Photo tirée du site web de la Ville de Terrebonne - Les propriétaires du Vieux-Terrebonne peuvent maintenant obtenir une aide financière pour restaurer des immeubles patrimoniaux.
Cette admissibilité découle de la désignation du secteur comme site patrimonial déclaré du Québec, annoncée en mai 2026.
Le programme vise les bâtiments inventoriés situés dans le site patrimonial déclaré. Les interventions admissibles portent notamment sur des éléments caractéristiques extérieurs et doivent respecter les particularités patrimoniales des immeubles. L’appel de projets est ouvert jusqu’au 11 septembre 2026.
L’aide est offerte en partenariat avec le ministère de la Culture et des Communications du Québec et la Ville de Terrebonne. Pour des travaux de rénovation de portes et fenêtres coûtant 66 750 $, le remboursement pourrait atteindre le maximum prévu de 50 000 $.
Le Vieux-Terrebonne compte près de 200 bâtiments témoignant de plus de deux siècles d’histoire. « Le Vieux-Terrebonne est l’âme historique de notre ville. Cette nouvelle admissibilité à l’aide financière vient soutenir les efforts déployés depuis des décennies par les citoyens, les commerçants et la Ville afin de préserver ce patrimoine unique. C’est une excellente nouvelle pour les propriétaires qui souhaitent entreprendre des travaux de restauration tout en contribuant à la préservation de notre histoire pour les générations futures. », a déclaré le maire Mathieu Traversy.
Photo courtoisie
La programmation de Plein les sens est l’occasion de profiter du Vieux-Terrebonne et de prolonger l’escapade avec une nuitée à l’Auberge Le Petit Saint-André. - La programmation de Plein les sens est l'occasion de profiter du Vieux-Terrebonne et de prolonger l'escapade avec une nuitée à l'Auberge Le Petit Saint-André.
L’Auberge Le Petit Saint-André permet de prolonger le passage dans le quartier plutôt que de reprendre la route en fin de soirée.
Installé dans une maison centenaire, l’établissement accueille des visiteurs depuis 2004. Selon son propriétaire, son ouverture répondait alors à un besoin bien précis : le secteur ne comptait aucun hébergement local.
« J’ai ouvert l’auberge parce qu’il n’y avait pas d’hébergement local dans le Vieux-Terrebonne », explique-t-il.
Plus de 20 ans plus tard, la vocation du bâtiment s’inscrit désormais dans celle du quartier historique, où se côtoient activités culturelles, restaurants et lieux patrimoniaux.
Une offre de huit chambres
L’auberge compte huit chambres avec salle de bain privée et propose un déjeuner. Elle se trouve à quelques pas du Théâtre du Vieux-Terrebonne, des boutiques et de nombreux restaurants.
« Les gens viennent déjà pour vivre le Vieux-Terrebonne », résume le propriétaire.
Spectacles, festivals, mariages et sorties au restaurant comptent parmi les occasions qui amènent des visiteurs à séjourner sur place. L’hébergement devient alors une façon de prolonger une sortie dans le quartier, plutôt qu’une destination en soi.
Au fil des ans, l’établissement a aussi accueilli des artistes, des personnalités publiques et des voyageurs de passage. Selon son propriétaire, cette fréquentation contribue à l’achalandage des restaurants, des boutiques et des activités culturelles environnantes.
L’Auberge Le Petit Saint-André s’inscrit ainsi dans l’expérience plus large du Vieux-Terrebonne : celle d’un quartier où patrimoine, culture, restauration et hébergement se côtoient.
Photo Dany Baribeau
Le Vieux-Terrebonne a officiellement été désigné 14e site patrimonial du Québec en juin dernier, une reconnaissance de la richesse historique du secteur.
La Société du patrimoine et de l’histoire de Terrebonne participe à la campagne en proposant des activités et des outils de découverte, dont une carte touristique qui permet d’explorer les moulins et différents lieux historiques de la ville.
