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Terrebonne: Le Congrès du Parti libéral à l’heure du vote

Un signal clair de l’importance stratégique que les libéraux accordent à ce siège qui confirmerait la majorité tant convoitée à la Chambre des communes dès lundi soir, ou qui pourrait être renforcée si les libéraux remportent également les deux circonscriptions torontoises, considérées comme des châteaux forts du parti depuis plusieurs années.

Des milliers de libéraux se sont retrouvés à Montréal dans le cadre de ce congrès, qui s’est déroulé du 9 au 11 avril 2026. La ministre fédérale de la Santé, Marjorie Michel, rejette fermement toute association de l’événement à la campagne électorale de Terrebonne. « Pour organiser un congrès de 4 500 personnes dans une ville, il faut réserver plus d’un an à l’avance », lâche-t-elle, précisant avoir su que le congrès se tiendrait à Montréal bien avant les dernières élections. « Donc, ça n’a vraiment aucun lien », a-t-elle tranché. »

Une question de « timing »

Pour le spécialiste en politique canadienne, le professeur Daniel Béland, la présence des libéraux à Montréal cette fin de semaine est purement stratégique. Il souligne la question du « timing ». Tenir un congrès au Québec dans ce contexte, dit-il, est « une façon implicite de montrer que le Parti libéral du Canada est très intéressé par ce qui se passe au Québec ». « Et c’est important pour le parti », affirme-t-il.

« Le Québec, c’est très important pour eux sur le plan électoral, évidemment. Donc oui, le choix de Montréal, c’est un choix stratégique pour essayer d’une certaine façon de renforcer leur message envers le Québec. »

– Daniel Béland, directeur de l’Institut d’études canadiennes de McGill, professeur James McGill au Département de science politique de l’Université McGill.

Selon le professeur Béland, les libéraux n’ont pas besoin de Terrebonne pour obtenir leur majorité, les deux sièges torontois en jeu étant des châteaux forts libéraux. Ils sont presque certains d’obtenir une majorité de sièges sans déclencher une nouvelle élection générale, soutient-il. Le Québec n’en demeure pas moins, aux yeux du spécialiste, « une province essentielle en termes de nombre de sièges, mais aussi, évidemment, parce que c’est la seule province à majorité francophone. »

Photo Christophe Godon
Le premier ministre du Canada a profité de sa visite pour serrer quelques mains.

Beaucoup d’appelés

La candidate libérale a profité de la tribune du congrès, samedi, pour lancer un appel aux milliers de militants présents afin de poursuivre le porte-à-porte à ses côtés. « Nous savons que pour gagner Terrebonne, c’est une porte à la fois, un appel à la fois, une conversation à la fois, et j’ose dire, un vote à la fois », a-t-elle déclaré, avant de conclure sous les applaudissements que « c’est ensemble que nous allons gagner Terrebonne. » Plusieurs poids lourds libéraux seront à Terrebonne dimanche et lundi, dont la ministre fédérale de la Santé, Marjorie Michel. Des porte-paroles libéraux seniors, ainsi que plusieurs militants seront présents à la soirée électorale lundi.

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Les électeurs de Terrebonne auront droit à un bulletin de vote en blanc

Les électeurs qui se rendront aux urnes ou qui voteront par anticipation devront eux-mêmes inscrire le nom du candidat de leur choix sur le bulletin de vote, plutôt que d’apposer le traditionnel « X » dans le cercle correspondant. Pour que le vote soit pris en compte, l’intention de l’électeur doit être claire, même si le nom du candidat est mal orthographié. Les électeurs peuvent également inscrire le nom du parti sur le bulletin, précise Élections Canada.

« Si le nom inscrit fournit à l’équipe chargée du dépouillement suffisamment d’informations pour déterminer l’intention de l’électeur, le bulletin sera pris en compte. Si l’intention de l’électeur n’est pas claire, le bulletin ne pourra pas être pris en compte », écrit Matthew McKenna, porte-parole de l’organisme.

