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Le territoire moulinois vu de l’eau

Les berges défilent autrement, le bruit de l’autoroute 640 s’éloigne et l’on comprend soudainement pourquoi les moulins ont été bâtis là.

Le territoire de Terrebonne et Mascouche compte deux accès publics aménagés pour mettre une embarcation à l’eau. Situés à une quinzaine de minutes l’un de l’autre, ils ne proposent toutefois pas la même expérience. L’un fournit le kayak; l’autre exige d’apporter le sien et de savoir lire le courant.

Le premier, c’est le parc de la Rivière, sur la rivière des Mille Îles, géré par le Groupe Plein Air Terrebonne (GPAT). Du quai, on accède à un parcours en boucle de plus de 4 km. C’est l’option d’initiation : kayaks, canots et planches à pagaie sont disponibles sur place.

Le parc est accessible grâce à la Passe plein air GPAT, qui permet notamment la location d’embarcations. Le GPAT organise également des descentes de rivière au départ de Bois-des-Filion, avec retour en navette vers le parc de la Rivière, une activité réservée aux détenteurs de la passe.

Vue aérienne d’une zone humide aux couleurs automnales, avec une tour d’observation en métal rouillé et une ville en arrière-plan
Photo : courtoisie — Le parc de conservation du ruisseau de Feu, à Lachenaie, s’étend entre la rivière des Mille Îles et les secteurs résidentiels de Terrebonne.

Une rampe de 1,2 M$ au ruisseau de Feu

Depuis l’été 2025, une rampe de mise à l’eau pour embarcations légères non motorisées a été aménagée dans le secteur Prairie du parc de conservation du ruisseau de Feu, à Lachenaie.

Le projet a coûté 1 241 983 $, dont près de 754 000 $ ont été versés à parts égales par le gouvernement du Québec et la Communauté métropolitaine de Montréal dans le cadre de la Trame verte et bleue du Grand Montréal. Outre le quai sur pieux, on y trouve deux belvédères, un débarcadère et quatre tables de pique-nique.

La Ville précise qu’il faut compter 350 mètres entre le stationnement et la rampe. Un kayak se transporte, mais ça vaut la peine de le savoir avant de partir.

Le courant n’est pas une formalité

La Ville de Terrebonne accompagne l’endroit d’avertissements sérieux. À la confluence des rivières des Prairies, des Mille Îles, de L’Assomption et du fleuve Saint-Laurent, environ 10 000 m³ d’eau s’écoulent du sud-ouest vers le nord-est. Les îles et les îlets rétrécissent le lit de la rivière et accélèrent le courant.

Le vent, lui, souffle généralement de l’ouest et tend à repousser les embarcations vers le large. La municipalité recommande donc de planifier son itinéraire afin de partir avec un vent de face et de revenir avec un vent de dos. S’ajoutent les consignes habituelles : porter une veste de flottaison, consulter la météo, prévoir de l’eau et de la nourriture, et garder les embarcations à moteur à vue.

On peut aussi s’y rendre sans embarcation. Dans le secteur Marais, une passerelle de bois sur pilotis de 500 mètres, des panneaux d’interprétation et une tour d’observation permettent d’observer une soixantaine d’espèces d’oiseaux, selon la Ville.

« On est quand même en ville, mais c’est vraiment un parc nature. C’est ça qui est spécial, souligne Annie Gingras, conseillère en communications à la MRC Les Moulins. C’est vraiment une belle place qu’on ne soupçonne pas. En arrivant là-bas, on est un peu surpris. »

Pêcher, et même patiner

Pour ceux qui préfèrent admirer l’eau plutôt que d’y naviguer, le parc des Berges-Aristide-Laurier, lui aussi situé à Lachenaie, borde la rivière des Mille Îles. L’espace boisé compte des aires de pique-nique, des quais flottants et une passerelle qui permettent la pêche en rive. Les quais sont amovibles et retirés hors saison. La pêche y est permise, à condition de respecter la réglementation provinciale sur la pêche sportive.

L’hiver venu, la Ville y aménage un sentier glacé pour patiner en bordure de la rivière.

La rivière Mascouche, quant à elle, se navigue mieux en aval du village. Selon la Société du patrimoine et Domaine seigneurial de Mascouche, la faible profondeur, les affleurements rocheux et les nombreux seuils rendent la navigation peu agréable en amont du jardin Moore. C’est davantage une rivière propice au canot et au kayak qu’à la navigation de plaisance.