Cette mise en valeur prend une dimension particulière cette année, alors que le Vieux-Terrebonne a officiellement été désigné, en juin dernier, 14e site patrimonial du Québec.
Pour Cassandra Smith, historienne et directrice générale de la Société du patrimoine et de l’histoire de Terrebonne, cette reconnaissance témoigne de la richesse historique du secteur. « Pour nous, c’est important aussi de le souligner parce que justement, ça montre cette richesse-là du patrimoine qui gagne à être découvert, pas juste pour les gens de la région, mais par tout le Québec », affirme-t-elle.
Le territoire compte plusieurs témoins de son histoire. L’Île-des-Moulins, restaurée dans les années 1970, occupe une place importante dans le paysage patrimonial de Terrebonne. Le Vieux-Terrebonne conserve également des traces de son passé industriel, notamment avec la manufacture Globe Shoe et le complexe industriel Moody.
Photo : Fonds Aimé Despatis, collections de la SPHT Vue de l’église Saint-Louis-de-France au 20e siècle, l’un des témoins du riche patrimoine historique du Vieux-Terrebonne.
L’histoire en balade
Pour Cassandra Smith, la balade en cyclopousse constitue un bon point de départ pour découvrir le Vieux-Terrebonne. En une vingtaine de minutes, le parcours permet d’observer l’évolution de l’architecture du secteur et de traverser différentes époques de son histoire.
« On passe de maisons plus d’inspiration française, qui ont fait un saut dans le temps aussi au XXe siècle avec des maisons plus de style boomtown », explique l’historienne.
Photo : Dany Baribeau Restaurée dans les années 1970, l’Île-des-Moulins occupe une place importante dans le paysage patrimonial.
Les Vendredis découverte proposent une autre façon de plonger dans l’histoire locale. Lors de ces visites guidées, des acteurs incarnant des personnages historiques accompagnent les participants au Château Masson et leur font découvrir l’univers de la famille Masson.
Le parcours se poursuit à l’église Saint-Louis-de-France avant de se terminer dans le cimetière souterrain de Terrebonne, un lieu encore méconnu du public.
« Les cimetières comme ça, c’est quand même assez rare au Québec et on a la chance d’en avoir un à Terrebonne, ce qui est quelque chose d’assez peu connu », souligne Cassandra Smith.
À travers sa participation à la campagne « Plein les sens », la Société du patrimoine et de l’histoire de Terrebonne cherche ainsi à faire connaître autrement les lieux qui témoignent du passé de la ville et à rendre leur histoire accessible aux résidents comme aux visiteurs.
Photo : Émilio Constanza - Familles et amis étaient rassemblés dans le Vieux-Terrebonne à l'occasion de la finale de la Coupe du monde.
Qui a dit qu’un « party de visionnement » devait être réservé au hockey des séries éliminatoires?
Certainement pas la Ville de Terrebonne. À l’occasion de la finale de la Coupe du monde de la FIFA, elle invitait une fois de plus les familles et les amis à se rassembler autour du sport. Dimanche, une foule s’est réunie dans le Vieux-Terrebonne pour voir l’Espagne triompher.
Peu importe leurs allégeances, les spectateurs ont pris d’assaut la rue Saint-Pierre. Le maire de Terrebonne, Mathieu Traversy, a pris le temps de sonder les personnes présentes afin de connaître leurs prédictions quant au vainqueur entre l’Espagne et l’Argentine.
Photo : Émilio Constanza – Le salon de barbier District accueillait également des rassemblements de visionnement des matchs de la Coupe du monde.
Terrebonne n’était toutefois pas le seul endroit sur la Rive-Nord à accueillir des amateurs réunis pour regarder les meilleures joueuses de soccer au monde se disputer le titre.
