Categories
Actualités

Une aide financière élargie pour restaurer le Vieux-Terrebonne

Cette admissibilité découle de la désignation du secteur comme site patrimonial déclaré du Québec, annoncée en mai 2026.

Le programme vise les bâtiments inventoriés situés dans le site patrimonial déclaré. Les interventions admissibles portent notamment sur des éléments caractéristiques extérieurs et doivent respecter les particularités patrimoniales des immeubles. L’appel de projets est ouvert jusqu’au 11 septembre 2026.

L’aide est offerte en partenariat avec le ministère de la Culture et des Communications du Québec et la Ville de Terrebonne. Pour des travaux de rénovation de portes et fenêtres coûtant 66 750 $, le remboursement pourrait atteindre le maximum prévu de 50 000 $.

Le Vieux-Terrebonne compte près de 200 bâtiments témoignant de plus de deux siècles d’histoire. « Le Vieux-Terrebonne est l’âme historique de notre ville. Cette nouvelle admissibilité à l’aide financière vient soutenir les efforts déployés depuis des décennies par les citoyens, les commerçants et la Ville afin de préserver ce patrimoine unique. C’est une excellente nouvelle pour les propriétaires qui souhaitent entreprendre des travaux de restauration tout en contribuant à la préservation de notre histoire pour les générations futures. », a déclaré le maire Mathieu Traversy.

Categories
Culture

Jam Tricot à Mascouche : Quand le patrimoine se tisse au rythme de la musique

Le bruit d’un violon, quelques accords de guitare, des aiguilles à tricoter qui s’activent et des conversations qui s’installent naturellement. Voilà l’ambiance que promet le Jam Tricot, une activité gratuite qui se tiendra le 27 août à la plage du village, au cœur du Vieux-Mascouche.

L’activité est organisée par la Société d’histoire de Mascouche, le volet patrimoine de la SODAM. Les participants sont invités à apporter leur instrument de musique traditionnelle — violon, accordéon, guitare ou autre — pour jouer avec d’autres musiciens dans une formule ouverte à tous. Ceux qui préfèrent simplement profiter de l’ambiance ou avancer un projet de tricot sont tout aussi les bienvenus. « Un jam, c’est une session de musique libre », explique Valérie Deselak, coordonnatrice de la Société d’histoire de Mascouche.

L’idée d’ajouter le tricot est née lors de la première édition, l’été dernier. Plusieurs personnes s’étaient alors installées avec leur ouvrage pendant que les musiciens jouaient. Devant cet engouement spontané, l’organisme a choisi d’intégrer officiellement cette dimension à l’événement.

Deux personnes jouent de la guitare acoustique assises face à face en plein air de nuit, éclairées par une lumière violette
Photo : Société d’histoire de Mascouche

Le patrimoine au cœur du rendez-vous

Le Jam Tricot s’inscrit dans la volonté de la Société d’histoire de Mascouche de faire découvrir le patrimoine vivant.

« On s’intéresse au patrimoine immatériel, à tout ce qui se transmet entre les générations. Le Jam Tricot s’inscrit pleinement dans cette démarche », souligne Mme Deselak.

Le choix du Vieux-Mascouche s’est imposé naturellement. Avec ses bâtiments patrimoniaux, son église Saint-Henri et sa place publique, le quartier offre un décor qui rappelle les origines de la municipalité. L’activité permettra également de découvrir la musique traditionnelle, bien présente dans Lanaudière, mais moins souvent mise de l’avant dans le sud de la région.

« Quand on va à la rencontre de nouvelles personnes, le temps s’arrête un peu. On dépose le téléphone et on prend simplement le temps d’échanger », conclut Mme Deselak.

Le 27 août, musique et tricot se retrouveront ainsi côte à côte à la plage du village, dans un rendez-vous qui fera vivre à sa façon les traditions du Vieux-Mascouche.

Categories
Actualités

Le maire de Mascouche défend la démolition de la maison du meunier

Le moulin adjacent, lui, sera restauré, conservé et intégré au projet de parc métropolitain.

