Pour trouver leur bureau de vote, les électeurs n’ont qu’à entrer leur code postal en ligne sur le site d’Élections Canada ou à téléphoner au 1 800 463-6868. Ceux qui souhaitent un service plus rapide peuvent aussi entrer leurs renseignements en ligne à l’avance, imprimer un certificat d’inscription prérempli et l’apporter au bureau de vote.
Pour s’inscrire et voter, les électeurs doivent prouver leur identité et leur adresse à l’aide de pièces d’identité acceptées. Ils doivent résider dans la circonscription de Terrebonne depuis le 8 mars 2026 pour être admissibles.
Des élections partielles se tiennent le même jour dans deux autres circonscriptions canadiennes, soit Scarborough-Sud-Ouest et University–Rosedale, toutes deux en Ontario.
Photo Iona Mousli - Terrebonne aux urnes : Le suspense sera-t-il encore au rendez-vous?
L’exercice, animé par le président-directeur général de la Chambre de commerce et d’industrie Les Moulins, Pierre Berthiaume, a permis à la candidate libérale et à la bloquiste de réitérer leur vision pour la circonscription, et à la conservatrice de se présenter.
Adrienne Charles du Parti conservateur du Canada, confirmée seulement le 11 mars dernier, la libérale Tatiana Auguste et la bloquiste Nathalie Sinclair-Desgagné ont confronté leurs positions sur les grands enjeux économiques de la région et sur des dossiers brûlants tels que l’immigration, le TGV Alto et le chantier Saint-Maurice, tout en livrant leurs priorités respectives.
Si la conservatrice et la bloquiste se sont rejointes sur plusieurs points, dressant toutes deux le constat d’une gestion fédérale défaillante, la libérale, elle, défendait les mesures déjà en place, promettant de placer Terrebonne à la table des décisions.
Photo Iona Mousli – Les trois candidates à l’élection partielle du 13 avril dans Terrebonne, face à la communauté d’affaires, au Club de Golf Le Mirage.
L’économie : trois visions, un même diagnostic
Face aux tarifs américains et à leur impact sur les entreprises de la région, les trois candidates ont reconnu que la menace tarifaire échappe au contrôle d’Ottawa, mais en présentent chacune une lecture différente.
Tatiana Auguste a défendu la stratégie libérale, citant la diversification des marchés, les nouveaux partenariats et les grands projets d’infrastructure. « On ne peut pas contrôler ce qui se passe aux États-Unis, mais je pense qu’on est déjà sur une bonne lancée », a-t-elle déclaré, défendant les mesures de baisse d’impôt de 1 %, l’allocation fédérale pour l’épicerie et la réduction du taux d’imposition des PME à 9 %.
Adrienne Charles a, de son côté, misé sur l’élimination de la bureaucratie, la réduction de la paperasse et le développement des ressources naturelles du pays. « Le Canada est riche, non seulement en pétrole et en minerais, et détient à lui seul 20 % des réserves mondiales d’eau douce accessible. On n’est pas censé être dans la situation qu’on est avec toutes les ressources qu’on a », a-t-elle lancé.
Pour Nathalie Sinclair-Desgagné, le Québec est systématiquement la première victime des tarifs américains. En 2025, dit-elle, les exportations québécoises vers les États-Unis ont chuté deux fois plus vite que dans le reste du Canada. « Quand l’industrie de l’automobile va mal, on se précipite pour l’aider. Mais jamais un député libéral ou conservateur ne va se lever pour les entreprises du Québec », a-t-elle martelé.
Sur la gestion budgétaire, la bloquiste et la conservatrice ont fait front commun, estimant que le premier ministre Mark Carney a réussi à doubler le déficit de son prédécesseur Justin Trudeau. Nathalie Sinclair-Desgagné a évoqué le scandale Curam et ses 5 milliards en dépassements de coûts, appelant à une meilleure gestion des fonds publics. « J’appuie totalement Mme Sinclair-Desgagné », a renchéri Adrienne Charles, précisant que le message de la bloquiste trouve écho chez les conservateurs et qu’il s’agit là de leur mot d’ordre.
