Categories
Culture

Martha Wainwright au Vieux Théâtre de Terrebonne

Contrairement à son frère, dont la carrière s’est déployée aux quatre coins de la planète, elle est restée solidement ancrée à Montréal, nourrissant un lien direct avec le public québécois.

Au fil des années, elle s’est aussi distinguée par sa capacité à habiter d’autres répertoires, notamment avec ses relectures d’Édith Piaf, où elle s’approprie cette œuvre magistrale dans une interprétation brute, fragile et paradoxalement forte, profondément personnelle. À cela s’ajoute une tradition familiale bien vivante, alors qu’elle retrouve régulièrement Rufus sur scène pour des spectacles de Noël qui prolongent, à leur manière, l’héritage des McGarrigle. Chez les Wainwright, la scène n’est jamais bien loin de la maison.

Un premier album qui déchire

Vingt ans plus tard, Martha Wainwright revient à ce disque fondateur avec un regard lucide. Dans le texte qui accompagne le spectacle, elle replonge dans cette période déterminante où se succédaient les spectacles dans les bars, les cassettes vendues après les shows, de longues années à chercher sa voix sans savoir si elle serait entendue.

Dix ans à écrire, à tourner, à tomber et se relever, à apprendre le métier sur scène. Ce premier disque, dit-elle, raconte cette traversée-là — une vie en train de se faire, sans garantie de lendemain.

Ceux qui découvriront l’album le 26 avril ressentiront toute cette fougue, caractéristique aux premières prises de parole artistiques, le tout dans une honnêteté crue et décomplexée. On peut penser à Jagged Little Pill, d’Alanis Morissette, sorti dix ans avant celui de Martha Wainwright, comme une influence crédible. On y retrouve cette même façon de transformer une blessure intime en déclaration frontale. Mais là où Morissette explose, dans You Oughta Know par exemple, Wainwright nous prend par la main, s’installe sous un projecteur tamisé et prend le temps de nommer la blessure — une charge qui passe notamment par Bloody Mother Fucking Asshole, pièce centrale de l’album.

Donc, vingt ans plus tard, avec plusieurs albums derrière elle, des enfants, et une carrière toujours bien vivante, elle revient à ces chansons qui l’ont faite.

Sur scène, elle rejoue l’album dans son intégralité, sans nostalgie forcée, mais avec la conscience du chemin parcouru. Parce qu’au fond, comme elle le résume elle-même, il n’y a pas de Martha à 48 ans sans celle de 28.

Categories
Culture

Seul au cinéma : l’album né d’une journée pluvieuse

L’idée remonte à 2023. L’auteur-compositeur était alors de passage dans la région pour un spectacle. Comme souvent en tournée, les heures précédant la représentation laissent beaucoup de temps à meubler. « On arrive tôt, on fait le test de son… puis on attend longtemps que le spectacle commence », raconte-t-il.

Ce jour-là, on lui propose d’aller passer l’après-midi dans un cinéma voisin. « Je me suis promené de salle en salle. Il pleuvait, il n’y avait presque personne. Je me sentais vraiment seul. Cette expérience-là est restée avec moi », explique Bazini. Cette impression de solitude deviendra le point de départ du projet.

L’artiste imagine alors un album construit un peu comme un film. Certaines chansons sont très courtes, presque comme des fragments d’histoire, tandis que d’autres prennent leur temps pour installer l’ambiance. Même les bruits captés dans le cinéma – ses pas dans les corridors ou les sons ambiants – se retrouveront dans l’univers sonore du disque.

Sortir de sa zone de confort

Mais le véritable défi de ce projet était ailleurs : écrire en français pour la première fois.

Après plusieurs albums en anglais, Bazini admet que le passage vers sa langue maternelle représente un saut dans l’inconnu. « Ça a été sortir de ma zone de confort », résume-t-il.

Pendant longtemps, l’écriture est restée bloquée. Puis une chanson a tout débloqué : Février et le mauve, qui ouvre l’album et en annonce les thèmes, notamment la quête identitaire et la solitude de la scène. « Des fois, il suffit d’une chanson qui devient un peu l’ancre du projet. Après ça, tout débloque », explique-t-il.

Un retour vers soi

Ce virage vers le français s’est accompagné d’une réflexion plus personnelle. Pendant la création de l’album, Bazini a décidé de retourner terminer ses études secondaires.

