Photo tirée du site de la Ville de Terrebonne - Le Service de police de Terrebonne/Sainte-Anne-des-Plaines/Bois-des-Filion a procédé à l'arrestation d'un homme de 32 ans à la suite d'un vol qualifié dans une bijouterie des Galeries de Terrebonne.
Le Service de police de Terrebonne/Sainte-Anne-des-Plaines/Bois-des-Filion a reçu un appel vers 15 h 10 signalant le vol. Le suspect a pris la fuite à bord d’un véhicule après avoir dérobé des bijoux. Déjà connu des policiers, il a été localisé à sa résidence de Saint-Constant, où il a été arrêté sur place.
Une perquisition effectuée à son domicile a permis de recueillir des éléments de preuve. Steven Girard Roy, 32 ans, est accusé de vol qualifié et de bris de probation. Il a été gardé détenu à la suite de sa comparution.
L’enquête se poursuit, puisque le suspect pourrait être lié à d’autres vols qualifiés commis à Terrebonne et dans d’autres secteurs.
Toute personne détenant des informations sur cet événement ou sur des activités criminelles peut communiquer avec le Service de police au 450 471-4121 ou avec la ligne Échec au crime au 1-800-711-1800.
Ces propos d’une violence inouïe ont incité les partis politiques de l’Assemblée nationale à adopter, à l’unanimité, une motion du Parti Québécois visant à modifier la Loi sur la police, afin d’interdire, au Québec, les insultes et injures contre des agents de la paix sur le terrain.
La vidéo en question montre la policière afficher un calme olympien face à une salve d’injures, de la part de l’automobiliste, visiblement interpellé pour des vitres teintées jugées illégales. Ce dernier n’a écopé d’aucune amende, parce qu’à Montréal, il n’existe aucun outil pour sanctionner les insultes envers les policiers.
À Terrebonne, un règlement municipal encadre, depuis 2015, ce type de comportement. Le Règlement R-4001 sur la paix, l’ordre public et le bien-être général. Adopté par le conseil municipal de la Ville de Terrebonne le 11 mai 2015, il interdit d’insulter, d’injurier ou de gêner un membre de la Direction de la police ou un agent de la paix lors d’une intervention policière.
Selon l’outil en question, le policier visé par les insultes donne à la personne en cause un constat d’infraction, au même titre qu’une infraction au Code de la sécurité routière. Cette personne risque une amende de 200 $ à 1000 $, et en cas de récidive dans les 24 mois, l’amende passe de 400 $ à 2000 $.
Le sommet de la pyramide
Malgré le règlement en vigueur, subir des insultes ou de la violence verbale en intervention est le quotidien des policiers et policières à Terrebonne, confie une agente de police jointe au téléphone. « Les policiers se font constamment insulter », lâche-t-elle.
Même constat du côté du vice-président exécutif de la Fraternité des policiers de la Ville de Terrebonne, Jean-Philippe Gagné, qui dit observer que le règlement n’a pas un effet dissuasif réel sur le terrain. Cependant, jamais ses membres n’ont eu à essuyer des propos d’une telle violence, fait-il remarquer.
« C’est un cas d’exception au niveau de la gravité des [propos]. Ce cas-là, c’est le top de la pyramide », insiste-t-il.
Vincent Charbonneau, capitaine aux affaires publiques de la police de la Ville de Terrebonne, reconnaît pour sa part que des propos à caractère misogyne ont déjà été adressés à des policières de Terrebonne. « Je suis certain que c’est déjà arrivé », admet-il, précisant que ces incidents ne sont pas répertoriés de façon spécifique.
Face à ce type de comportement, l’arrestation n’est pas la réponse privilégiée, établit-t-il, expliquant que les policiers gardent leur calme, regagnent leur véhicule et procèdent en deux temps. D’abord, ils émettent le constat d’infraction lié à l’interception initiale, « exemple une limite de vitesse, un stop ou des défectuosités sur le véhicule », ensuite, un second constat pour les insultes ou injures proférées durant l’intervention.
« […] Des fois, il va peut-être déjà avoir une arrestation pour une infraction criminelle. Et à travers l’infraction criminelle, la personne détenue va aussi insulter et injurier l’agent. Et là, c’est seulement un constat d’infraction qui est donné. Il n’y a pas d’arrestation à ce moment-là », explique M. Charbonneau, insistant sur le fait que chaque intervention étant unique, c’est à l’agent sur le terrain d’évaluer la situation et de décider de la marche à suivre en fonction de ce qu’il observe.
Le vice-président exécutif de la Fraternité des policiers de la Ville de Terrebonne affirme que dans un cas semblable à celui de la vidéo, l’automobiliste aurait certes reçu un constat d’infraction, mais la situation aurait pu aussi se solder par une arrestation, si les insultes s’étaient poursuivies. « On pourrait finir par l’arrêter pour mettre fin à l’infraction », déclare-t-il.