Un groupe représentant le mouvement Le communautaire à boutte, ainsi que la directrice du Cégep de Lanaudière, Mme Geneviève Perreault, ont fait part aux candidates de leurs préoccupations face aux coupes budgétaires qui compromettent leur fonctionnement. Les candidates se sont engagées à examiner la situation et à y apporter des solutions.
Photo Iona Mousli : « Les candidates Adrienne Charles, Nathalie Sinclair-Desgagné et Tatiana Auguste ont pris part à un débat dans la circonscription de Terrebonne. »
PEQ : la promesse brisée des travailleurs étrangers
Adrienne Charles déplore un système d’immigration « brisé ». Selon elle, le Québec a reçu plus d’immigrants qu’il ne pouvait en intégrer, ce qui a exercé une pression sur le logement, le système de santé et l’éducation. Elle propose toutefois un délai de cinq ans pour permettre aux entreprises de garder leurs travailleurs, « particulièrement dans les régions où le taux de chômage est en dessous de 5,5 % ».
Nathalie Sinclair-Desgagné abonde dans le même sens, estimant qu’« il n’est pas normal qu’on ne nous consulte pas sur les cibles et qu’on laisse rentrer autant de gens sans penser à la particularité du Québec ».
La libérale a défendu le délai d’un an accordé par Ottawa pour permettre au Québec de préciser quels travailleurs il souhaite retenir. « La balle est maintenant dans le camp du gouvernement du Québec de nous dire qui il veut garder, dans quelles industries et combien », a-t-elle indiqué.
Les trois candidates ont convenu que la complexité des programmes fédéraux constitue un frein réel pour les entrepreneurs. Nathalie Sinclair-Desgagné explique que lorsqu’elle était députée, son bureau organisait chaque année un « café de la députée » pour expliquer les programmes ouverts et fermés à la suite du budget. Tatiana Auguste a évoqué l’envoi régulier de communiqués aux entreprises et l’accompagnement offert par son bureau. Adrienne Charles a misé sur sa rigueur professionnelle, héritée de ses années en laboratoire médical. « J’ai le souci du détail, le souci du travail bien fait. Je serai là pour vous », a-t-elle promis.
Photo Iona Mousli : « Des membres de la communauté ont assisté à la rencontre de la CCIM, où les candidates ont présenté leurs priorités pour la circonscription de Terrebonne. »
Priorités
Nathalie Sinclair-Desgagné a réclamé de vraies audiences publiques et s’est opposée aux expropriations forcées. Tatiana Auguste, quant à elle, soutient une consultation sur le tracé du TGV. Toutefois, sa priorité immédiate est de collaborer avec la Ville pour débloquer des fonds pour l’échangeur Urbanova, a-t-elle indiqué. Pour Adrienne Charles, « dans l’heure actuelle, [le TGV] n’est vraiment pas notre priorité. Notre priorité, c’est le coût de la vie et l’accès à la propriété pour nos jeunes. »
Concernant le champ de tir Saint-Maurice, ancien terrain militaire situé en plein cœur de la ville et qui représente une facture colossale pour la Ville, Nathalie Sinclair-Desgagné a soulevé le principe du pollueur-payeur, déplorant que Terrebonne se retrouve avec l’entièreté de la facture pour un terrain contaminé par le fédéral.
Tatiana Auguste a tenu à préciser qu’il s’agit de deux enjeux distincts : la partie du terrain déjà cédée à la Ville pour la construction de l’échangeur Urbanova, et celle encore détenue par le gouvernement fédéral. « Ce n’est pas une facture qui est en ce moment à la Ville pour le reste du champ de tir », a-t-elle nuancé, précisant que des négociations sont en cours. « Tout le monde au ministère de la Défense m’a entendu », a-t-elle assuré. Adrienne Charles a promis de céder les terres fédérales et d’appuyer la décontamination.
Le 13 avril, Terrebonne ne votera pas seulement pour sa députée. Si les libéraux balayent également les deux circonscriptions torontoises en jeu, Mark Carney décrochera sa majorité. Une candidate conservatrice ou bloquiste élue siégera alors dans l’opposition, mais avec des leviers limités.