Si l’électeur n’inscrit que le nom du parti, laisse le bulletin en blanc, ou s’il mentionne le nom d’une personne qui ne se présente pas dans cette circonscription, son vote ne sera pas pris en compte, prévient le responsable.

Une mesure qui inquiète

Le Bloc Québécois est monté au créneau, critiquant le bulletin de vote adapté prévu par Élections Canada dans la circonscription de Terrebonne. « La solution proposée par Élections Canada est pire que le mal. Elle suggère que les activistes ont réussi », a écrit le chef du Bloc Québécois, Yves-François Blanchet, sur son compte Facebook, dénonçant ainsi les activistes qui, selon lui, compliquent le processus électoral.

Pour la candidate libérale Tatiana Auguste, les enjeux d’accessibilité liés au bulletin de vote adapté sont une réelle préoccupation. Élections Canada doit mettre en place les mesures nécessaires, dit-elle, pour garantir que tous les citoyens puissent voter dans les meilleures conditions. « Donc, pour moi, ce sera à Élections Canada de gérer ça parce que la décision est déjà prise », indique-t-elle.

Le Comité du bulletin de vote le plus long, un groupe qui milite contre le système électoral actuel, a inscrit une quarantaine de candidats indépendants à l’élection partielle du 13 avril 2026 dans Terrebonne, forçant Élections Canada à revoir sa stratégie dans cette circonscription.

Si la nouvelle mesure vise à accommoder les électeurs, Élections Canada se dit consciente que ces changements pourraient réduire l’accessibilité du bulletin de vote pour certains. Toutefois, les électeurs pourront compter sur les travailleurs électoraux, qui font le serment de protéger le secret du vote, ainsi que sur l’aide d’un proche.

« Si un électeur pense avoir besoin d’aide, il est toujours conseillé de contacter à l’avance le bureau local d’Élections Canada afin de s’assurer qu’il bénéficiera du soutien nécessaire, indique l’organisme, précisant que « toute personne aidant un électeur à remplir ou à déposer son bulletin de vote doit signer une déclaration solennelle attestant qu’elle ne tentera pas d’influencer le choix de l’électeur, qu’elle remplira le bulletin conformément aux instructions de l’électeur et qu’elle préservera le secret du vote de l’électeur ». 

Élections Canada rassure

L’organisme électoral met en œuvre des mesures visant à apaiser les craintes. Il dit s’appuyer sur l’expérience acquise lors des précédentes élections partielles, notamment celle de Battle-River Crowfoot, où un bulletin de vote similaire avait été utilisé. Selon Matthew McKenna, la plupart des électeurs avaient trouvé facile de voter et de remplir leur bulletin en blanc adapté.

« Le nombre de bulletins rejetés lors de l’élection partielle de Battle-River Crowfoot, où un bulletin similaire avait été utilisé, était bien inférieur à celui enregistré dans la même circonscription lors des élections fédérales de 2025, où un bulletin standard avait été utilisé », assure-t-il, précisant que l’organisme veille à ce que les électeurs sachent comment utiliser le bulletin adapté et puissent facilement vérifier le nom du candidat de leur choix au moment de voter.

Plusieurs dispositions sont prises pour faciliter le vote, telles que le renforcement de la formation du personnel, l’élaboration de nouveaux supports d’information et outils, et la mise en place d’aides supplémentaires dans les bureaux de vote.

Des leçons apprises

La décision d’un bulletin adapté s’appuie sur des expériences du passé où l’organisme a dû s’adapter à une liste de 91 candidats dans la circonscription de Carleton, en 2025 lors de la 45e élection générale.

« Nombre d’entre [les électeurs] ont déploré le manque d’accessibilité de ces bulletins et ont dit craindre que le secret du vote ne soit compromis », explique M. McKenna, soulignant des problèmes rapportés par le Comité consultatif sur les questions touchant les personnes handicapées.

Le bulletin de vote en blanc adapté permettra « de conserver les caractéristiques de sécurité et d’intégrité habituelles, comme la souche et le talon, dont n’étaient pas dotés les longs bulletins de certaines élections précédentes », assure Élections Canada.

