telle envergure, le recrutement de plus en plus difficile de bénévoles et le financement insuffisant auront eu raison de l’équipe derrière ce festival. Il faut dire que la permanence se résume à un seul nom, Chantal Petersen.
La directrice générale de l’organisme, Chantal Petersen, a pris cette décision à regret, elle qui s’y est fortement investie depuis si longtemps. Elle y était la seule à occuper un poste permanent, mais elle a décidé de prendre sa retraite.
Ce type d’événement relève souvent d’une équipe y œuvrant bénévolement. Or, organiser un festival sur trois jours requiert beaucoup de travail et il est de plus en plus difficile de la garder, comme l’observe Mme Petersen.
« On voit les organismes tomber les uns après les autres. Nous, on a réussi à survivre tant d’années parce que l’on pouvait compter sur une permanence, sur quelqu’un payé et qui était là, explique Chantal Petersen. Mais je ne suis pas payée à gros salaire et je travaille beaucoup parce que c’est comme mon bébé, cet événement-là. »
Et puis assurer une relève qui travaillera exactement dans les mêmes conditions qu’elle-même n’est pas simple, constate-t-elle à regret.
Forte concurrence culturelle
Surtout qu’il y a une forte concurrence d’événements culturels dans le secteur de Mascouche, tout juste à côté de Terrebonne, ce qui divise le financement et le recrutement de bénévoles.
« On s’arrache tous les mêmes poches. Ça devient de plus en plus difficile. Donc, on a pris une décision responsable : c’est-à-dire de tenir un dernier rendez-vous pour saluer tout le monde : les artistes, nos partenaires qu’on a depuis des années et la Ville de Mascouche. »
Désirant malgré tout garder vivant le rendez-vous annuel pour artistes peintres, la directrice du Festival et les membres du conseil d’administration ont convenu de confier une partie de leurs activités à la SODAM.
L’organisme SODAM est connu à Mascouche pour avoir développé une série d’activités culturelles variées et festives, incluant le cirque social, la fête nationale et le festival de musique émergente, qui se tiendra d’ailleurs les 2 et 3 mai.
En plus d’un volet patrimonial, ce que Mme Petersen voit d’un bon œil, considérant que toutes les archives des 37 dernières années du Festival des arts pourront être conservées.
Donc, plutôt que de mettre simplement la clé dans la porte, l’équipe du festival a choisi de se tourner vers la SODAM pour s’assurer d’une suite. « Mais ce ne sera pas LA suite, mais UNE suite différente », prend soin de spécifier Mme Petersen.
En portant cette artiste au cœur de son événement annuel, l’équipe organisatrice du Festival des arts de Mascouche a voulu faire preuve d’audace en mettant en lumière le street art et le pop art, des styles souvent associés à la nouvelle génération.
L’artiste saguenéenne est réputée pour son art à la croisée du street art et du pop art. Ses œuvres sont affichées dans plusieurs galeries déjà. Son travail se démarque par son intensité gestuelle, son audace chromatique et l’usage expressif du collage, qu’elle intègre d’une main de maître grâce à un instinct qui côtoie un côté structuré.
C’est dans le petit pavillon du Parc du Grand-Coteau que l’on pourra découvrir son exposition d’une vingtaine d’œuvres avec une formule que l’on veut immersive en plongeant les visiteurs dans son univers libre et authentique.
Tanya Aubut conjugue pratique professionnelle et engagement dans la communauté artistique en coanimant notamment le balado Entre artistes et par son rôle de mentor pour l’école d’art Milan Art Institute.
Photo courtoisie – Tanya Aubut, une artiste originaire du Saguenay qui crée des œuvres inspirées des courants street art et pop art, sera la vedette de l’édition 2026 du Festival des arts de Mascouche.
Trois jours d’exposition
Autour d’elle, pas moins de 60 artistes professionnels et émergents ayant préalablement été sélectionnés par un jury feront découvrir leurs œuvres, aux styles variés. D’ailleurs, 6000 $ en prix et en bourses seront remis à l’issue de cette exposition, qui se déroulera sur deux sites.
Alors que les peintres professionnels prendront place entre les murs d’un pavillon fermé, les artistes émergents seront installés sous un immense chapiteau, ce qui permettra aux visiteurs de les découvrir à l’œuvre, en plein travail de création.
Et l’on prendra bien soin d’eux. « Nous leur offrons un service clé en main. Les artistes n’ont pas à prévoir leur petit chapiteau. Tout est fourni ; ils ont juste à s’installer. Le Festival des arts de Mascouche est le seul à offrir cette formule », souligne Tanya Aubut.
À l’occasion de ce festival qui a acquis ses lettres de noblesse au fil des ans, on propose également des classes de maîtres, une programmation d’animation pensée pour la famille.