C’est le nombre le plus élevé parmi les trois circonscriptions où se tiennent des partielles.
Au total, environ 37 900 électeurs ont voté par anticipation dans l’ensemble des trois élections partielles en cours, selon les données préliminaires publiées par le directeur général des élections, Stéphane Perrault. Scarborough-Sud-Ouest en Ontario a enregistré 10 300 votes et University–Rosedale, également en Ontario, 9 400.
Les bureaux de vote par anticipation étaient ouverts de 9 h à 21 h chacune des quatre journées. Élections Canada précise que ces données demeurent estimatives, certains bureaux n’ayant pas encore communiqué leurs résultats.
Photo Phoeby Laplante - Le chef du Parti québécois M. Paul Saint-Pierre Plamondon soutient le porte-à-porte à Terrebonne aux côtés du Bloc Québécois.
La course est de plus en plus serrée entre les candidates, pour qui les appuis se multiplient. Paul St-Pierre Plamondon croit que Nathalie Sinclair-Desgagné est la personne tout indiquée pour défendre les intérêts du Québec. Il remet en cause la volonté d’Ottawa à travailler dans l’intérêt du Québec, affirmant que le Bloc Québécois est trop souvent « le premier témoin de cette propension du Canada à sacrifier les intérêts du Québec dans les négociations ».
« Il y a là un signal à envoyer pour la défense des intérêts du Québec à l’aube de négociations avec les États-Unis […] » Il faut, selon lui, « une députée chevronnée qui est là pour veiller aux intérêts du Québec au cours des prochains mois ».
Une majorité assurée pour les libéraux
En plus de Terrebonne, les libéraux veulent mettre la main sur deux autres circonscriptions le 13 avril prochain — University–Rosedale et Scarborough–Sud-Ouest, à Toronto — ce qui leur assurerait une majorité confortable. En se plaçant aux côtés du Bloc, le PQ entend barrer la route à Carney à Terrebonne et éviter, dit-il, que le Québec ne soit négligé à la table des négociations.
« C’est drôle que ce soit Mark Carney qui ait dit qu’il vaut mieux être à table que d’être au menu. Si vous voulez l’assurance que le Québec n’est pas au menu, allez chercher des députés qui s’occupent précisément de ça. Parce que ça, c’est un véritable risque », déclare Paul St-Pierre Plamondon.
Selon le chef péquiste, le Québec est trop souvent tenu à l’écart des prises de décision, ce qui lui fait payer le prix fort. M. St-Pierre Plamondon en veut pour preuve la récente visite en Chine de Mark Carney. « À ce que je sache, le Québec n’a pas été consulté. La conséquence a été des représailles des États-Unis, mais auprès de qui, finalement ? D’une entreprise québécoise, Bombardier », soulève-t-il.
« Donc, c’est important d’avoir des députés qui sont 100 % dédiés à l’intérêt du Québec et 100 % dans la prudence nécessaire qu’on doit avoir, comme Québécoises et Québécois, vis-à-vis de la santé de notre économie. »
Paul St-Pierre Plamondon invite les citoyens à voter en fonction de leurs intérêts et des enjeux qui les préoccupent, et non en fonction des intérêts du fédéral, qui, dit-il, cherche une majorité. À l’approche des négociations commerciales avec Washington, il appelle à un rééquilibrage en faveur des intérêts québécois, soulignant que le véritable risque se situe sur le plan commercial et non ailleurs, et qu’il faudra des négociateurs expérimentés et déterminés pour le gérer.
Photo Iona Mousli - Le Cégep de Lanaudière fait un pas vers l’utilisation responsable de l’intelligence artificielle générative.
Le document encadre, soutient et harmonise l’usage de ces technologies au sein de la communauté collégiale et en établit les principes pour une utilisation responsable.
Le document enjoint à déclarer toute utilisation de l’IAG lorsque celle-ci contribue à une part significative d’un travail, et met en garde contre la soumission de données sensibles ou protégées à une plateforme d’IAG. Ces outils doivent soutenir les capacités humaines, et non les remplacer, stipule le document.