Selon le maire, les études commandées par la Ville ont démontré que le coût de restauration de la maison du meunier était trop élevé et que le bâtiment était difficilement récupérable dans son état actuel.

Il rappelle par ailleurs que la Ville a investi 5 millions de dollars pour restaurer l’hôtel de ville, pierre par pierre, et qu’elle verse annuellement des subventions aux propriétaires de bâtiments patrimoniaux. Il s’agit, selon lui, d’efforts qui démontrent l’engagement municipal envers le patrimoine, malgré les limites de ses moyens.

Problème de financement provincial

La Ville avait déposé, peu après l’acquisition du Domaine seigneurial en 2015, un projet évalué à 49 millions de dollars auprès du gouvernement du Québec. Québec se serait alors montré emballé par l’initiative, dans la foulée du lancement du programme des Espaces bleus, et aurait confirmé une aide avoisinant les 15 millions de dollars. « Même le premier ministre était venu ici à la bibliothèque de Mascouche en disant qu’il suivait le projet de très près et que c’était un projet très intéressant. »

M. Tremblay affirme toutefois que le gouvernement s’est ensuite retiré du projet, forçant la Ville à revoir ses ambitions à la baisse pour en faire un projet entièrement municipal. La Ville n’avait que deux options, dit-il : soit abandonner complètement le projet et laisser les bâtiments se dégrader, soit agir de façon responsable en tenant compte de sa capacité financière réelle, tout en respectant une gestion rigoureuse des finances publiques, indique le maire.

« Moi je suis fier d’être à la tête d’un conseil de ville, avec l’administration qui a pris en charge, en disant qu’on va garder le moulin, on va le rénover, on va se faire un projet à la grandeur de Mascouche. »

Un enjeu qui dépasse la responsabilité municipale

Pour M. Tremblay, la préservation du patrimoine ne devrait pas reposer uniquement sur les épaules des municipalités. Il cite en exemple le succès de la mise en valeur de l’Île-des-Moulins à Terrebonne, rendue possible grâce à d’importantes subventions provinciales et fédérales dans les années 1970 et 1980. Il déplore que Mascouche n’ait pas reçu de soutien au même niveau pour son propre projet, tout en reconnaissant sa part de responsabilité.

« Si le gouvernement avait été là pour nous aider, on ne serait pas là aujourd’hui. Ça fait 10 ans qu’on est en demande auprès de ce gouvernement-là pour avoir des subventions. Ils ont fait des choix qui leur appartiennent », lâche-t-il.

Le maire rappelle par ailleurs que le gouvernement avait annoncé la création d’un réseau d’Espaces bleus à travers le Québec, mais que seulement deux ou trois auraient été réalisés avant que le programme ne soit interrompu.

Un retard d’une dizaine d’années

Prévu à l’origine sur 12 ans, le projet en est aujourd’hui à sa treizième année et devrait finalement être livré après 16 ans. Selon M. Tremblay, la Ville prendra possession du site rénové, incluant le moulin conservé, en 2029.

Le nouveau parc comprendra notamment un réseau d’environ 25 km de sentiers aménagés dans la forêt domaniale, au nord de la rivière Mascouche, avec un accès gratuit pour les citoyens, précise le maire, qui assure que le stationnement et les autres aménagements seront bonifiés graduellement, au gré des disponibilités budgétaires de la Ville.

Le moulin du Domaine seigneurial sera restauré, mais la maison du meunier adjacente sera démolie.

Categories
Actualités

L’avenir du Vieux-Terrebonne, au-delà de la désignation

Hausse des demandes de permis, nouvelles ressources spécialisées, surveillance accrue et enjeux de financement : les retombées de cette reconnaissance se font déjà sentir.