Le sport comme moteur d’échanges
Quelques jours auparavant, un autre rassemblement avait eu lieu à Sainte-Thérèse. C’était au salon de barbier District, sur le boulevard du Curé-Labelle. Le propriétaire de l’établissement, Amir Choghri, ne manque jamais une occasion de réunir des passionnés lors des grands événements sportifs. Tout comme la Ville de Terrebonne et, semble-t-il, le chien du voisin il s’était laissé emporter par le parcours du Canadien de Montréal.
« Le sport, c’est super important pour nous », résume Amir Choghri. Il a d’ailleurs fallu attendre la mi-temps avant de pouvoir discuter avec lui, de peur de manquer ne serait-ce qu’une seule seconde d’action. Le décor parle de lui-même : le salon est orné de banderoles à l’effigie de la Coupe du monde et de photos immortalisant de grands moments sportifs. Selon lui, cette passion contribue à entretenir un lien fort avec sa clientèle et la communauté.
Cette passion commune favorise également les rivalités amicales. Les origines variées des barbiers et des clients alimentent les discussions. « On a des Québécois, des Marocains, des Français, des Libanais », énumère-t-il. Pour lui, la Coupe du monde représente une occasion privilégiée de rassembler différentes cultures autour du sport.
Photo courtoisie - À la Ville de Terrebonne on espère que le Vieux-Terrebonne deviendra une destination touristique au même titre que le Vieux-Montréal ou le Vieux-Québec
Hausse des demandes de permis, nouvelles ressources spécialisées, surveillance accrue et enjeux de financement : les retombées de cette reconnaissance se font déjà sentir.
Depuis le début de l’année 2026, la Direction de l’urbanisme durable de Terrebonne a engagé une conseillère en patrimoine dédiée exclusivement au patrimoine. « Elle travaillait au ministère de la Culture et des Communications auparavant », a précisé Arianne Létourneau, cheffe de vision, planification urbaine et réglementation, soulignant que la nouvelle ressource maîtrise déjà les rouages du système provincial de subventions et d’autorisations.
Depuis la recommandation du ministre de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe, de faire du Vieux-Terrebonne le 14e site patrimonial déclaré en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel, en juillet 2025, le nombre de demandes a largement dépassé les prévisions initiales.
« On pensait avoir une douzaine de demandes par année, mais finalement, on en a eu 20 jusqu’à maintenant », a indiqué Mme Létourneau, précisant que cette cadence pourrait éventuellement se stabiliser.
À cela s’ajoutent de nouveaux inspecteurs déployés sur le terrain, chargés d’effectuer des rondes de surveillance, de transmettre l’information aux propriétaires et de s’assurer du respect de la réglementation.
Des délais reconnus
Les demandes de permis en lien avec le Vieux-Terrebonne ont augmenté de telle manière que les délais de traitement se sont étirés.
« Depuis un an, on doit admettre que c’est plus lent qu’avant », a reconnu la responsable, tout en affirmant que la situation devrait s’améliorer « beaucoup » au cours des prochains mois.
La clé de cette amélioration repose sur le transfert de certaines responsabilités du ministère de la Culture et des Communications vers la Ville. Ce transfert permettrait à Terrebonne de délivrer elle-même les autorisations requises pour les travaux en zone patrimoniale, évitant ainsi aux citoyens de devoir obtenir des approbations auprès de deux instances.
« Les gens feraient la demande de permis et on donnerait aussi la même autorisation que le ministère donne dans d’autres titres », a expliqué Mme Létourneau.
La démarche est actuellement en cours auprès des sous-ministres et de la permanence du ministère. Ce processus administratif ne devrait pas être affecté par les élections provinciales attendues à l’automne, assure le conseiller municipal du Vieux-Terrebonne et président de la commission du patrimoine et de l’aménagement du territoire, Charles Messier.
« C’est la bureaucratie plus que la politique », a-t-il résumé.
Une enveloppe à surveiller
Environ 200 bâtiments du Vieux-Terrebonne sont désormais protégés par la désignation officielle, contre seulement sept bâtiments classés et 31 bâtiments cités auparavant.
