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Les devoirs de Robert Dubuc

Vingt-et-un ans plus tard, Robert Dubuc, entraîneur-chef et directeur général des Cobras de Terrebonne, ne se lasse pas de faire ses devoirs.

Interrogé une semaine après le repêchage de la Ligue de hockey junior AAA du Québec (LHJAAAQ), « Bob », comme les gens l’appellent, ne le cache pas : « on a quand même été très occupés. » En plus, il se devait de retravailler le personnel hockey et continuer à vendre son projet de remporter un titre plus tôt que tard.

Des paris audacieux

Il s’en est excusé d’avoir recours à la terminologie anglaise. Il s’agit, en d’autres mots, de tenter un coup de circuit. Durant le repêchage, l’état-major des Cobras avait un dénominateur commun dans ses choix : des joueurs de la LHJMQ. Viendront-ils tous avec les Cobras? Cela reste à voir.

Un coup qu’il espère réussir est celui d’Olivier Bacon. Le gardien a fait quelques allers-retours entre le Québec et les Maritimes l’année dernière. En remplacement de Jakub Milota, le portier a prêté main-forte à l’Armada de Blainville-Boisbriand à l’automne. Robert Dubuc croit pouvoir l’amener dans un groupe gagnant à Terrebonne. C’est un dossier qu’il souhaitait régler, après avoir vu cinq gardiens différents devant le filet la saison passée.

Les Cobras ont lancé le repêchage avec le cinquième choix au total, choisissant Alexis Desrosiers. Il a passé les dernières années au sein du programme du Phénix du Collège Esther-Blondin. Il est un natif de Lanaudière qui restera chez lui avec les Cobras.

Au deuxième tour de l’encan, Terrebonne tente son coup avec Alexis Bonin-Lallemand. Le défenseur a porté l’uniforme des Vikings de Saint-Eustache au M18 AAA et de l’Armada de Blainville-Boisbriand dans la LHJMQ. Il est un choix de troisième tour de l’Armada en 2025.

En ronde 5, les Terrebonniens ont poursuivi la tendance de sélectionner des espoirs ayant évolué dans la LHJMQ. Avec les 57e et 60e choix, les Cobras ont choisi Mattias Gilbert, du Drakkar de Baie-Comeau, et Alexis Gauthier, des Sea Dogs de Saint John.

Samuel Salomon, des Conquérants des Basses-Laurentides M17 AAA, poursuivra quant à lui son développement près de la maison. Les Cobras en ont fait la 69e sélection de la LHJAAAQ. Toujours au M17 AAA, cette fois avec les Seigneurs des Mille-Îles, ils sélectionnent le portier Maé Pouget au 106e échelon. Les Cobras ont terminé la journée au 120e rang. L’heureux élu est Vincent Croteau, ayant lui aussi passé la dernière saison dans la LHJMQ avec les Sea Dogs de Saint John.

Un groupe prêt à aller jusqu’au bout

Un dicton bien célèbre rapporte qu’on « joue pour gagner ». En plus, Dubuc estime avoir le groupe pour le faire en 2026-2027. Il mise sur l’engagement des joueurs présents l’année dernière pour rester et venir se battre pour un titre.

La liste de devoirs semble plus longue au lendemain d’une saison comme celle qu’a connue le club terrebonnien. Les séries éliminatoires n’ont été que formalités, mais elles ont permis de lancer la saison morte avec des objectifs à atteindre.

Dans tous les cas, la dynamique ne change pas. Même 21 ans plus tard, Dubuc ne se laisse pas emballer par les ambitions autour de son club.

« Le plus important, c’est d’être bien entouré. »

Il se dirige même vers un surplus de joueurs de 20 ans au prochain camp d’entraînement. C’est aussi une présence de vétérans qu’il assure pouvoir aider l’équipe.

Quant au reste, c’est de garder la tête haute.

« Les Cobras, ce n’est pas juste l’histoire de Bob Dubuc. On est un groupe de quatre à cinq gars qui met beaucoup de temps et beaucoup d’efforts à amener des joueurs », conclut-il.