Un moment anodin – recevoir sa carte étudiante – a provoqué un déclic. Celui qui a tourné une vidéo inspirante dans le cadre des Journées de la persévérance scolaire raconte : « Quand j’ai vu mon nom, Bobby Bazinet, sur la carte, ça m’a frappé. Je me suis rendu compte que j’avais presque deux identités : mon nom d’artiste et mon vrai nom. »

Pour lui, ce disque n’est pas un projet parallèle. « Pour moi, ce n’est pas un album à côté. Je le vois vraiment comme mon sixième album », affirme-t-il.

Et surtout, cette plongée dans le français lui a permis de redécouvrir sa propre langue. « C’est une langue magnifique et très riche. Jusqu’à la fin du projet, je changeais encore des mots pour trouver les plus beaux. »

Bobby Bazini présentera ce spectacle le 28 mars au Théâtre du Vieux-Terrebonne.

Une façon, peut-être, de boucler la boucle : partir d’un cinéma presque vide… pour retrouver une salle pleine.

Categories
Sports

Fin de parcours pour les Cobras

Une élimination au premier tour qui laisse un goût amer dans le vestiaire, au terme d’une série intense où les détails ont souvent fait la différence.

Le match s’est joué sur un rythme élevé dès les premières minutes. Valleyfield a ouvert la marque en désavantage numérique, mais Justin Duval a répliqué moins de trente secondes plus tard pour ramener les deux équipes à égalité. Les Braves ont toutefois repris les devants avant la fin de la période initiale.

La deuxième période s’est transformée en véritable échange offensif. Nathan Plouffe a marqué deux fois pour maintenir les Cobras dans le match, tandis que Duval complétait lui aussi un doublé. Mathis Valente a participé aux quatre buts des siens avec autant de mentions d’aide.

Au final, les Cobras ont même légèrement dominé au chapitre des tirs au but, avec 39 lancers contre 38 pour Valleyfield. Malgré tout, Dubuc a rappelé que son équipe a dû composer avec plusieurs imprévus, notamment des blessures à la ligne bleue survenues tôt dans la rencontre.

« On a perdu un défenseur au début du match. Ça nous a fait mal, mais les gars qu’on a envoyés ont fait le travail », a-t-il expliqué, rappelant que l’infirmerie a été surpeuplée tout au long de la saison.

Dans les circonstances, explique l’entraîneur, le gardien doit être exceptionnel. « En séries, ça te prend une performance au-dessus de la moyenne de ton gardien. C’est ça la réalité ».

Dubuc n’a d’ailleurs pas caché sa déception à propos d’un moment survenu en troisième période, lorsque son gardien lui aurait demandé d’être retiré du match. Le coach semblait toujours sous le choc face à cette demande en entrevue d’après-match : « C’est les séries, tu ne demandes pas à être retirer ! »

Malgré tout, l’entraîneur estime que ses joueurs ont tout donné dans cette série serrée face à Valleyfield.

« Tout le monde est déçu. On visait grand. Mais à un moment donné, on avait tiré l’élastique pas mal au coton. Il n’y avait plus d’jus dans l’citron », a-t-il résumé.

L’organisation des Cobras a profité de la fin de saison pour remercier ses partisans, ses bénévoles et ses partenaires pour leur soutien constant à la Cité du Sport tout au long de la campagne 2025-2026. Un bilan complet de la saison devrait être dressé dans les prochaines semaines.

Categories
Culture

Steve Hill de passage à Terrebonne

Sorti le 1er novembre 2024, Hangin’ On A String s’inscrit dans la continuité du parcours musical de Hill, quelque part entre le blues et le rock. « Dans la vie, je pense que je fais du blues-rock. Des fois ça penche plus du côté du blues, des fois plus du côté du rock. Pour moi, cet album-là penche plus du côté du rock », explique le musicien.

Avec le temps, Hill dit avoir cessé de vouloir définir précisément son style. « Où c’est que l’un commence et l’autre finit, j’ai arrêté de me poser des questions avec ça. J’y vais avec l’inspiration », résume-t-il.

L’album a été enregistré au célèbre Studio 606 de Dave Grohl, à Los Angeles, dans des conditions qui laissent toute la place à la performance. « On a fait ça live en studio en cinq jours. C’est bien cru. Il y a beaucoup d’énergie sur l’album », raconte Hill.

Cette approche se transpose naturellement sur scène, où les pièces trouvent toute leur ampleur. « Ces chansons-là fonctionnent vraiment bien en spectacle. Ça a été fait pour jouer en show aussi », ajoute-t-il.