Cette protection élargie soulève toutefois la question du financement.
« On aura moins d’argent, mais plus de besoins », a admis Charles Messier, rappelant que l’ancien programme disposait de surplus alors que le nouveau devra soutenir un territoire beaucoup plus vaste.
Le conseiller demeure néanmoins optimiste. Selon lui, le statut de site patrimonial reconnu par le gouvernement constituera un argument de poids pour obtenir des enveloppes supplémentaires, au besoin.
Parmi les bénéficiaires déjà accompagnés figurent notamment le Collège Saint-Sacrement et l’église du secteur, qui peuvent avoir accès à des subventions pouvant atteindre 750 000 $.
Impact sur la valeur foncière
La désignation patrimoniale n’aura toutefois pas d’effet immédiat sur l’évaluation foncière des propriétés du secteur.
Charles Messier précise que cette reconnaissance ne déclenchera pas automatiquement une révision des rôles d’évaluation.
« Ça vient avec ce que les propriétaires des bâtiments nous soumettent comme projet », soutient-il.
À plus long terme, les élus espèrent toutefois renforcer l’attractivité du secteur.
« On aimerait que ce soit une destination en soi, que tous les Québécois sachent un peu ce que c’est », a déclaré Charles Messier.
Le conseiller souhaite un équilibre entre les besoins des commerçants, des résidents et des touristes. Il estime également que le secteur gagnerait à miser davantage sur le verdissement afin de réduire les îlots de chaleur.
« Plus on aura d’arbres, plus on aura de verdissement, mieux ce sera. »
Il s’attend également à ce que l’accès au cœur du Vieux-Terrebonne soit facilité, tant pour le stationnement que pour les déplacements à pied.
Photo Dany Baribeau
Site patrimonial reconnu
Le Vieux-Terrebonne entre dans l’histoire
Le Décret 745-2026 s’appuie sur la recommandation du ministre de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe, qui avait préalablement obtenu l’avis du Conseil du patrimoine culturel du Québec.
« C’est avec beaucoup d’enthousiasme que je vous annonce aujourd’hui que le Conseil des ministres a officialisé la protection du Vieux-Terrebonne comme 14e site en importance au Québec en termes de centre-ville patrimonial », a déclaré le maire de Terrebonne, Mathieu Traversy, sur sa page Facebook.
Cette reconnaissance, de l’avis du maire, constituera un legs hors du commun pour les générations futures de Terrebonne. Avec plus de 350 ans d’histoire, Terrebonne est très loin de l’image de banlieue-dortoir qui lui est attribuée, défend le maire « On a un centre-ville historique hors du commun qui fait notre fierté », a-t-il déclaré.
Photo courtoisie – Le territoire du PIIA Vieux-Terrebonne.
« Un ancien bourg » reconnu plus tôt que prévu
Le conseiller du district 12-Vieux-Terrebonne, Charles Messier, souligne que si la nouvelle avait été annoncée en juillet dernier, il ne s’attendait pas à ce que le processus s’officialise aussi rapidement. Ce type de démarche peut habituellement s’étaler sur trois ans, fait-il remarquer. Il admet également qu’une certaine inquiétude planait quant à un éventuel changement de gouvernement qui aurait pu compromettre le projet « mais là, avec la CAQ, qui est encore en pouvoir, puis qui vient d’officialiser ça, on est content. »
La Gazette officielle rappelle le rôle déterminant joué par l’ancien bourg juché dans la Seigneurie de Terrebonne dans le développement économique de la région de Montréal et du Québec, particulièrement durant la première moitié du XIXᵉ siècle.
Elle souligne notamment la richesse et la diversité des sites archéologiques du secteur, qui témoignent d’activités industrielles, domestiques et institutionnelles. La trame orthogonale des rues, héritée du XVIIIᵉ siècle, et la densité des grands îlots bâtis sont toujours reconnaissables dans le paysage urbain actuel, indique le document.