Depuis le début de l’année 2026, la Direction de l’urbanisme durable de Terrebonne a engagé une conseillère en patrimoine dédiée exclusivement au patrimoine. « Elle travaillait au ministère de la Culture et des Communications auparavant », a précisé Arianne Létourneau, cheffe de vision, planification urbaine et réglementation, soulignant que la nouvelle ressource maîtrise déjà les rouages du système provincial de subventions et d’autorisations.

Depuis la recommandation du ministre de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe, de faire du Vieux-Terrebonne le 14e site patrimonial déclaré en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel, en juillet 2025, le nombre de demandes a largement dépassé les prévisions initiales.

« On pensait avoir une douzaine de demandes par année, mais finalement, on en a eu 20 jusqu’à maintenant », a indiqué Mme Létourneau, précisant que cette cadence pourrait éventuellement se stabiliser.

À cela s’ajoutent de nouveaux inspecteurs déployés sur le terrain, chargés d’effectuer des rondes de surveillance, de transmettre l’information aux propriétaires et de s’assurer du respect de la réglementation.

Des délais reconnus

Les demandes de permis en lien avec le Vieux-Terrebonne ont augmenté de telle manière que les délais de traitement se sont étirés.

« Depuis un an, on doit admettre que c’est plus lent qu’avant », a reconnu la responsable, tout en affirmant que la situation devrait s’améliorer « beaucoup » au cours des prochains mois.

La clé de cette amélioration repose sur le transfert de certaines responsabilités du ministère de la Culture et des Communications vers la Ville. Ce transfert permettrait à Terrebonne de délivrer elle-même les autorisations requises pour les travaux en zone patrimoniale, évitant ainsi aux citoyens de devoir obtenir des approbations auprès de deux instances.

« Les gens feraient la demande de permis et on donnerait aussi la même autorisation que le ministère donne dans d’autres titres », a expliqué Mme Létourneau.

La démarche est actuellement en cours auprès des sous-ministres et de la permanence du ministère. Ce processus administratif ne devrait pas être affecté par les élections provinciales attendues à l’automne, assure le conseiller municipal du Vieux-Terrebonne et président de la commission du patrimoine et de l’aménagement du territoire, Charles Messier.

« C’est la bureaucratie plus que la politique », a-t-il résumé.

Une enveloppe à surveiller

Environ 200 bâtiments du Vieux-Terrebonne sont désormais protégés par la désignation officielle, contre seulement sept bâtiments classés et 31 bâtiments cités auparavant.

Cette protection élargie soulève toutefois la question du financement.

« On aura moins d’argent, mais plus de besoins », a admis Charles Messier, rappelant que l’ancien programme disposait de surplus alors que le nouveau devra soutenir un territoire beaucoup plus vaste.

Le conseiller demeure néanmoins optimiste. Selon lui, le statut de site patrimonial reconnu par le gouvernement constituera un argument de poids pour obtenir des enveloppes supplémentaires, au besoin.

Parmi les bénéficiaires déjà accompagnés figurent notamment le Collège Saint-Sacrement et l’église du secteur, qui peuvent avoir accès à des subventions pouvant atteindre 750 000 $.

Impact sur la valeur foncière

La désignation patrimoniale n’aura toutefois pas d’effet immédiat sur l’évaluation foncière des propriétés du secteur.

Charles Messier précise que cette reconnaissance ne déclenchera pas automatiquement une révision des rôles d’évaluation.

« Ça vient avec ce que les propriétaires des bâtiments nous soumettent comme projet », soutient-il.

À plus long terme, les élus espèrent toutefois renforcer l’attractivité du secteur.

« On aimerait que ce soit une destination en soi, que tous les Québécois sachent un peu ce que c’est », a déclaré Charles Messier.

Le conseiller souhaite un équilibre entre les besoins des commerçants, des résidents et des touristes. Il estime également que le secteur gagnerait à miser davantage sur le verdissement afin de réduire les îlots de chaleur.

« Plus on aura d’arbres, plus on aura de verdissement, mieux ce sera. »

Il s’attend également à ce que l’accès au cœur du Vieux-Terrebonne soit facilité, tant pour le stationnement que pour les déplacements à pied.