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Terrebonne : les non-inscrits peuvent voter le 13 avril

Pour trouver leur bureau de vote, les électeurs n’ont qu’à entrer leur code postal en ligne sur le site d’Élections Canada ou à téléphoner au 1 800 463-6868. Ceux qui souhaitent un service plus rapide peuvent aussi entrer leurs renseignements en ligne à l’avance, imprimer un certificat d’inscription prérempli et l’apporter au bureau de vote.

Pour s’inscrire et voter, les électeurs doivent prouver leur identité et leur adresse à l’aide de pièces d’identité acceptées. Ils doivent résider dans la circonscription de Terrebonne depuis le 8 mars 2026 pour être admissibles.

Des élections partielles se tiennent le même jour dans deux autres circonscriptions canadiennes, soit Scarborough-Sud-Ouest et University–Rosedale, toutes deux en Ontario.

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Qui défendra Terrebonne à Ottawa après le 13 avril ?

L’exercice, animé par le président-directeur général de la Chambre de commerce et d’industrie Les Moulins, Pierre Berthiaume, a permis à la candidate libérale et à la bloquiste de réitérer leur vision pour la circonscription, et à la conservatrice de se présenter.

Adrienne Charles du Parti conservateur du Canada, confirmée seulement le 11 mars dernier, la libérale Tatiana Auguste et la bloquiste Nathalie Sinclair-Desgagné ont confronté leurs positions sur les grands enjeux économiques de la région et sur des dossiers brûlants tels que l’immigration, le TGV Alto et le chantier Saint-Maurice, tout en livrant leurs priorités respectives.

Si la conservatrice et la bloquiste se sont rejointes sur plusieurs points, dressant toutes deux le constat d’une gestion fédérale défaillante, la libérale, elle, défendait les mesures déjà en place, promettant de placer Terrebonne à la table des décisions.

Dix personnes posent devant bannière d'organisation CCIM dans salle d'événement avec drapeaux québécois
Photo Iona Mousli – Les trois candidates à l’élection partielle du 13 avril dans Terrebonne, face à la communauté d’affaires, au Club de Golf Le Mirage.

L’économie : trois visions, un même diagnostic

Face aux tarifs américains et à leur impact sur les entreprises de la région, les trois candidates ont reconnu que la menace tarifaire échappe au contrôle d’Ottawa, mais en présentent chacune une lecture différente.

Tatiana Auguste a défendu la stratégie libérale, citant la diversification des marchés, les nouveaux partenariats et les grands projets d’infrastructure. « On ne peut pas contrôler ce qui se passe aux États-Unis, mais je pense qu’on est déjà sur une bonne lancée », a-t-elle déclaré, défendant les mesures de baisse d’impôt de 1 %, l’allocation fédérale pour l’épicerie et la réduction du taux d’imposition des PME à 9 %.

Adrienne Charles a, de son côté, misé sur l’élimination de la bureaucratie, la réduction de la paperasse et le développement des ressources naturelles du pays. « Le Canada est riche, non seulement en pétrole et en minerais, et détient à lui seul 20 % des réserves mondiales d’eau douce accessible. On n’est pas censé être dans la situation qu’on est avec toutes les ressources qu’on a », a-t-elle lancé.

Pour Nathalie Sinclair-Desgagné, le Québec est systématiquement la première victime des tarifs américains. En 2025, dit-elle, les exportations québécoises vers les États-Unis ont chuté deux fois plus vite que dans le reste du Canada. « Quand l’industrie de l’automobile va mal, on se précipite pour l’aider. Mais jamais un député libéral ou conservateur ne va se lever pour les entreprises du Québec », a-t-elle martelé.

Sur la gestion budgétaire, la bloquiste et la conservatrice ont fait front commun, estimant que le premier ministre Mark Carney a réussi à doubler le déficit de son prédécesseur Justin Trudeau. Nathalie Sinclair-Desgagné a évoqué le scandale Curam et ses 5 milliards en dépassements de coûts, appelant à une meilleure gestion des fonds publics. « J’appuie totalement Mme Sinclair-Desgagné », a renchéri Adrienne Charles, précisant que le message de la bloquiste trouve écho chez les conservateurs et qu’il s’agit là de leur mot d’ordre.