La Charte découle d’un long processus de consultation entre les membres du personnel entre autres et s’inscrit dans les recommandations des guides d’utilisation de l’IA dans les cégeps et les universités fournis par le gouvernement du Québec. Ce processus de concertation, précise la directrice générale du cégep de Lanaudière, Geneviève Perreault, a permis non seulement de dégager un consensus, mais aussi de sensibiliser la communauté collégiale aux principaux enjeux, notamment la protection des renseignements personnels. De plus, la Loi 25 à laquelle l’établissement est soumis a guidé les démarches pour baliser clairement l’utilisation de l’IA.
« Notre Cégep choisit de se positionner de manière proactive afin de soutenir une utilisation adéquate de l’IA générative. Pour nous, l’innovation doit s’accompagner d’encadrement, de transparence et d’un profond respect de nos valeurs éducatives. Cette Charte permettra à notre communauté de progresser avec confiance et intégrité, tout en demeurant à l’avant-garde des pratiques du réseau collégial », souligne Mme Perreault.
Stratégie pour une technologie en pleine évolution
Le Cégep de Lanaudière regroupe les campus de Joliette, L’Assomption et Terrebonne. S’ils jouissent chacun d’une autonomie pédagogique, ils sont tous soumis à la charte élaborée afin de sensibiliser l’ensemble des acteurs, précise la directrice. « Alors, nous, on prend ça au sérieux. On a un positionnement stratégique à cet effet-là. Puis, il y a des principes avec lesquels on ne veut pas négocier », tranche Mme Perreault, précisant que « cette première mouture, bien que simple en apparence, envoie quand même des principes forts pour l’organisation ».
La charte servira de fondement pour l’élaboration de règles pédagogiques propres à chacun des trois campus du cégep de Lanaudière et à la formation continue. Il s’agit d’harmoniser les pratiques et d’accompagner les étudiants vers une utilisation responsable des technologies émergentes.
« […] Dans chacun de nos collèges constituants, il y a des comités pédagogiques qui se sont mis en place. Je vous dirais que quelque part d’ici la fin de la prochaine session, au début de la prochaine, on aura des plans beaucoup plus structurés sur [la façon dont] cette charte-là va se déployer par la suite de façon pédagogique dans l’enseignement ».
Sensibilisation
Si la charte a été bien accueillie par la communauté collégiale, le travail de sensibilisation auprès des étudiants reste à faire. « On est à l’étape de la sensibilisation, établir le plan de communication », précise Mme Perreault, ajoutant que les principes éthiques qui orientent la démarche visent avant tout à soutenir les pratiques sur le terrain.
On suppose souvent que les jeunes adoptent ces outils sans recul, soulève la directrice qui dit observer plutôt une génération lucide, consciente des enjeux sociaux et sociétaux que soulève l’intelligence artificielle. « Je pense qu’on peut leur faire confiance », affirme-t-elle, se disant satisfaite de la réception jusqu’à présent.
La directrice annonce également la mise sur pied d’un comité permanent, chargé d’alimenter les réflexions pédagogiques et d’assurer le lien avec l’institution.
Photo Marie-Ève Larente - Stéphanie Francoeur et Fannie Leblanc sont coéditrices de l’ouvrage Hygiéniste dentaire et femme d’affaires : portrait de pionnières québécoises dont la parution est prévue au mois de juin.
Les femmes présentées dans l’ouvrage ont été parmi les premières à ouvrir des cliniques d’hygiène dentaire indépendantes au Québec, souligne-t-elle.
Pour l’autrice, il s’agit non seulement de mettre en lumière le parcours de ces pionnières, mais aussi de témoigner des difficultés auxquelles elles ont fait face en démarrant leurs entreprises. « Ça a été beaucoup de travail pour finalement démarrer ces entreprises-là. Ça met un peu en lumière leur parcours, puis aussi leurs embûches, comment elles ont surmonté les difficultés », précise-t-elle.