Moins qu’une protection, davantage un outil contre la violence verbale
M. Gagné ne croit pas que le règlement puisse protéger les forces de l’ordre contre ce type de comportement. Il s’agit, selon lui, d’un outil de négociation permettant de « faire désescalader » la situation. « Ça va faire réfléchir les gens quand tu leur [dis] qu’ils peuvent avoir une amende excessivement salée ».
Le mieux, selon le capitaine Charbonneau, « c’est de garder son calme face à la situation et de privilégier le dialogue ». La formation des policiers en matière d’intervention et de désescalade leur permet de comprendre la situation et de « tempérer les propos », explique-t-il.
« Le but, c’est justement de ne pas aggraver la situation. »
Les citoyens qui contreviennent au règlement agissent, selon lui, sans égard au sexe de l’agent en présence. « [..] C’est souvent l’uniforme ou le travail qui se fait insulter », souligne-t-il, rappelant qu’aucun agent n’est à l’abri des insultes malgré le règlement.
Photo Cassandra Beck - Les Éternels pigistes présentent leur pièce Flambant nue, le 21 avril prochain, à la Salle Desjardins, à Terrebonne, et s’entretiendront avec le public, à la fin de la représentation.
Flambant nue, c’est la nouvelle pièce de théâtre écrite par Pierre-Michel Tremblay, co-fondateur de la troupe Les Éternels pigistes, première mouture, et qui réunit Isabelle Vincent, Christian Bégin, Pier Paquette et Marie Charlebois. L’auteur s’était commis à l’écriture scénique pour la troupe avec Quelques humains, Le rire de la Mer, Mille-Feuilles. Depuis, il enseigne à l’École nationale de l’humour ainsi qu’à l’Institut national de l’image et du son (INIS) et a participé à l’écriture de plusieurs séries dont Le club des 100 watts, le Grand Blond avec un show sournois, Un gars, une fille.
Quant aux Éternels pigistes, ils ne sont plus à présenter. Depuis la formation de leur compagnie en 1996, les comédiens ont déjà présenté huit pièces de théâtre.
De la réflexion à l’humour
Connus pour leur approche théâtrale entremêlant drame et humour sur fond d’interrelations humaines de plus en plus complexes, Les Éternels osent le questionnement sur scène. Ou si l’on préfère, l’exploration des profondeurs existentielles avec légèreté.
Pour Flambant nue, qui est en tournée au Québec depuis l’été dernier, on a souhaité présenter des personnages qui se questionnent sur différents aspects de la vie actuelle et le font sans ambages, abordant des thèmes aussi d’actualité que le rythme fou de la vie, la dépendance aux réseaux sociaux ou encore la polarisation actuelle dans le monde. Des aspects de la vie sur lesquels on se pose tous des questions.
« On retrouve le style tragicomique sketch, c’est ce qui nous interpelle, ce qu’on a envie de faire. C’est de la comédie noire, en fait. Mais on rit beaucoup, on réfléchit, on côtoie le comique et le tragique et ça, ça fait vraiment partie de notre dramaturgie en fait », assure la comédienne Marie Charlebois, en entrevue.
Marie Charlebois, elle, s’interroge sur le sens de sa vie. « Moi, mon personnage n’est pas capable de dormir, elle a toujours un hamster qui spin dans sa tête, qui se questionne sur sa place dans l’univers », explique la comédienne.
Dans un premier temps, chaque personnage livre un petit monologue, parle de ses préoccupations, en séance de thérapie chez le psychologue. Après, leurs préoccupations seront déclinées dans des sketchs qui viendront appuyer ce qui a été questionné, ce qui a été dit dans le monologue, laisse savoir Marie Charlebois.
« Je pense que tout le monde s’y reconnaîtra : on se pose la question sur les choix qu’on a fait qu’on aurait voulu ou qu’on aurait aimé ou pas faire. »
Cédrick Lapratte-Roy
Pour cette nouvelle pièce, Marie Charlebois n’a pas voulu plonger dans la mise en scène, elle qui s’y est souvent adonnée lors des pièces antérieures de la troupe. « J’avais vraiment envie de m’amuser, d’être libre comme actrice », clame-t-elle.
La troupe s’est tournée vers Cédrick Lapratte-Roy, jeune metteur en scène de la relève, mais dont la réputation se bonifie depuis sa sortie de l’école de théâtre de Saint-Hyacinthe en 2016. Son porte-folio mentionne entre autres le Théâtre Denise-Pelletier et la pièce Terrain glissant qu’il y a présentée et s’affiche actuellement avec Glissant, glissant, au Centre du Théâtre d’aujourd’hui.