Un groupe représentant le mouvement Le communautaire à boutte, ainsi que la directrice du Cégep de Lanaudière, Mme Geneviève Perreault, ont fait part aux candidates de leurs préoccupations face aux coupes budgétaires qui compromettent leur fonctionnement. Les candidates se sont engagées à examiner la situation et à y apporter des solutions.

Homme en costume parlant au microphone devant cadres dorés et murs verts dans espace d'exposition
Photo Iona Mousli : « Les candidates Adrienne Charles, Nathalie Sinclair-Desgagné et Tatiana Auguste ont pris part à un débat dans la circonscription de Terrebonne. »

PEQ : la promesse brisée des travailleurs étrangers

Adrienne Charles déplore un système d’immigration « brisé ». Selon elle, le Québec a reçu plus d’immigrants qu’il ne pouvait en intégrer, ce qui a exercé une pression sur le logement, le système de santé et l’éducation. Elle propose toutefois un délai de cinq ans pour permettre aux entreprises de garder leurs travailleurs, « particulièrement dans les régions où le taux de chômage est en dessous de 5,5 % ».

Nathalie Sinclair-Desgagné abonde dans le même sens, estimant qu’« il n’est pas normal qu’on ne nous consulte pas sur les cibles et qu’on laisse rentrer autant de gens sans penser à la particularité du Québec ».

La libérale a défendu le délai d’un an accordé par Ottawa pour permettre au Québec de préciser quels travailleurs il souhaite retenir. « La balle est maintenant dans le camp du gouvernement du Québec de nous dire qui il veut garder, dans quelles industries et combien », a-t-elle indiqué.

Les trois candidates ont convenu que la complexité des programmes fédéraux constitue un frein réel pour les entrepreneurs. Nathalie Sinclair-Desgagné explique que lorsqu’elle était députée, son bureau organisait chaque année un « café de la députée » pour expliquer les programmes ouverts et fermés à la suite du budget. Tatiana Auguste a évoqué l’envoi régulier de communiqués aux entreprises et l’accompagnement offert par son bureau. Adrienne Charles a misé sur sa rigueur professionnelle, héritée de ses années en laboratoire médical. « J’ai le souci du détail, le souci du travail bien fait. Je serai là pour vous », a-t-elle promis.

Salle d'événement avec tables de dîner, chandelier et présentation vidéo sur écran mural projetée
Photo Iona Mousli : « Des membres de la communauté ont assisté à la rencontre de la CCIM, où les candidates ont présenté leurs priorités pour la circonscription de Terrebonne. »

Priorités

Nathalie Sinclair-Desgagné a réclamé de vraies audiences publiques et s’est opposée aux expropriations forcées. Tatiana Auguste, quant à elle, soutient une consultation sur le tracé du TGV. Toutefois, sa priorité immédiate est de collaborer avec la Ville pour débloquer des fonds pour l’échangeur Urbanova, a-t-elle indiqué. Pour Adrienne Charles, « dans l’heure actuelle, [le TGV] n’est vraiment pas notre priorité. Notre priorité, c’est le coût de la vie et l’accès à la propriété pour nos jeunes. »

Concernant le champ de tir Saint-Maurice, ancien terrain militaire situé en plein cœur de la ville et qui représente une facture colossale pour la Ville, Nathalie Sinclair-Desgagné a soulevé le principe du pollueur-payeur, déplorant que Terrebonne se retrouve avec l’entièreté de la facture pour un terrain contaminé par le fédéral.

Tatiana Auguste a tenu à préciser qu’il s’agit de deux enjeux distincts : la partie du terrain déjà cédée à la Ville pour la construction de l’échangeur Urbanova, et celle encore détenue par le gouvernement fédéral. « Ce n’est pas une facture qui est en ce moment à la Ville pour le reste du champ de tir », a-t-elle nuancé, précisant que des négociations sont en cours. « Tout le monde au ministère de la Défense m’a entendu », a-t-elle assuré. Adrienne Charles a promis de céder les terres fédérales et d’appuyer la décontamination.