Avant l’obtention de l’autonomie professionnelle, ouvrir un cabinet était tout simplement impossible pour les hygiénistes dentaires. « On a vraiment gagné l’autonomie professionnelle, puis c’est maintenant possible pour les hygiénistes d’ouvrir leur propre cabinet », se réjouit Mme Francoeur.
Des avancées considérables
La modification de la Loi 15 confère, depuis 2020, l’autonomie de pratique aux hygiénistes dentaires, leur permettant d’ouvrir leur propre cabinet. Mais il reste du chemin à parcourir. « Le plus difficile reste les personnes qui travaillent en clinique d’hygiène dentaire mobile. De pouvoir se déplacer, c’est plus difficile parce qu’on peut voir moins de gens par jour », souligne-t-elle, appelant à un soutien gouvernemental pour faciliter leurs déplacements.
Cette réforme a également entraîné une refonte complète du programme scolaire de technique en hygiène dentaire, qui intègre désormais des notions d’entrepreneuriat. Fannie Leblanc, hygiéniste dentaire et coéditrice de l’ouvrage, espère que ce dernier deviendra un manuel scolaire dans les cégeps, garantissant ainsi sa pérennité et son impact à long terme.
Mme Leblanc est convaincue qu’au-delà de leur mission de soigner, les hygiénistes dentaires ont aussi la responsabilité de prévenir et de former. « Ce n’est pas ce que l’hygiéniste fait une fois par six mois dans la bouche du patient qui fait la différence. C’est ce que le patient fait au quotidien à la maison. » Les contraintes de temps en cabinet ne laissaient guère de place aux enseignements d’hygiène, déplore-t-elle. C’est ce qui l’a poussée à créer sa propre entreprise d’éducation et de prévention, avec laquelle elle se déplace pour donner des ateliers et des conférences auprès de diverses clientèles.
La MRC Les Moulins n’est pas en reste en matière d’hygiène dentaire indépendante. « Plusieurs cliniques d’hygiène dentaire ont vu le jour ici. C’est une belle alternative pour vivre les soins dentaires autrement. Les hygiénistes qui ont leur propre cabinet ont plus de latitude au niveau du temps accordé aux patients et aux enseignements d’hygiène », fait remarquer Fannie Leblanc.
Les femmes sous-représentées en entrepreneuriat
Selon des données disponibles sur le site du gouvernement du Québec, près de 98 % des hygiénistes dentaires sont des femmes. Or ces dernières demeurent sous-représentées en entrepreneuriat, déplore Stéphanie Francoeur qui entend « mettre de l’avant le fait que les femmes peuvent démarrer des entreprises et vivre des réussites entrepreneuriales ».
Même si le titre de l’ouvrage est décliné au féminin, il accorde tout de même une place à un témoignage masculin, afin d’encourager d’autres hommes à rejoindre cette profession encore majoritairement féminine.
L’ouvrage s’adresse à tout public, permettant à chacun de découvrir une profession qui a connu des changements réglementaires importants. « Pour les hygiénistes, ça donne des modèles d’inspiration. Pour les décideurs, ça permet de voir tout ce que les hygiénistes peuvent apporter au système de santé québécois », explique Mme Francoeur. Le livre pourrait également orienter des jeunes en quête de carrière ou des personnes souhaitant se réorienter professionnellement.
La prévente de l’ouvrage Hygiéniste dentaire et femme d’affaires : portrait de pionnières québécoises débutera le 1er avril, et la parution officielle est prévue pour juin.
Photo tirée du site de la Fondation de l’alphabétisation - Pour la 27e édition de la Lecture en cadeau, 12 341 livres jeunesse distribués dans Lanaudière.
Cette initiative de prévention en littératie permet la remise de 147 039 livres jeunesse neufs à des enfants de 0 à 12 ans vivant en milieux défavorisés, grâce à la mobilisation d’alliés à travers le Québec. Dans Lanaudière, 12341 ouvrages ont été distribués.