Reconnu pour sa formule one-man-band, Hill occupe la scène avec guitare, percussions et voix, une approche qui lui permet de livrer des performances particulièrement intenses. Après plus de trois décennies de carrière et des milliers de spectacles, la passion demeure intacte.

« Je suis encore comme un ado au point de vue de la passion pour la musique. Je ne me tanne pas. Je tripe ces guitares encore autant, sinon plus », confie-t-il.

Cette énergie, Hill la canalise toujours dans un objectif simple : offrir le meilleur spectacle possible. « Ma vie est vraiment axée sur donner des bons shows. Je mets toutes les chances de mon bord pour donner tout le temps le meilleur show possible », affirme-t-il.

Le spectacle présenté à Terrebonne le 12 mars à 20 h permettra au public de découvrir les pièces de Hangin’ On A String dans leur environnement naturel : la scène.

Categories
Actualités

La Voix : une nouvelle présence médiatique dans Les Moulins

Après avoir lancé de nouvelles éditions imprimées dans les MRC des Pays-d’en-Haut et des Laurentides au début de 2026, l’entreprise familiale, aujourd’hui pilotée par la troisième génération de la famille Langlois, étend sa portée à sept MRC, plus de 40 municipalités et rejoint désormais un bassin de près de 750 000 citoyens. Une croissance à la fois ambitieuse et structurée, qui consolide la vision éditoriale développée au fil des dernières années.

Terrebonne et Mascouche se transforment rapidement

Croissance démographique soutenue, pression accrue sur les infrastructures, défis en mobilité, développement immobilier accéléré, évolution du tissu commercial, impacts environnementaux et sociaux. Autant d’enjeux soulevés dans un contexte dynamique, la MRC les Moulins ne peut que bénéficier d’une couverture médiatique accrue, stable et continue.

La Voix, c’est une douzaine de professionnels de l’information : journalistes de terrain, rédacteurs et producteurs vidéo, réunis autour d’une même mission — offrir à la population les Moulins une information pertinente, rigoureuse et impartiale.

Vous les verrez dans les concerts, dans les conseils de ville, dans les levées de fonds et les parties de hockey. En temps de célébrations comme en temps de tragédies.

Dans un environnement médiatique en transformation, marqué par la multiplication des sources d’information et la circulation rapide de contenus parfois difficiles à vérifier, La Voix veut incarner stabilité, proximité et rigueur.

Des mises en ligne rapides et soutenues. Des cahiers thématiques et des dossiers de fond consacrés à des enjeux structurants : itinérance, développement économique, logement, condition féminine, persévérance scolaire, vitalité communautaire, le tout distribué deux fois par mois selon un modèle hybride : dans votre courrier via Postes Canada ou en point de dépôt, sur notre application mobile gratuite et sur notre site Internet.

L’ambition n’est pas de remplacer des voix existantes, mais d’ajouter une présence constante, structurée et enracinée dans le territoire.

Le journal La Voix s’inscrit ainsi dans une volonté plus large : offrir une information locale stable, indépendante et durable, dans un contexte où la pérennité des médias régionaux demeure un défi.

Categories
Actualités

Au-delà du journal : un levier de mobilisation locale

Nos éditions papier sont distribuées de façon hybride, soit par Postes Canada afin d’assurer une portée directe auprès des ménages, ainsi que dans plus de 60 points de dépôts ciblés. À cela s’ajoutent un site web local indépendant, une application mobile dédiée au territoire des Moulins, des infolettres ciblées et une présence active sur les réseaux sociaux.

Le modèle repose sur une stratégie 360 : un même message peut être décliné simultanément en publicité imprimée, en contenu numérique, en notifications mobiles et en vidéo.

Pour ce faire, l’entreprise s’appuie sur District Web, son agence interne spécialisée en création de contenu, gestion de réseaux sociaux, développement web et campagnes sponsorisées. Cette structure permet d’accompagner les partenaires dans la conception et la diffusion de campagnes multiplateformes cohérentes.

Rabaischocs, un levier distinctif

rabaischocs, une plateforme transactionnelle d’achat local, représente une autre pièce maitresse du modèle d’affaires, permettant aux commerçants de financer leur visibilité publicitaire en échange de certificats-cadeaux plutôt qu’en déboursés directs. Cela crée du trafic réel en succursale, de nouveaux clients, un retour mesurable et un impact direct sur la consommation locale.

rabaischocs permet ainsi aux entreprises d’accéder à des campagnes structurées, sans avoir à toucher à leur trésorerie immédiate.