C’est un site qui revêt une importance capitale pour les résidents du Vieux-Terrebonne qui ont accueilli la nouvelle avec liesse. Selon Charles Messier, la mobilisation citoyenne autour du patrimoine du Vieux-Terrebonne remonte à plus de 60 ans, bien que le mouvement se soit nettement accéléré au cours des six ou sept dernières années.
Photo Dany Baribeau Charles Messier, conseiller municipal du district 12 – Vieux-Terrebonne et président de la Commission de l’aménagement et du patrimoine ainsi que du Conseil local du patrimoine, se réjouit de la reconnaissance officielle du Vieux-Terrebonne à titre de site patrimonial.
Une reconnaissance et des exigences
Le site patrimonial compte désormais 200 bâtiments protégés, alors que, jusqu’ici, seuls 7 étaient classés et 31 cités. L’entretien des bâtiments sera soumis à certaines exigences supplémentaires. L’enveloppe extérieure étant déjà encadrée, les contraintes au quotidien devraient demeurer relativement mineures, indique le conseiller.
Charles Messier rappelle qu’un Plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) est déjà en vigueur à Terrebonne, couvrant un périmètre allant de la rue Moody jusqu’au parc Donat-Belisle et légèrement au nord de la rue Saint-Louis. Ce plan régit déjà le choix des matériaux pour les fenêtres, portes, revêtements extérieurs et balcons. Dans le périmètre du site patrimonial désigné, ces normes seront maintenues, auxquelles s’ajouteront quelques exigences particulières.
Photo Dany Baribeau
Selon le conseiller, certains travaux, comme l’abattage d’arbres ou les excavations dépassant sept pouces de profondeur, nécessiteront un permis spécial, « parce qu’on peut toujours trouver des vestiges archéologiques dans le sol », fait-il remarquer.
L’avantage principal réside dans l’achalandage touristique que le site devrait générer à l’échelle du Québec. « Ce ne sera que de bonnes nouvelles pour les commerçants qui sont en traitement en lien avec les touristes », se réjouit M. Messier.
Photo Page Facebook de MicroKlimat Coiffure - Leica Leclerc, propriétaire du salon MicroKlimat Coiffure dans le Vieux-Terrebonne, affirme observer une amélioration graduelle de la situation dans le secteur.
Une rencontre tenue le 4 mai entre les membres du Conseil consultatif du Vieux-Terrebonne et le Service de police a permis de faire le point sur les préoccupations soulevées.
Le conseiller Charles Messier, également membre du Comité consultatif, confirme la mise en place de plusieurs mesures en vue de rétablir la situation et redonner un sentiment d’apaisement aux citoyens. Selon M. Messier, l’Unité mobile d’intervention (UMI) est en déploiement depuis le 17 mai. Des patrouilles à vélo et à pied ont également été mises en place, avec un accent particulier sur les parcs, les bars et les restaurants en soirée.
Selon le conseiller, la présence de l’unité mobile d’intervention dans le quartier était déjà prévue de façon régulière avant même la tenue de la rencontre de suivi entre le comité consultatif et les responsables policiers. « Mais là, vraiment, on va s’assurer qu’il y ait une tournée des bars, des restaurants le soir, la nuit, encore plus fréquemment que ce qui était prévu », précise-t-il.
Leica Leclerc, propriétaire du salon MicroKlimat Coiffure et figure de proue de la mobilisation citoyenne et qui avait pris la parole au conseil municipal pour dénoncer des cas de harcèlement et d’agressions sexuelles dans le secteur, constate déjà des changements sur le terrain.
« Nous, on a vu une augmentation aussi de la sécurité policière dans le Vieux-Terrebonne. Avant, on voyait environ une voiture par jour. Là, ils passent plutôt 4 ou 5 fois par jour », note l’entrepreneure.
