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Lanaudière et les Laurentides font front commun pour se faire entendre du gouvernement

Et parce qu’elles estiment être peu visibles et peu entendues, les deux régions décident de s’unir afin de « parler d’une voix forte auprès des décideurs politiques », pour s’assurer que leurs territoires obtiennent la juste part qui leur revient.

Les deux régions se retrouvent généralement en queue de peloton dans le soutien gouvernemental et bénéficient d’une couverture politique insuffisante, dénonce M. Lalande. Le sous-financement, dit-il, est visible dans différents secteurs. Plusieurs projets d’école ont notamment été stoppés en raison du manque de financement, alors que ces régions connaissent un fort taux de croissance démographique. « C’est là qu’il y a le plus de classes modulaires actuellement, parce que les taux de croissance démographique le demandent. » Le même constat s’impose pour les soins hospitaliers et le réseau routier. Les défis sont nombreux, soutient le préfet.

« Quand on regarde les différents indices qui démontrent l’engagement et les investissements publics dans différents secteurs, ce n’est pas rare que les régions de Lanaudière et Laurentides arrivent dernière et avant-dernière dans le soutien gouvernemental qui accompagne les investissements. Ça peut aller en récréotourisme, ça peut aller en investissement manufacturier, en nombre de ressources, par exemple, dans le domaine de la santé par population. On a plusieurs indices comme ça qui tendent à démontrer que nos deux régions sont moins bien financées qu’ailleurs. »

Xavier-Antoine Lalande, président du Conseil des préfets et des élus de la région des Laurentides.

Deux représentants régionaux se serrant la main devant un podium et des bannières lors d'une entente interrégionale
Photo courtoisie – Xavier-Antoine Lalande, président du Conseil des préfets et des élus de la région des Laurentides et Isabelle Perreault, présidente de la Table des préfets de Lanaudière, et préfète de la MRC de Matawinie.

Les élections provinciales pour un meilleur impact

Cette alliance interrégionale constitue, de l’avis de la présidente de la Table des préfets de Lanaudière, et préfète de la MRC de Matawinie, une avancée significative pour porter avec force les besoins et les réalités de « nos territoires auprès des décideurs nationaux ».

La période électorale est tout indiquée pour porter cette revendication commune puisque le paysage politique tend à se modifier. Il s’agit pour Isabelle Perreault, d’une opportunité de « s’assurer qu’on soit entendu ».

Historiquement, les Laurentides et Lanaudière ont toujours fait front commun pour défendre les intérêts de leur population. Ils sont d’ailleurs liés de manière géostratégique et partagent plusieurs défis. « C’est quand même une alliance assez naturelle », soutient Mme Perreault.

Dans les prochaines semaines, les deux territoires s’attèleront à recenser leurs enjeux prioritaires et à formuler des propositions concrètes à l’intention des partis politiques provinciaux, dans l’espoir d’obtenir des engagements fermes du gouvernement du Québec.

Notons que la Table des Préfets de Lanaudière et le Conseil des préfets et des élus de la région des Laurentides ont scellé cette entente en marge de l’Assemblée des MRC de la Fédération québécoise des municipalités (FQM) qui s’est tenue mercredi à Québec. La FQM a profité de l’événement pour présenter ses priorités en vue des prochaines élections.

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Économie

Lanaudière : Appel de projet de 500 000 $ pour lutter contre la pauvreté

Ce projet s’inscrit dans le cadre du déploiement de la Démarche lanaudoise et vise à soutenir financièrement des initiatives intervenant à la fois sur les causes et les conséquences de la pauvreté et de l’exclusion sociale.

Les sommes attribuées proviennent du Fonds québécois d’initiatives sociales (FQIS), dans le cadre de l’Alliance pour la solidarité de Lanaudière, en collaboration avec le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

« Cet appel de projets témoigne de l’importance que nous accordons à la solidarité dans nos collectivités », a déclaré la ministre responsable de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire, Chantal Rouleau, dans un communiqué. Elle souhaite, par cette initiative, « soutenir des projets porteurs d’entraide, d’inclusion et de soutien concret aux personnes plus vulnérables. » Elle estime que « chaque projet peut réellement changer les choses dans la vie des gens et contribuer à bâtir une communauté plus forte ».