Il s’agit d’un système circulaire : les médias mobilisent la communauté, les commerçants gagnent en visibilité, les citoyens consomment localement.

La Voix propose ainsi un écosystème média complet, structuré autour de la diffusion locale, de la performance numérique et de la mobilisation commerciale.

Categories
Sports

Cobras de Terrebonne : Une saison d’adversité et d’apprentissage

Selon Robert Dubuc, entraîneur-chef de l’équipe depuis 2006, les causes pour expliquer cette saison sont très nombreuses, mais les blessures viennent en tête de liste. En effet, les joueurs ayant disputé moins de 30 matchs cette année sont deux fois plus nombreux que ceux qui en ont joué 40 et plus. « On a connu beaucoup… beaucoup d’adversité! », admet Dubuc.

Les séries malgré tout

Pour une équipe comme les Cobras, une année difficile comme 2025-2026 représente l’exception plus que la règle. Mais malgré les épreuves, tout n’est pas à jeter à la poubelle, surtout que, comme le veut le dicton, « en série… tout peut arriver! ». Dubuc est particulièrement élogieux à l’endroit de sa brigade défensive. « D’accord, on n’a pas de quart-arrière mais […] j’ai identifié ça comme le meilleur groupe de défenseurs que j’ai eu, avance-t-il. J’ai gagné plus souvent que ça avec une moins bonne qualité de défenseurs. »

Des signes encourageants sont aussi venus de l’attaque. Dans cette ligue connue pour ses matchs à haut pointage, quatre joueurs ont maintenu une moyenne supérieure à un point par match : Justin Duval (54 points en 41 matchs), Matthew Doucet (53 en 44), Jeremy Villemaire (45 en 44) et Mathis Valente (38 en 26).

Avec un seul match à disputer à la saison 2025-2026, c’est l’ensemble de l’équipe qui devra redoubler d’ardeur en sautant sur la glace, car l’adversaire est de taille. Le Collège Français de Longueuil, assuré du premier rang, a dominé les Cobras toute l’année. Mais ça n’inquiète pas Dubuc : « J’aime mieux finir la saison contre la meilleure équipe que contre la B. Tu veux arriver en série avec un momentum. »

La pire saison du règne Dubuc

Alors que Dubuc soufflait 20 bougies en tant qu’entraîneur-chef des Cobras, un fait extrêmement rare dans le sport de compétition, tous niveaux confondus, force est d’admettre que son vœu n’a sûrement pas été exaucé. « J’ai eu à travailler très fort cette année », admet-il. Il explique que les saisons victorieuses, que les Cobras nous ont habitués à connaître, demandent moins de travail au niveau vidéo. Coach Dubuc le confesse dans un soupir : du vidéo… il en a fait beaucoup en 2025-2026!

Et pas seulement pour quelques micro-ajustements, surtout parce qu’il a été particulièrement difficile d’avoir du temps de qualité en pratique cette année. Dubuc observe un changement dans la culture du hockey junior. « J’ai toujours organisé mon horaire personnel autour de mes engagements hockey », dit-il avant de souligner les nombreux conflits d’horaires qui ont grandement affecté l’implication de plusieurs joueurs dans « le processus » cette saison.

Il ne parle pas de manque de talent. Il parle d’engagement. D’une réalité générationnelle avec laquelle plusieurs entraîneurs doivent composer.

« Il n’y avait aucun contrôle. Des joueurs qui arrivaient, qui quittaient, soit à cause de blessures ou de choses du genre. »

                                                                       ­­– Robert Dubuc

En vingt ans, Dubuc a connu les victoires, les séries marquantes, les championnats et a vu passer des générations de joueurs. Bien que cette saison ait surtout été marquée par l’adversité, l’instabilité et les blessures, on ne sent aucune lassitude chez le vétéran-coach. Il le confirme sans hésitation : « La passion est toujours bien là ».

On le sent lorsqu’il parle des heures passées en vidéo, des discussions avec les joueurs, du processus plus important que les résultats. Cette saison n’a pas livré les chiffres espérés. Elle a livré autre chose : de l’expérience. Dubuc ne parle pas d’échec. Il parle d’apprentissage.

Même dans un creux historique, il voit encore une occasion de bâtir.