Des chantiers pour l’éclairage et les caméras amorcés
Sur le plan de l’éclairage, la Ville a procédé à un recensement des ampoules défectueuses ou brûlées dans le Vieux-Terrebonne. Les réparations sont imminentes. Des luminaires supplémentaires seront également installés dans certaines rues secondaires ainsi qu’au stationnement temporaire Saint-Joseph, un endroit ciblé par les résidents comme particulièrement sombre et peu sécuritaire.
Du côté des caméras, une dizaine d’appareils supplémentaires seront déployés à Terrebonne, bien que les emplacements précis n’aient pas encore été confirmés, une analyse des besoins étant en cours. Par ailleurs, un registre des caméras privées sera créé prochainement. Les citoyens volontaires pourront y inscrire leurs caméras de sécurité domestiques, notamment celles intégrées aux sonnettes, afin que la police puisse y accéder rapidement en cas d’incident.
« […] on va demander aux citoyens qui sont volontaires s’ils acceptent qu’en cas d’incident, on puisse avoir accès aux bandes enregistrées par leur caméra de sécurité », indique le conseiller municipal.
Renforcement des travailleurs de rue
Mme Leclerc, qui réclamait une présence accrue de travailleurs de rue, indique avoir rencontré des représentants de l’organisme Le Trajet, qui s’est engagé à être plus présent dans le Vieux-Terrebonne cet été. Elle prévoit également une rencontre avec la députée provinciale Catherine Gentilcore afin d’explorer des pistes de financement qui permettraient de renforcer les ressources communautaires sur le terrain. « On espère pouvoir débloquer des subventions au niveau de Québec pour venir aider un peu plus les organismes communautaires de la région », explique-t-elle.
Le conseiller Messier rappelle l’importance pour les citoyens de déclarer tout incident à la police. « Si les gens ne nous disent pas ce qui se passe, c’est difficile d’intervenir. On se base sur ce qui nous est rapporté », a souligné Véronik Gravel, conseillère politique au cabinet du maire, reconnaissant que la peur et la méfiance peuvent freiner les signalements.
La police appelle également la population à dénoncer systématiquement les vols de colis, un phénomène bien documenté dans le secteur, afin de permettre aux enquêteurs de retrouver les auteurs.
Suivi à l’automne
Le Comité consultatif du Vieux-Terrebonne se réunira de nouveau en septembre pour faire le bilan des mesures mises en place au cours de l’été. Le conseiller Messier se veut rassurant quant à la priorité accordée au dossier.
« Nous allons accentuer notre présence sur le terrain, notamment dans les bars et les secteurs plus achalandés », soutient M. Messier, précisant que cette approche se poursuivra, particulièrement durant la saison estivale, alors que le Vieux-Terrebonne attire beaucoup de visiteurs. « Par la suite, nous continuerons d’intervenir selon les besoins. »
Pour Leica Leclerc, si les premiers signaux sont encourageants, la vigilance reste de mise. Elle entend continuer à suivre l’évolution de la situation de près et à servir de relais entre les citoyens, les commerçants et les autorités.
Photo courtoisie Ville de Terrebonne - Le maire Mathieu Traversy (à gauche) avec des partisans du Canadien lors d'une soirée projection.
Aussi inusité que vrai, c’est ce qui a mené à la naissance des rassemblements extérieurs qu’organise la Ville de Terrebonne ce printemps. Parallèlement, le maire Mathieu Traversy y songeait. Il avait visité la grande ville à l’occasion d’une joute éliminatoire des Canadiens de Montréal. « Ça m’a fait réfléchir », avoue-t-il, mais la ville lanaudoise est allée de l’avant pour cette première sur son territoire.
De vouloir est une chose, de le faire en est une autre. Or, Terrebonne – plus particulièrement le Vieux-Terrebonne – n’est pas étranger à des événements culturels et spectacles. « De la faire de cette manière-là », nuance l’élu de Terrebonne, est une tout autre paire de manches. « Ça peut paraître simple de projeter une partie », ajoute Mathieu Traversy, « mais ça prend des droits de diffusion, un lieu sécuritaire et une connexion internet capable d’assurer la projection. » Il attribue des points bonis à la rapidité de la diffusion, afin de ne pas se faire divulgâcher un but en entendant les voisins célébrer avant eux.