En favorisant l’accès aux livres et le plaisir de lire dès l’enfance, le programme s’inscrit dans une approche de prévention visant à soutenir la réussite éducative à long terme. Selon la Fondation, plus un enfant est mis en contact tôt avec le livre, meilleur sera son rapport à la lecture tout au long de sa vie. Aimer lire aide à mieux réussir à l’école.
Votre hebdo s’est entretenu avec Patrick Lutzy, président du conseil d’administration de La Fondation pour l’Alphabétisation, qui note une belle évolution au fil des années dans le programme La lecture en cadeau : « Il y a une dizaine d’années, on était à 25 000, 30 000 livres. On a connu, au fil du temps, une très grande progression ».
Au Québec, près de 47 % des jeunes âgés de 16 à 24 ans présentent un niveau de littératie insuffisant pour répondre aux exigences de la vie quotidienne, des études et du travail. « Les gens sont capables de lire, mais ils ne comprennent pas ce qu’ils lisent. Ils ne sont pas capables de se [résumer] ce qu’ils lisent », souligne Lutzy. Pour les adultes, on parle de 52 %.
Comment les livres sont-ils recueillis et distribués ?
La Fondation cible les établissements les plus défavorisés de chaque région, notamment en recourant à l’indice de milieu socioéconomique (IMSE), calculé par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. Les groupes d’enfants récipiendaires sont ensuite choisis selon la disponibilité des livres par groupe d’âge et de manière à assurer une répartition équitable. Les livres sont toujours distribués à un groupe d’enfants, une classe par exemple, pour ne pas stigmatiser les enfants les plus défavorisés du groupe.
Les livres doivent respecter quelques critères pour être éligibles, soit d’être neufs, de s’adresser à des enfants de 0 à 12 ans, être en français ou en anglais et être amusants. Par exemple : bandes dessinées, albums illustrés, livres cartonnés ou plastifiés, petits romans, livres sur les animaux ou les insectes, ou livres animés. Pour un enfant issu d’un milieu défavorisé, ce livre est souvent le premier livre neuf qu’il reçoit. L’enfant apprécie d’autant plus la valeur d’un livre neuf, surtout dans un contexte où ce livre a été choisi spécialement pour lui par un donateur inconnu. Pour les livres usagés (donc inéligibles), l’organisme encourage les gens à les envoyer dans leurs centres communautaires, dans des organismes de dons de vêtements et d’articles usagés ou encore dans des croques-livres.
Les autres programmes de la Fondation
Le programme Info-apprendre offre un service d’aide, d’écoute et de référence en éducation afin d’orienter les personnes vers les meilleures formations au Québec selon leurs besoins. Des milliers de Québécois y trouvent un accompagnement pour développer leurs compétences professionnelles.
Le service Info-Alpha, pour sa part, soutient les adultes éprouvant des difficultés en lecture, en écriture et en calcul. Environ 600 ressources en alphabétisation et en formation de base, issues des secteurs public et communautaire, sont répertoriées afin de diriger les demandeurs vers les organismes appropriés dans les différentes régions.
Chaque année, les bourses Retour réussite, soutenues par la Fondation Desjardins, récompensent 20 apprenants ayant repris leurs études. Depuis leur création, 125 lauréats ont reçu un total de 165 000 $.
L’initiative Enrichir s’adresse aux travailleurs adultes et aux organisations souhaitant promouvoir l’apprentissage en milieu de travail. Finalement, le programme interne Alpha réussite permet de mener des études sur l’alphabétisation et la littératie au Québec. Ces travaux portent également sur divers enjeux connexes, notamment les retombées économiques et des analyses comparatives à l’échelle canadienne.
Photo courtoisie - Le projet de train à grande vitesse reliant Québec à Toronto suscite des préoccupations dans plusieurs régions, dont Lanaudière.
Alors que le gouvernement fédéral souhaite accélérer le développement de cette infrastructure majeure, certains élus et citoyens s’inquiètent des impacts possibles sur le territoire et des changements législatifs proposés pour faciliter l’acquisition de terrains.