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Cobras de Terrebonne : Une saison d’adversité et d’apprentissage

Selon Robert Dubuc, entraîneur-chef de l’équipe depuis 2006, les causes pour expliquer cette saison sont très nombreuses, mais les blessures viennent en tête de liste. En effet, les joueurs ayant disputé moins de 30 matchs cette année sont deux fois plus nombreux que ceux qui en ont joué 40 et plus. « On a connu beaucoup… beaucoup d’adversité! », admet Dubuc.

Les séries malgré tout

Pour une équipe comme les Cobras, une année difficile comme 2025-2026 représente l’exception plus que la règle. Mais malgré les épreuves, tout n’est pas à jeter à la poubelle, surtout que, comme le veut le dicton, « en série… tout peut arriver! ». Dubuc est particulièrement élogieux à l’endroit de sa brigade défensive. « D’accord, on n’a pas de quart-arrière mais […] j’ai identifié ça comme le meilleur groupe de défenseurs que j’ai eu, avance-t-il. J’ai gagné plus souvent que ça avec une moins bonne qualité de défenseurs. »

Des signes encourageants sont aussi venus de l’attaque. Dans cette ligue connue pour ses matchs à haut pointage, quatre joueurs ont maintenu une moyenne supérieure à un point par match : Justin Duval (54 points en 41 matchs), Matthew Doucet (53 en 44), Jeremy Villemaire (45 en 44) et Mathis Valente (38 en 26).

Avec un seul match à disputer à la saison 2025-2026, c’est l’ensemble de l’équipe qui devra redoubler d’ardeur en sautant sur la glace, car l’adversaire est de taille. Le Collège Français de Longueuil, assuré du premier rang, a dominé les Cobras toute l’année. Mais ça n’inquiète pas Dubuc : « J’aime mieux finir la saison contre la meilleure équipe que contre la B. Tu veux arriver en série avec un momentum. »

La pire saison du règne Dubuc

Alors que Dubuc soufflait 20 bougies en tant qu’entraîneur-chef des Cobras, un fait extrêmement rare dans le sport de compétition, tous niveaux confondus, force est d’admettre que son vœu n’a sûrement pas été exaucé. « J’ai eu à travailler très fort cette année », admet-il. Il explique que les saisons victorieuses, que les Cobras nous ont habitués à connaître, demandent moins de travail au niveau vidéo. Coach Dubuc le confesse dans un soupir : du vidéo… il en a fait beaucoup en 2025-2026!

Et pas seulement pour quelques micro-ajustements, surtout parce qu’il a été particulièrement difficile d’avoir du temps de qualité en pratique cette année. Dubuc observe un changement dans la culture du hockey junior. « J’ai toujours organisé mon horaire personnel autour de mes engagements hockey », dit-il avant de souligner les nombreux conflits d’horaires qui ont grandement affecté l’implication de plusieurs joueurs dans « le processus » cette saison.

Il ne parle pas de manque de talent. Il parle d’engagement. D’une réalité générationnelle avec laquelle plusieurs entraîneurs doivent composer.

« Il n’y avait aucun contrôle. Des joueurs qui arrivaient, qui quittaient, soit à cause de blessures ou de choses du genre. »

                                                                       ­­– Robert Dubuc

En vingt ans, Dubuc a connu les victoires, les séries marquantes, les championnats et a vu passer des générations de joueurs. Bien que cette saison ait surtout été marquée par l’adversité, l’instabilité et les blessures, on ne sent aucune lassitude chez le vétéran-coach. Il le confirme sans hésitation : « La passion est toujours bien là ».

On le sent lorsqu’il parle des heures passées en vidéo, des discussions avec les joueurs, du processus plus important que les résultats. Cette saison n’a pas livré les chiffres espérés. Elle a livré autre chose : de l’expérience. Dubuc ne parle pas d’échec. Il parle d’apprentissage.

Même dans un creux historique, il voit encore une occasion de bâtir.