Le 13 avril, Terrebonne ne votera pas seulement pour sa députée. Si les libéraux balayent également les deux circonscriptions torontoises en jeu, Mark Carney décrochera sa majorité. Une candidate conservatrice ou bloquiste élue siégera alors dans l’opposition, mais avec des leviers limités.

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Le Parti québécois debout derrière le Bloc à Terrebonne

La course est de plus en plus serrée entre les candidates, pour qui les appuis se multiplient. Paul St-Pierre Plamondon croit que Nathalie Sinclair-Desgagné est la personne tout indiquée pour défendre les intérêts du Québec. Il remet en cause la volonté d’Ottawa à travailler dans l’intérêt du Québec, affirmant que le Bloc Québécois est trop souvent « le premier témoin de cette propension du Canada à sacrifier les intérêts du Québec dans les négociations ».

« Il y a là un signal à envoyer pour la défense des intérêts du Québec à l’aube de négociations avec les États-Unis […] » Il faut, selon lui, « une députée chevronnée qui est là pour veiller aux intérêts du Québec au cours des prochains mois ».

Une majorité assurée pour les libéraux

En plus de Terrebonne, les libéraux veulent mettre la main sur deux autres circonscriptions le 13 avril prochain — University–Rosedale et Scarborough–Sud-Ouest, à Toronto — ce qui leur assurerait une majorité confortable. En se plaçant aux côtés du Bloc, le PQ entend barrer la route à Carney à Terrebonne et éviter, dit-il, que le Québec ne soit négligé à la table des négociations.

« C’est drôle que ce soit Mark Carney qui ait dit qu’il vaut mieux être à table que d’être au menu. Si vous voulez l’assurance que le Québec n’est pas au menu, allez chercher des députés qui s’occupent précisément de ça. Parce que ça, c’est un véritable risque », déclare Paul St-Pierre Plamondon.

Selon le chef péquiste, le Québec est trop souvent tenu à l’écart des prises de décision, ce qui lui fait payer le prix fort. M. St-Pierre Plamondon en veut pour preuve la récente visite en Chine de Mark Carney. « À ce que je sache, le Québec n’a pas été consulté. La conséquence a été des représailles des États-Unis, mais auprès de qui, finalement ? D’une entreprise québécoise, Bombardier », soulève-t-il.

« Donc, c’est important d’avoir des députés qui sont 100 % dédiés à l’intérêt du Québec et 100 % dans la prudence nécessaire qu’on doit avoir, comme Québécoises et Québécois, vis-à-vis de la santé de notre économie. »

Paul St-Pierre Plamondon invite les citoyens à voter en fonction de leurs intérêts et des enjeux qui les préoccupent, et non en fonction des intérêts du fédéral, qui, dit-il, cherche une majorité. À l’approche des négociations commerciales avec Washington, il appelle à un rééquilibrage en faveur des intérêts québécois, soulignant que le véritable risque se situe sur le plan commercial et non ailleurs, et qu’il faudra des négociateurs expérimentés et déterminés pour le gérer.

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Loi 11 : La Table des préfets de Lanaudière exige la concertation

S’ils appuient l’objectif de simplification administrative, ils exigent d’être reconnus comme partenaires à part entière dans l’élaboration des règlements qui découleront du projet de loi 11.

Portée par le ministre délégué à l’Économie et aux Petites et moyennes entreprises Samuel Poulin, cette réforme vise à alléger le fardeau administratif et réglementaire des entreprises. Il propose notamment de remplacer chaque nouvelle réglementation par la suppression d’une ancienne « un pour un », de prolonger la durée des permis et de mandater le ministère de l’Économie à simplifier les processus.

Les préfets de Lanaudière reconnaissent que plusieurs mesures du projet de loi répondent à des préoccupations du milieu entrepreneurial. Ils rappellent toutefois que les décisions touchant la gestion forestière, l’aménagement du territoire et l’environnement ont des répercussions directes et concrètes sur leurs municipalités, leurs citoyens et sur le développement économique à long terme. « L’allègement réglementaire ne doit pas se faire au détriment de la prévisibilité, de la concertation territoriale, ni de la protection des intérêts des communautés locales », écrivent les autorités municipales dans un communiqué.