Marie Charlebois affirme que les membres de la troupe ont été unanimes sur Cédrick Lapratte-Roy lors de leur rencontre. « On avait envie d’aller avec quelqu’un de plus jeune pour ne pas rester dans notre univers. C’était bien important pour nous. On s’est senti comme s’il faisait partie de la gang depuis des années. Il n’y a pas eu clash de générations. Je pense que ce qu’il y a de beau dans la culture dans l’art, c’est qu’on se rejoint par ce qu’on veut dire, ce qu’on a envie de dire, peu importe l’âge qu’on a. On passe par peut-être les mêmes chemins. Mais la rencontre a été extraordinaire, puis Cédrick s’est aussi entouré de jeunes de sa génération », soutient la comédienne, emballée d’y voir des filles se consacrer à des tâches de production autrefois assumées par des hommes.
« Ce sont toutes des filles aux décors, aux costumes, aux sons, lumières. Deux filles nous accompagnent pour la tournée. C’est très drôle. Les autres sont techniciennes, elles montent le show, conduisent le camion, défont le décor, puis elles sont très bonnes », raconte avec amusement et fierté la comédienne.
Celui-ci a choisi une mise en scène simple, sans décors excessifs. Le metteur en scène a choisi de placer ses personnages sur des cubes, en vue d’évoquer des buildings, un non-lieu même, laissant le spectateur dans l’imaginaire, tout en y assurant une ambiance, une atmosphère. « Je pense que c’est beaucoup inspiré du cinéaste Anderson dans les couleurs pastels et il a voulu créer ce monde-là par les couleurs », relève la comédienne.
Quoi qu’il en soit, un titre comme Flambant nue ne peut qu’être déconcertant, tant par son propos universel que par son traitement teinté d’humour noir et interprété par quatre comédiens, dont le talent n’est plus à démontrer.
Photo courtoisie - Le chèque de près de 6 milliards de dollars doit financer des projets de transport qui auraient des retombées directes à Mascouche et Terrebonne.
En vigueur depuis le 1er avril dernier, le nouveau Fonds pour le transport en commun du Canada (FTCC) répartit une enveloppe de 25 milliards de dollars entre l’ensemble des provinces.
Le président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et maire de Mascouche, Guillaume Tremblay, ne mâche pas ses mots pour dénoncer ce qu’il appelle le manque de volonté des deux paliers de gouvernement à s’entendre sur un cadre de financement pour les projets de transport collectif à travers la province.
« Ce serait inacceptable de perdre cet argent qui pourrait servir à améliorer la mobilité dans nos communautés », martèle-t-il. « Pendant ce temps, d’autres provinces reçoivent leur part du gâteau pour réaliser des projets structurants », ajoute-t-il, appelant à une entente rapide. « Il est minuit moins une dans ce dossier ».
La Saint-Jean, échéance ultime
Le Québec est la seule province canadienne sans projet approuvé, alors que toutes ses voisines ont déjà encaissé leur part. Si l’argent continue de dormir à Ottawa, il pourrait être redirigé vers d’autres provinces, et ce sont les citoyens québécois qui en feraient les frais, déplore le maire.
Guillaume Tremblay fixe la fête nationale comme échéance pour que Québec signe cette entente. Il craint que l’arrivée imminente d’un nouveau gouvernement provincial ne complique encore davantage le dossier. « Le temps que le nouveau ministre des Transports comprenne les dossiers, ça va prendre encore bien du temps. C’est ça, notre crainte. »
Des projets structurants s’accumulent pendant que des promesses tardent à se concrétiser et que la population, elle, attend, affirme M. Tremblay. « On trouve ça vraiment malheureux que ce soit la population qui soit prise en otage pour des enjeux possiblement politiques », déplore-t-il, citant notamment le REM de l’Est parmi les nombreux projets qui, partout au Québec, sont toujours en attente de financement.
« On est un peu déçus de la situation. Encore une fois, c’est le monde municipal, ce sont les citoyens de nos villes qui sont toujours pris en otage à cause d’un manque de volonté des paliers de gouvernement à bien s’entendre », conclut Guillaume Tremblay.
Photo Élections Canada - Les électeurs de Terrebonne écriront eux-mêmes le nom du candidat de leur choix, le 13 avril prochain.
Les électeurs qui se rendront aux urnes ou qui voteront par anticipation devront eux-mêmes inscrire le nom du candidat de leur choix sur le bulletin de vote, plutôt que d’apposer le traditionnel « X » dans le cercle correspondant. Pour que le vote soit pris en compte, l’intention de l’électeur doit être claire, même si le nom du candidat est mal orthographié. Les électeurs peuvent également inscrire le nom du parti sur le bulletin, précise Élections Canada.