Le réseau envisagé s’étendrait sur près de 1 000 kilomètres entre Québec et Toronto, avec des trains électriques pouvant atteindre environ 300 km/h et reliant notamment Québec, Trois-Rivières, Montréal, Ottawa et Toronto. Le projet est considéré comme l’un des plus importants chantiers d’infrastructures au pays et pourrait générer des dizaines de milliers d’emplois pendant sa construction.
Du train à grande fréquence au train à grande vitesse
Le projet actuel diffère toutefois de la proposition initiale de train à grande fréquence (TGF) portée par VIA Rail. Ce concept, présenté en 2016, visait surtout à améliorer la fiabilité et la fréquence du service grâce à des voies dédiées aux passagers, sans atteindre les vitesses d’un véritable TGV.
Depuis 2025, Ottawa a plutôt choisi de développer un train à grande vitesse, une solution plus rapide mais aussi beaucoup plus coûteuse. Le projet, évalué à plusieurs dizaines de milliards de dollars, est actuellement en phase de co-développement entre la société d’État Alto et un consortium privé chargé d’en préciser le tracé et les caractéristiques techniques.
Un corridor à l’étude dans le sud de Lanaudière
Le 14 janvier dernier, Alto dévoilait un corridor d’étude d’environ dix kilomètres de large de Québec à Toronto. Dans la région métropolitaine, les études préliminaires évoquent un corridor potentiel qui longerait notamment les axes autoroutiers existants, dont le secteur de Mirabel et des Laurentides, afin de déterminer un tracé plus précis cet automne.
Dans Lanaudière, le passage du train ne serait envisagé qu’à une phase ultérieure du projet. Le gouvernement fédéral a indiqué vouloir commencer par le tronçon Montréal–Ottawa avant d’étendre le réseau vers l’est et l’ouest. « On veut régler la question interprovinciale avant de prolonger le trajet de chaque côté », a mentionné M. Imbleau, PDG d’Alto, en entrevue à Laval lors des consultations publiques.
Le projet de loi C-15 au cœur des préoccupations
Le débat s’est intensifié avec l’étude du projet de loi fédéral C-15, un projet de loi omnibus lié au budget qui prévoit notamment des modifications à la Loi sur l’expropriation afin d’accélérer l’acquisition de terrains pour certains grands projets d’infrastructure.
Le député bloquiste, Jean-Denis Garon, a notamment demandé au gouvernement fédéral de renoncer à ces changements et de tenir des consultations publiques complètes avec les citoyens et les agriculteurs concernés.
« Quand on exproprie, le gros bout du bâton est toujours dans les mains de celui qui veut acheter. Si on enlève les protections juridiques au vendeur, son pouvoir de négociation disparaît », s’indigne M. Garon.
Des préoccupations partagées dans les municipalités
Plusieurs élus municipaux ont également exprimé des inquiétudes quant à la méthode employée pour présenter le projet et aux impacts possibles sur les terres agricoles.
Des consultations publiques ont par ailleurs été organisées dans différentes municipalités, dont Terrebonne au début du mois de février, afin de présenter les scénarios étudiés et de recueillir les commentaires des citoyens.
Le maire Mathieu Traversy se dit déçu du processus de portes ouvertes déployé depuis le début de l’année par Alto : « Nos citoyens doivent pouvoir participer de façon réelle et significative à l’élaboration de ce projet. C’est pourquoi nous demandons des consultations publiques en bonne et due forme qui permettront aux personnes et organisations intéressées de se faire entendre et d’obtenir des réponses à leurs préoccupations. »
Même son de cloche du côté de Guillaume Tremblay, maire de Mascouche : « L’acceptabilité sociale ne se décrète pas : elle se construit à partir d’informations complètes et d’un dialogue ouvert. Plusieurs enjeux sont soulevés, notamment sur l’acquisition des terrains, les mesures de mitigation et l’intégration au milieu. Ces éléments doivent être discutés publiquement, avec des réponses claires et des ajustements possibles. »
Un projet encore en évolution
À ce stade, aucun tracé définitif n’a été arrêté et les études environnementales ainsi que les consultations devraient se poursuivre au cours des prochaines années.