« Nous ne pouvons accepter que des changements d’une telle portée redéfinissent l’équilibre des pouvoirs sans une implication réelle et structurante des gouvernements de proximité », déclare Isabelle Perreault, présidente de la Table des préfets de Lanaudière dans un communiqué.

Pas de décisions en silo, disent les élus

Quant à la question forestière, la Table des préfets veut rester vigilante, rappelant que la révision de la tarification des bois et l’abolition de certaines structures soulèvent des questions fondamentales quant aux retombées économiques pour les territoires-ressources. Les élus réclament transparence et équité, insistant sur la nécessité d’être associés à la rédaction des nouveaux règlements.

Même exigence du côté environnemental. La Table reconnaît la volonté gouvernementale d’offrir plus de souplesse aux entreprises, elle refuse toutefois que cet assouplissement se fasse sans balise claire. « Le développement économique et la protection de la santé publique et des milieux naturels ne sont pas opposés : ils doivent progresser ensemble », lit-on dans le communiqué.

Certaines dispositions centralisatrices du projet de loi, notamment l’élargissement des pouvoirs en matière d’ententes internationales, inquiètent les préfets. Ces mesures risquent de marginaliser davantage les gouvernements de proximité dans des décisions qui touchent pourtant directement leurs territoires. « Les régions ne doivent pas seulement être consultées, martèle la Table, elles doivent être considérées comme des partenaires à part entière. »

Les élus lanaudois appuient l’objectif d’efficacité administrative, mais invitent le gouvernement à maintenir un équilibre entre allègement réglementaire, responsabilité environnementale et respect des compétences municipales. « C’est ainsi que nous pourrons véritablement propulser nos régions de manière durable et concertée », concluent-ils.

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Cúram, Phénix, ArriveCAN : le Bloc veut une enquête publique

La motion doit maintenant mener à un débat et à un vote à la Chambre des communes, que le Bloc souhaite faire tenir lors de la semaine parlementaire du 23 mars.

Le député Rhéal Éloi Fortin souligne qu’il s’agit, selon lui, d’un rare consensus des libéraux sur la nécessité d’examiner ces dérapages financiers et les erreurs répétées dans les grands projets informatiques fédéraux. Il rappelle notamment que des milliers de retraités éprouvent encore des problèmes liés au versement de leur pension de vieillesse dans le dossier Cúram.

Le Bloc québécois entend poursuivre ses démarches afin d’obtenir la tenue d’une enquête publique, estimant qu’un tel exercice est nécessaire pour faire la lumière sur ces situations et assurer une meilleure transparence dans la gestion des fonds publics.

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Élections Canada envoie les cartes d’électeur

Cette carte personnalisée précise où et quand voter, ainsi que les informations liées à l’accessibilité des lieux de vote. La majorité des électeurs devraient la recevoir d’ici le 27 mars 2026, bien que certains délais soient possibles selon la confirmation des sites de scrutin.

Les électeurs qui ne reçoivent pas leur carte ou qui constatent une erreur peuvent s’inscrire ou mettre à jour leurs renseignements en ligne, ou communiquer avec leur bureau local. Il est également possible de vérifier son inscription et les lieux de vote en entrant son code postal sur elections.ca. Toute anomalie, comme une carte au nom d’une autre personne ou d’un défunt, doit être signalée.

Pour voter, une preuve d’identité et d’adresse est requise. La carte peut servir de preuve d’adresse, mais doit être accompagnée d’une autre pièce d’identité acceptée. Elle n’est pas obligatoire, mais recommandée pour accélérer le processus. L’élection partielle se déroulera le 13 avril prochain.

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Catherine Gentilcore : Un an d’opposition féroce à Québec

Ancienne directrice marketing au journal Le Devoir et à l’Opéra de Montréal, elle était jusqu’à tout récemment PDG de Numana, une entreprise en technologies numériques.