Le maire s’est montré honnête, la fièvre des séries et la mise en place des soirées projections ont fait devancer les dates d’ouverture des terrasses. Le « rush », comme le dit M. Traversy, présente de nouveaux défis organisationnels. Il préfère en rire, mais au fur et à mesure que le parcours du tricolore se poursuit, les arbres, quant à eux, gagnent des feuilles et bouchent légèrement la vue. Il rapporte que les écrans seront réaménagés conséquemment.
Au final, l’initiative répond non seulement à la demande du jeune homme, mais elle répond à un public plus large. « Ce n’est pas la même clientèle » que celle qui se rassemble au centre-ville de Montréal. Mathieu Traversy le perçoit plutôt comme un « rassemblement intergénérationnel », où les familles et amis de tous âges s’y trouvent gratuitement. « Nos craintes n’ont pas été avérées. Les gens sont dans un état positif, festif, rassembleur. Tout cela s’est fait dans un environnement extrêmement positif pour tous. » En d’autres mots, aucune voiture n’a été renversée.
Maintenant, le souci sur lequel l’élu veut se concentrer, c’est la corrélation entre une sortie extérieure et la défaite, citant que la « seule chose que j’avais peur, c’est qu’à chaque fois que Terrebonne projette, le Canadien perd. » Au moins, il se console que le premier match de la finale de l’Est contre les Hurricanes ait renversé la malheureuse tendance.
Photo tirée de la page Facebook de Mathieu Traversy
Les Canadiens de Montréal affrontent les Sabres de Buffalo en deuxième ronde des séries de la LNH. Le Tricolore mène 2 à 1 après sa victoire de 6 à 2 dimanche dernier au Centre Bell.
Photo Dany Baribeau
Une dizaine de citoyennes et de commerçantes ont pris la parole au conseil municipal de Terrebonne pour dénoncer une montée des agressions et un sentiment d’insécurité dans le Vieux-Terrebonne depuis la fermeture du poste de quartier.
Un homme d’une quarantaine d’années, qui, selon elle, se dirigeait initialement vers la route 25, aurait fait demi-tour dès qu’il l’a croisée pour la prendre en filature.
Elle explique avoir tenté plusieurs manœuvres pour le semer, se dirigeant vers des rues résidentielles et faisant semblant de téléphoner, sans succès. « […] Il continue la route, mais en se retournant à quelques occasions, comme pour voir vraiment dans ma direction. […] il s’arrête. Il fait quelques étirements au bord du trottoir en regardant encore dans ma direction. […] il prend le petit bout de chemin qui mène au barrage. […] il m’attendait au barrage, mine de rien. Il faisait comme s’il regardait l’eau », explique Mme Arguin.
Elle dit l’avoir confronté, le pointant du doigt et lui signifiant qu’elle appellerait la police. Il a nié la suivre, invoquant son circuit habituel d’exercice, avant de poursuivre son chemin, indique la sexagénaire.
Depuis l’incident, Lucie Arguin, qui fréquente Terrebonne depuis des années avant de s’y établir il y a environ un an, a changé ses habitudes de marche. Elle ne fait plus son circuit habituel sans être accompagnée d’une amie.
La séance municipale comme tribune
Lucie Arguin n’est pas la seule à avoir vécu pareil incident. Des commerçants et résidents du Vieux-Terrebonne se disent préoccupés par des cas de harcèlement, d’agressions sexuelles et de vols dans le secteur. Une situation qu’ils attribuent à la fermeture du poste de police de proximité.
