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La bibliothèque Bernard-Patenaude dévoile sa saison  2026

Fidèle à sa mission culturelle, l’institution accorde une place importante aux créateurs mascouchois. Les visiteurs pourront découvrir, tout au long de l’année, des univers variés allant de la peinture à la sculpture, en passant par la photographie et les techniques mixtes.

Du 2 février au 26 mars, trois artistes ouvriront la saison. Karine Chartrand, alias KI artiste peintre, présentera Voir autrement. Son travail invite à porter un regard renouvelé sur le monde animal, à travers des formes fluides et des contrastes marqués. Serge Renaud exposera pour la première fois ses sculptures en bois. Neuf canards colorés et deux bas-reliefs seront visibles dans la vitrine de la bibliothèque. De son côté, Diane Ouellet fait dialoguer matière et imaginaire, transformant chaque œuvre en rencontre entre le tangible et l’évanescent.

Du 30 mars au 28 mai, Sylvie Courchesne présentera Femme, Inspiration et Art. « La femme » y devient un thème central, décliné à travers rythmes, formes et coloris personnalisés. Du 1er juin au 30 juillet, Marc-André Dorval offrira Fantaisie, un univers en acrylique où se côtoient abstraction et figuration. 

L’exposition L’art, un chemin de transformation, de Chantal Pelletier, sera à l’affiche du 3 août au 30 septembre. L’artiste y met de l’avant une approche écologique et l’utilisation de matériaux recyclés. Enfin, du 5 octobre au 3 décembre, Pedro Riuz conclura l’année avec Récits photographiques, un assemblage d’images prises à l’époque où il était photoreporter au quotidien Le Devoir.

Que vous soyez un artiste de la relève, un professionnel en devenir ou un artiste établi, vous pouvez proposer une exposition en solo, en duo ou en collectif. Vous avez jusqu’au 15 septembre pour déposer votre dossier de candidature.

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Actualités

Sous-traitance et transport en commun : un pari risqué, selon l’IRIS

L’étude présente exo comme le seul organisme public de transport en commun qui sous-traite l’entièreté de ses services et comme celui qui affiche le pire bilan en matière de qualité du service. Selon l’IRIS, cette stratégie risquerait même de réduire la fiabilité des réseaux.

L’étude révèle qu’entre 2022 et 2024, le réseau d’exo a affiché un taux de bris de service moyen deux fois plus élevé que celui des sociétés de transport en commun du Grand Montréal. Le taux moyen de plaintes par 100 000 déplacements d’exo a été plus de quatre fois supérieur à celui des sociétés de transport du Grand Montréal dans la dernière année. L’étude souligne également que la Société de transport de Lévis, qui sous-traite en partie ses services, affiche, elle aussi, l’un des taux de plaintes les plus élevés parmi les dix principales sociétés de transport du Québec.

« On a comparé la performance des sociétés de transport du Québec sur le plan de la qualité du service et on a découvert que la société de transport qui sous-traite entièrement ses services de transport, la seule à le faire, exo, est aussi la société qui affiche le pire bilan en matière de qualité du service », indique Colin Pratte, chercheur à l’IRIS et responsable de l’étude.

Crise de fiabilité

Le chercheur met en cause les conditions de travail moins avantageuses qu’offre exo par rapport aux sociétés publiques, comme la STM ou la STL, ce qui aurait engendré une pénurie de personnel à la base des bris de service. « Les coupures annoncées chez exo sont préoccupantes dans un contexte où il s’agissait déjà d’un réseau qui battait de l’aile », a déclaré M. Pratte, estimant que ces coupures n’aident en rien la fiabilité et la qualité du service d’exo. Se fier davantage au privé pour réduire les dépenses ne ferait que diminuer la satisfaction des usagers ainsi que la qualité des services, mentionne-t-il.

La qualité du transport en commun est déterminante, particulièrement dans les couronnes nord et sud du Grand Montréal, indique M. Pratte. « La qualité du transport en commun est particulièrement critique […] dans les banlieues parce que la concurrence de la voiture est importante. Mais c’est actuellement à l’inverse qu’on assiste, c’est-à-dire que ce sont les banlieues qui sont les moins bien desservies en transport en commun, ce qui renforce la dépendance à la voiture des ménages qui habitent les couronnes », précise Colin Pratte.

Pour un transport de qualité

En octobre 2024, la firme Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT) a réalisé, à la demande du ministère des Transports du Québec (MTQ), un audit de performance des principales sociétés de transport en commun du Québec. Près de la moitié des économies identifiées dans cet audit découlent du recours intensif à la sous-traitance.

M. Pratte souligne que la mise en œuvre de cette recommandation pourrait entraîner une détérioration des services offerts par les réseaux de transport en commun et forcerait les usagers à se motoriser davantage. Or, l’enjeu est précisément de convaincre le plus grand nombre de ménages et d’automobilistes de délaisser la voiture au profit du transport collectif, souligne Colin Pratte. La condition « incontournable » demeure un service de qualité, plaide le chercheur.