Plongée « dans le feu de l’action » dès son arrivée, celle qui a succédé Pierre Fitzgibbon dans le siège de députée de Terrebonne, a dû rapidement plonger dans des dossiers importants concernant les Laurentides, comme Stablex et le projet de loi 69 sur l’avenir énergétique du Québec.

Celle qui s’est rapidement bâti une réputation d’oratrice combative à l’Assemblée nationale a multiplié les interventions lors de l’étude des crédits, talonnant une dizaine de ministres sur des dossiers comme l’économie, l’habitation, la condition féminine, la culture et l’enseignement supérieur. Seule députée de l’opposition dans Lanaudière, elle affirme prendre son rôle au sérieux pour « défendre les enjeux des citoyens de Terrebonne ».

Opposition frontale au gouvernement Legault

Sa première année parlementaire a été marquée par une opposition soutenue à ce que Mme Gentilcore qualifie de « gestion brouillonne, incohérente et opaque du gouvernement Legault ». Parmi ses déclarations sur l’accès à la propriété et l’économie, elle a accusé le gouvernement de la CAQ d’avoir fait doubler la valeur moyenne des maisons. Sur le plan économique, elle a dénoncé l’attribution des subventions publiques, rappelant que le Fonds de développement économique avait engendré des pertes de 5,1 milliards en six ans.

Le Parti Québécois a comme proposition d’abolir ce Fonds au profit d’un environnement d’affaires simplifié : réduction du fardeau fiscal, coupure de la paperasse et élimination des contrôles administratifs jugés inutiles. « Les PME ne peuvent plus avoir deux ou trois employés à temps plein juste pour gérer la paperasse gouvernementale », plaide-t-elle.

En culture et médias, elle s’est opposée au projet de loi 109, dénonçant l’incapacité du Québec à rapatrier les budgets fédéraux et rappelant que la souveraineté culturelle passe par l’indépendance. Elle a aussi tenté, sans succès, de faire élargir le crédit d’impôt destiné à la presse écrite aux contenus audio, vidéo et multiplateformes.

Sur le terrain : une région en pleine croissance et des défis pressants

Terrebonne connaît une croissance fulgurante, exacerbée par l’arrivée de familles quittant Montréal pour des logements plus abordables. Cette croissance accentue les pressions :  manque de places en garderie, manque de places dans les écoles, chantiers interrompus et un déficit d’infrastructures en transport.

Elle réclame une augmentation des investissements annuels en transport collectif et critique sévèrement les compressions effectuées par Québec. Elle souhaite également une bonification du transport en commun, tant pour la population que pour les futurs étudiants. « Il faut financer adéquatement et revoir les trajets selon les besoins réels du terrain », explique-t-elle.

Mme Gentilcore se dit fière de voir se concrétiser le projet de campus universitaire à Terrebonne, un dossier qu’elle défend depuis sa campagne. « C’est une façon de former notre main-d’œuvre ici, de retenir nos jeunes et de leur offrir de meilleures perspectives dans la région. »

Indépendance : une stratégie autour de la mobilisation régionale

Si un gouvernement indépendantiste devait être élu, Catherine Gentilcore entend jouer un rôle de premier plan dans la mobilisation à Terrebonne et Lanaudière. Elle mise sur « les acteurs déjà très engagés dans la région », ainsi que sur l’historique indépendantiste de la Rive-Nord. Elle souhaite travailler étroitement avec les organisations locales : « Il y a plein de gens qui mobilisent déjà, qui organisent des événements, qui veulent parler du pays. »

Pour elle, la clé réside dans l’ancrage humain : « Il ne faut jamais oublier le pouvoir de conviction du face-à-face. On va convaincre les gens un à un. » La députée attend également le dépôt du Livre bleu, qui servira de base pour les discussions et activités régionales.

« Chaque jour, je me rappelle à quel point j’ai le privilège de faire ce métier », dit-elle d’emblée. Pour la députée, la proximité avec les citoyens demeure au cœur de son engagement : « C’est un privilège de me faire arrêter à l’épicerie, à la pharmacie, dans les rues autour de chez moi, parce que les gens veulent partager leurs préoccupations », dit-elle.