Si ses promoteurs présentent le train à grande vitesse comme un projet structurant pour l’économie et la mobilité au Canada, plusieurs collectivités souhaitent néanmoins obtenir davantage de garanties quant aux impacts territoriaux et aux mécanismes d’acquisition des terrains avant que les décisions finales ne soient prises.
Photo courtoisie - La Table des préfets de Lanaudière exige une place à la table des décisions quant à l’application de certaines dispositions du projet de loi 11.
S’ils appuient l’objectif de simplification administrative, ils exigent d’être reconnus comme partenaires à part entière dans l’élaboration des règlements qui découleront du projet de loi 11.
Portée par le ministre délégué à l’Économie et aux Petites et moyennes entreprises Samuel Poulin, cette réforme vise à alléger le fardeau administratif et réglementaire des entreprises. Il propose notamment de remplacer chaque nouvelle réglementation par la suppression d’une ancienne « un pour un », de prolonger la durée des permis et de mandater le ministère de l’Économie à simplifier les processus.
Les préfets de Lanaudière reconnaissent que plusieurs mesures du projet de loi répondent à des préoccupations du milieu entrepreneurial. Ils rappellent toutefois que les décisions touchant la gestion forestière, l’aménagement du territoire et l’environnement ont des répercussions directes et concrètes sur leurs municipalités, leurs citoyens et sur le développement économique à long terme. « L’allègement réglementaire ne doit pas se faire au détriment de la prévisibilité, de la concertation territoriale, ni de la protection des intérêts des communautés locales », écrivent les autorités municipales dans un communiqué.
« Nous ne pouvons accepter que des changements d’une telle portée redéfinissent l’équilibre des pouvoirs sans une implication réelle et structurante des gouvernements de proximité », déclareIsabelle Perreault, présidente de la Table des préfets de Lanaudière dans un communiqué.
Pas de décisions en silo, disent les élus
Quant à la question forestière, la Table des préfets veut rester vigilante, rappelant que la révision de la tarification des bois et l’abolition de certaines structures soulèvent des questions fondamentales quant aux retombées économiques pour les territoires-ressources. Les élus réclament transparence et équité, insistant sur la nécessité d’être associés à la rédaction des nouveaux règlements.
Même exigence du côté environnemental. La Table reconnaît la volonté gouvernementale d’offrir plus de souplesse aux entreprises, elle refuse toutefois que cet assouplissement se fasse sans balise claire. « Le développement économique et la protection de la santé publique et des milieux naturels ne sont pas opposés : ils doivent progresser ensemble », lit-on dans le communiqué.
Certaines dispositions centralisatrices du projet de loi, notamment l’élargissement des pouvoirs en matière d’ententes internationales, inquiètent les préfets. Ces mesures risquent de marginaliser davantage les gouvernements de proximité dans des décisions qui touchent pourtant directement leurs territoires. « Les régions ne doivent pas seulement être consultées, martèle la Table, elles doivent être considérées comme des partenaires à part entière. »
Les élus lanaudois appuient l’objectif d’efficacité administrative, mais invitent le gouvernement à maintenir un équilibre entre allègement réglementaire, responsabilité environnementale et respect des compétences municipales. « C’est ainsi que nous pourrons véritablement propulser nos régions de manière durable et concertée », concluent-ils.
Photo tirée du site de la Fondation Jean Lapointe.
Cette édition marquait un changement important : pour la première fois, les participants pouvaient relever le défi en janvier, en février ou pendant les deux mois. Cette nouvelle formule a attiré 288 participants dans Lanaudière et a contribué à renforcer la sensibilisation aux dépendances et aux habitudes de consommation d’alcool.
Les sommes recueillies permettront de soutenir les programmes de prévention, d’accompagnement des proches et de traitement des dépendances offerts par la Maison Jean Lapointe. Au cours du dernier exercice, 233 678 $ ont été consacrés à l’aide financière, permettant à 132 personnes — soit 26 % des résidents — d’accéder à un programme de traitement. Les initiatives de prévention de l’organisation ont également sensibilisé 1,3 million de jeunes au cours des deux dernières décennies.