Il recommande l’augmentation du financement public du transport collectif, notamment par l’impôt. Une approche qui, selon lui, serait bénéfique non seulement sur le plan écologique, mais aussi pour les ménages. Il rappelle qu’en moyenne, les ménages consacrent 15 % de leur budget à la voiture, et qu’une offre de transport en commun de qualité constituerait une réponse à la crise du coût de la vie.

Exo se défend

La société de transport desservant les couronnes nord et sud affirme, dans un communiqué, que son modèle d’affaires demeure adapté aux réalités des territoires qu’elle dessert. Elle rappelle qu’elle couvre un territoire trois fois plus vaste que ceux de Laval, Longueuil et Montréal, regroupant 84 municipalités, ce qui rendrait toute comparaison directe avec les autres sociétés de transport difficile, soutient-elle.

Concernant la pénurie de main-d’œuvre de 2022-2023, le transporteur exo fait valoir que les mesures déployées ont permis d’améliorer significativement la fiabilité de ses services. La société indique que son taux de livraison de service serait passé de 97 % à 99,6 %, que les annulations auraient diminué de moitié et que le manque d’effectifs ne représenterait plus que 2,1 % des perturbations, contre 37 % en 2022.

« Ces données confirment la capacité d’exo, à travers son modèle d’affaires, à répondre efficacement aux enjeux qui affectent ses opérations et à garantir des services fiables à ses usagers », lit-on dans le communiqué.

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Culture

Verdict 2, parce que les procès attirent les foules

Ce spectacle théâtral abordant divers débats de société inspirés par de réels procès judiciaires ayant défrayé les manchettes est une adaptation de Nathalie Roy et Yves Thériault dans une mise en scène de Michel-Maxime Legault.

Il s’agit d’un retour de Paul Doucet dans le rôle de l’un des deux avocats, alors que sa consœur féminine prendra le visage de Sonia Vachon, que l’on connait surtout pour ses rôles un tantinet comique. Camper un personnage nettement plus sérieux est une première pour elle.

Un rôle qu’elle a spontanément accepté sans même avoir vu Verdict 1. « Quand on m’a appelée pour m’offrir de jouer dans Verdict II, je me suis dit : oui, il faut que je le fasse. Mais c’est tout un défi », affirme la comédienne, qui aborde ainsi un tout nouveau registre de jeu.

Procès connus

C’est que les textes sont sérieux. Imaginez, durant 1 h 50 (avec entracte), seuls sur scène, les deux comédiens abordent des procès marquants du Québec en exposant leurs plaidoiries. Il sera question du procès du caporal Lortie à l’Assemblée nationale, de celui de Sophie Chiasson contre Jeff Fillion.

Bien sûr, les comédiens ne reprennent pas les rôles des vrais avocats représentant ces accusés, mais agissent en tant qu’avocats.

Et l’exploit de la pièce tient au fait qu’on y reprend en quelques minutes des plaidoiries s’étant étalées sur plusieurs jours. On cherche à susciter l’intérêt du public et une réflexion, grâce à une contextualisation narrée.

Or, cela représente pour les comédiens un double défi, celui de l’interprétation à deux et d’une rigueur sans faute puisqu’il faut respecter le vocabulaire judiciaire avec son mode typique de discourir à la cour afin de rendre l’exercice crédible, comme le signale la comédienne Sonia Vachon.

Rôle éducatif

Et cet exercice permettra peut-être aussi de mieux comprendre les rouages d’un système judiciaire, si souvent critiqué. Sonia Vachon pense qu’effectivement, le propos de la pièce joue un peu un rôle éducatif.  « C’est de voir quelle approche chaque avocat a pris pour faire valoir son point. Moi, c’est la première fois aussi que je vois ça comme ça parce qu’on n’est pas tous appelés à assister à un procès. Rares sont les gens qui assistent à des procès. Ça donne une idée aussi de ce que c’est la justice. »

« J’ai une amie qui est juge et qui est venue voir la pièce. Elle m’a dit : « ça fait du bien qu’on parle de la justice de cette façon » », confie la comédienne.

Elle-même estime qu’il s’agit d’une chance pour une comédienne de participer à ce type de projet théâtral, qui lui permet d’en apprendre davantage sur le déroulement d’un réel procès, surtout de la difficulté de porter un jugement. « Ça nous permet aussi de voir un peu le processus. Qu’est-ce que c’est une plaidoirie? Qu’est-ce qu’on apprend lors des plaidoiries? Et moi, je retire une fierté de ces procès. Ce sont des procès québécois. Et à la suite de ces procès, il y a eu des modifications de loi, et c’est ce qui est extraordinaire : on apprend des choses. Moi j’ai été renversée à la première lecture, lorsque Paul a lu la plaidoirie pour Denis Lortie. J’ai dit : Ah, mon Dieu, on ne savait pas ça. »

Autre particularité de Verdict II, tout comme sa première mouture, le dénouement final réside aussi dans son concept interactif. Après la tenue des plaidoiries, on confie au public le rôle de juré et de se prononcer sur un verdict : coupable ou non coupable à main levée. Puis, les comédiens dévoileront la vraie sentence, juste avant que le rideau ne tombe.