Après un an, Catherine Gentilcore estime que ces premiers mois ont « confirmé [sa] détermination à être une voix forte et rigoureuse pour Terrebonne ». Elle dit vouloir poursuivre sur cette lancée.

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Terrebonne : Le Bloc Québécois veut reprendre son château fort

Conquérir Terrebonne ne sera pas aussi facile pour les libéraux. Les bloquistes le croient dur comme fer. Il s’agit, d’ailleurs, de leur château fort. Outre la vague orange de 2011, depuis 1993, la circonscription est au Bloc ce que Gatineau est aux libéraux. « Si les libéraux pensent qu’ils vont l’avoir facile à Terrebonne, ils n’ont pas compris. Ils n’ont pas compris que ça n’a jamais été un territoire libéral depuis que le Bloc québécois existe », met en garde la candidate Nathalie Sinclair-Desgagné, réaffirmant sa détermination de reprendre la circonscription.

« Quand je me bats, c’est pour gagner », écrit-elle sur ses réseaux sociaux.

Pour Yves-François Blanchet, la prochaine députée de Terrebonne ne sera nulle autre que Nathalie Sinclair-Desgagné. Et il compte travailler dur pour atteindre cet objectif. « Moi, je vais faire du porte-à-porte à Terrebonne. Je vais venir beaucoup dans Terrebonne », promet-il.

Voter pour Nathalie et non pour Carney

M. Blanchet n’a absolument rien contre l’adversaire de sa candidate. Il croit même que c’est une « une excellente personne ». Toutefois, il pense que l’élection ne tourne pas autour d’elle, mais autour de son chef Mark Carney. « Et, parce que la décision appartient aux gens, il y a une question que je vais poser à chaque porte, et je vous invite à faire pareil. Qu’a fait Mark Carney pour le Québec ? [..] Pendant les cinq à dix jours où il a été au Québec, qu’est-ce qu’il a fait pour le Québec », s’interroge-t-il.

Selon Yves-François Blanchet, le premier ministre Mark Carney n’aurait rien fait pour les Québécois depuis son arrivée au pouvoir, hormis le programme Curam pour les retraités, qui dit-il, est un vaste échec. « On veut banaliser [le fait que] que 85 000 personnes n’ont pas eu le bon montant au bon moment, à la bonne adresse », déplore le chef, appelant son équipe à questionner le bilan du premier ministre lors des porte-à-porte. « C’est légitime, on est en démocratie, on va poser la question, justifie-t-il.

Le Bloc veut poursuivre le travail déjà entamé dans Terrebonne, tout en sachant que beaucoup restent à faire. Pour y parvenir, dit Blanchet, la solution est d’élire Nathalie Sinclair-Desgagné, et non une « porte-parole du gouvernement ».

Les gens de Terrebonne « méritent une députée de la trempe de Nathalie qui va se consacrer pleinement à leurs priorités et qui va travailler d’arrache-pied pour eux, de cette manière efficace qu’on lui connaît et qui lui a valu cette victoire historique devant le tribunal de plus haute instance ».

Le Parti Québécois en renfort

Déjà présente sur le terrain pour soutenir la candidate bloquiste, la députée péquiste de Terrebonne, Catherine Gentilcore, a participé au lancement de la campagne aux côtés du chef bloquiste Yves-François Blanchet et de sa candidate. Il s’agit pour elle de montrer l’appui entier du PQ à la candidate Nathalie Sinclair-Desgagné.

Madame Gentilcore promet une présence constante sur le terrain, en renforcement au Bloc. « On va être là du début à la fin. Mes collègues députés ont l’intention de venir également. Moi, je vais être là énormément », déclare la députée, précisant avoir fait libérer son agenda pour être présente sur le terrain.

« Je vais être là à chaque fois que tu auras besoin de moi. Ça va me faire extrêmement plaisir d’y être. Parce qu’on est derrière le Bloc, derrière Nathalie. Pas à 90 %, pas à 95 %, à 150 % ».

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