Des priorités locales

Les projets soumis doivent être en lien avec au moins l’une des six priorités locales de la MRC Les Moulins, à savoir l’accès à une alimentation abordable, saine et diversifiée pour les personnes vulnérables, l’ouverture à la diversité et le vivre-ensemble inclusif, l’accès au logement et la gestion d’un budget équilibré, la santé physique et mentale de la population, le développement des enfants et des jeunes dans toutes les sphères de leur vie, ainsi que le sentiment de sécurité pour l’ensemble des résidents du territoire.

« Dans un contexte où les défis sociaux sont de plus en plus préoccupants, nous avons la responsabilité collective d’agir concrètement pour faire une différence dans la qualité de vie des gens, et plus particulièrement dans la MRC Les Moulins dans le cadre du présent appel de projets », a déclaré Isabelle Perreault, présidente de la Table des préfets de Lanaudière.

Elle se dit convaincue que les réponses les plus efficaces émergent des communautés elles-mêmes, précisant que c’est par la concertation et l’entraide que des actions concrètes pourront voir le jour et améliorer durablement le bien-être des gens.

Les sommes disponibles pour cet appel de projets représentent le montant résiduel de l’enveloppe totale pour la MRC Les Moulins et s’ajoutent aux sommes déjà dévoilées en octobre 2025. Un nouvel appel de projets sera bientôt annoncé pour les autres territoires de la MRC et les projets régionaux. Les projets devront être soumis au plus tard le 18 mai 2026, et leur réalisation est prévue le 1er juillet 2026, avec une clôture des activités au plus tard le 31 mars 2029.

Les organismes qui souhaitent soumettre un projet doivent consulter le site Internet de la Table des préfets afin d’accéder à l’ensemble des documents liés à l’annonce, tels que le guide d’information, le formulaire de dépôt de projet et le formulaire budgétaire.

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Actualités Politique

Loi 11 : La Table des préfets de Lanaudière exige la concertation

S’ils appuient l’objectif de simplification administrative, ils exigent d’être reconnus comme partenaires à part entière dans l’élaboration des règlements qui découleront du projet de loi 11.

Portée par le ministre délégué à l’Économie et aux Petites et moyennes entreprises Samuel Poulin, cette réforme vise à alléger le fardeau administratif et réglementaire des entreprises. Il propose notamment de remplacer chaque nouvelle réglementation par la suppression d’une ancienne « un pour un », de prolonger la durée des permis et de mandater le ministère de l’Économie à simplifier les processus.

Les préfets de Lanaudière reconnaissent que plusieurs mesures du projet de loi répondent à des préoccupations du milieu entrepreneurial. Ils rappellent toutefois que les décisions touchant la gestion forestière, l’aménagement du territoire et l’environnement ont des répercussions directes et concrètes sur leurs municipalités, leurs citoyens et sur le développement économique à long terme. « L’allègement réglementaire ne doit pas se faire au détriment de la prévisibilité, de la concertation territoriale, ni de la protection des intérêts des communautés locales », écrivent les autorités municipales dans un communiqué.

« Nous ne pouvons accepter que des changements d’une telle portée redéfinissent l’équilibre des pouvoirs sans une implication réelle et structurante des gouvernements de proximité », déclare Isabelle Perreault, présidente de la Table des préfets de Lanaudière dans un communiqué.

Pas de décisions en silo, disent les élus

Quant à la question forestière, la Table des préfets veut rester vigilante, rappelant que la révision de la tarification des bois et l’abolition de certaines structures soulèvent des questions fondamentales quant aux retombées économiques pour les territoires-ressources. Les élus réclament transparence et équité, insistant sur la nécessité d’être associés à la rédaction des nouveaux règlements.

Même exigence du côté environnemental. La Table reconnaît la volonté gouvernementale d’offrir plus de souplesse aux entreprises, elle refuse toutefois que cet assouplissement se fasse sans balise claire. « Le développement économique et la protection de la santé publique et des milieux naturels ne sont pas opposés : ils doivent progresser ensemble », lit-on dans le communiqué.

Certaines dispositions centralisatrices du projet de loi, notamment l’élargissement des pouvoirs en matière d’ententes internationales, inquiètent les préfets. Ces mesures risquent de marginaliser davantage les gouvernements de proximité dans des décisions qui touchent pourtant directement leurs territoires. « Les régions ne doivent pas seulement être consultées, martèle la Table, elles doivent être considérées comme des partenaires à part entière. »

Les élus lanaudois appuient l’objectif d’efficacité administrative, mais invitent le gouvernement à maintenir un équilibre entre allègement réglementaire, responsabilité environnementale et respect des compétences municipales. « C’est ainsi que nous pourrons véritablement propulser nos régions de manière durable et concertée », concluent-ils.