Ils étaient une dizaine — victimes, résidents et commerçants — à prendre la parole lors de la séance ordinaire du 21 avril, présentant au conseil municipal un portrait qu’ils jugent alarmant de leur quartier. « Depuis la fermeture du poste de police à proximité de notre quartier, les enjeux se multiplient : trafic humain et sexuel, agressions envers les femmes, vols, plaintes liées au bruit et à la vitesse. Toutes ces situations entraînent un sentiment d’insécurité grandissant [au sein de la population du Vieux-Terrebonne.] »
Mobilisés par Leica Leclerc, propriétaire du salon MicroKlimat Coiffure dans le Vieux-Terrebonne, ils réclament l’éradication de ces pratiques dans le secteur. « Au salon, nous avons malheureusement dû intervenir à plusieurs reprises dans des situations hors de contrôle et faire appel aux autorités policières pour des situations de violence envers les femmes […] Des femmes sont aussi venues se réfugier, dans notre salon situé sur la rue Sainte-Marie, juste ici à côté, après avoir été suivies sur plusieurs rues ainsi que quelques quartiers. »
Elle rapporte avoir retrouvé dans le quartier une femme à moitié dévêtue, visiblement très intoxiquée, couverte de bleus et inconsciente de l’endroit où elle se trouvait. Après l’avoir ramenée au salon, elle dit avoir découvert une autre femme dans un état similaire à proximité, qui croyait se trouver à Montréal.
« En discutant avec la police, on a su que l’une venait de Toronto, l’autre de Brossard », explique-t-elle, soulignant que les deux femmes avaient déjà été retrouvées dans des situations similaires et fichées par les autorités policières dans des contextes liés au trafic sexuel.
Mme Leclerc rapporte que certaines clientes lui ont confié avoir été agressées à leur sortie des bars du secteur et qu’elle les a référées au CALACS.
Photo Dany Baribeau
Une réalité difficile à mesurer
Pour Mme Leclerc, son entreprise est bien plus qu’un salon. Il s’agit « d’un lieu de partage, d’écoute et d’implication dans notre communauté ». Ancienne intervenante psychosociale, elle dénonce la situation et rappelle que la sécurité de la communauté doit être une priorité.
Soulignant un sentiment d’insécurité grandissant dans le secteur, elle réclame le renforcement de la présence policière, l’ajout de caméras de surveillance, la présence de travailleurs de rue pour faire de la prévention notamment près des bars et des restaurants, ainsi qu’un meilleur éclairage dans les coins isolés, comme le stationnement Saint-Joseph.
Le sergent Vincent Charbonneau du Service de police de Terrebonne précise que depuis le déménagement du poste de commandement en 2024, le secteur Terrebonne, qui englobe le Vieux-Terrebonne et les environs, est passé de 25 % à 22 % des appels reçus par le service. Une diminution qui indique une baisse de la criminalité rapportée dans ce secteur, nuance-t-il.
Il reconnaît toutefois que les événements non signalés à la police lui échappent entièrement. « On a une diminution de la criminalité rapportée dans ce secteur-là. Mais cela existe quand même. S’il y a des événements que les gens ne rapportent pas à la police, on n’en a pas connaissance », soutient-il. M. Charbonneau annonce le déploiement dès le 17 mai d’une équipe multidisciplinaire, notamment à vélo, dédiée spécifiquement aux bars et aux secteurs achalandés. Il mentionne également qu’un plan de stratégie en sécurité urbaine est en cours d’élaboration pour l’été, en fonction des données de criminalité.
La Ville en prend acte
Le maire Mathieu Traversy annonce l’adoption d’une politique sur l’usage de caméras de surveillance dans les lieux publics. Celles-ci seront déployées au cours des prochains mois « afin d’assurer une surveillance en continu dans certains points plus chauds de la ville.
Le Conseil consultatif du Vieux-Terrebonne tiendra prochainement une rencontre où la question de la sécurité dans le secteur sera à l’ordre du jour. Le directeur du Service de police, M. Benoît Bilodeau, devrait y prendre part afin de discuter de ces enjeux, indique le maire.