« Si le nom inscrit fournit à l’équipe chargée du dépouillement suffisamment d’informations pour déterminer l’intention de l’électeur, le bulletin sera pris en compte. Si l’intention de l’électeur n’est pas claire, le bulletin ne pourra pas être pris en compte », écrit Matthew McKenna, porte-parole de l’organisme.
Si l’électeur n’inscrit que le nom du parti, laisse le bulletin en blanc, ou s’il mentionne le nom d’une personne qui ne se présente pas dans cette circonscription, son vote ne sera pas pris en compte, prévient le responsable.
Une mesure qui inquiète
Le Bloc Québécois est monté au créneau, critiquant le bulletin de vote adapté prévu par Élections Canada dans la circonscription de Terrebonne. « La solution proposée par Élections Canada est pire que le mal. Elle suggère que les activistes ont réussi », a écrit le chef du Bloc Québécois, Yves-François Blanchet, sur son compte Facebook, dénonçant ainsi les activistes qui, selon lui, compliquent le processus électoral.
Pour la candidate libérale Tatiana Auguste, les enjeux d’accessibilité liés au bulletin de vote adapté sont une réelle préoccupation. Élections Canada doit mettre en place les mesures nécessaires, dit-elle, pour garantir que tous les citoyens puissent voter dans les meilleures conditions. « Donc, pour moi, ce sera à Élections Canada de gérer ça parce que la décision est déjà prise », indique-t-elle.
Le Comité du bulletin de vote le plus long, un groupe qui milite contre le système électoral actuel, a inscrit une quarantaine de candidats indépendants à l’élection partielle du 13 avril 2026 dans Terrebonne, forçant Élections Canada à revoir sa stratégie dans cette circonscription.
Si la nouvelle mesure vise à accommoder les électeurs, Élections Canada se dit consciente que ces changements pourraient réduire l’accessibilité du bulletin de vote pour certains. Toutefois, les électeurs pourront compter sur les travailleurs électoraux, qui font le serment de protéger le secret du vote, ainsi que sur l’aide d’un proche.
« Si un électeur pense avoir besoin d’aide, il est toujours conseillé de contacter à l’avance le bureau local d’Élections Canada afin de s’assurer qu’il bénéficiera du soutien nécessaire, indique l’organisme, précisant que « toute personne aidant un électeur à remplir ou à déposer son bulletin de vote doit signer une déclaration solennelle attestant qu’elle ne tentera pas d’influencer le choix de l’électeur, qu’elle remplira le bulletin conformément aux instructions de l’électeur et qu’elle préservera le secret du vote de l’électeur ».
Élections Canada rassure
L’organisme électoral met en œuvre des mesures visant à apaiser les craintes. Il dit s’appuyer sur l’expérience acquise lors des précédentes élections partielles, notamment celle de Battle-River Crowfoot, où un bulletin de vote similaire avait été utilisé. Selon Matthew McKenna, la plupart des électeurs avaient trouvé facile de voter et de remplir leur bulletin en blanc adapté.
« Le nombre de bulletins rejetés lors de l’élection partielle de Battle-River Crowfoot, où un bulletin similaire avait été utilisé, était bien inférieur à celui enregistré dans la même circonscription lors des élections fédérales de 2025, où un bulletin standard avait été utilisé », assure-t-il, précisant que l’organisme veille à ce que les électeurs sachent comment utiliser le bulletin adapté et puissent facilement vérifier le nom du candidat de leur choix au moment de voter.
Plusieurs dispositions sont prises pour faciliter le vote, telles que le renforcement de la formation du personnel, l’élaboration de nouveaux supports d’information et outils, et la mise en place d’aides supplémentaires dans les bureaux de vote.
Des leçons apprises
La décision d’un bulletin adapté s’appuie sur des expériences du passé où l’organisme a dû s’adapter à une liste de 91 candidats dans la circonscription de Carleton, en 2025 lors de la 45e élection générale.
« Nombre d’entre [les électeurs] ont déploré le manque d’accessibilité de ces bulletins et ont dit craindre que le secret du vote ne soit compromis », explique M. McKenna, soulignant des problèmes rapportés par le Comité consultatif sur les questions touchant les personnes handicapées.
Le bulletin de vote en blanc adapté permettra « de conserver les caractéristiques de sécurité et d’intégrité habituelles, comme la souche et le talon, dont n’étaient pas dotés les longs bulletins de certaines élections précédentes », assure Élections Canada.
Pour trouver leur bureau de vote, les électeurs n’ont qu’à entrer leur code postal en ligne sur le site d’Élections Canada ou à téléphoner au 1 800 463-6868. Ceux qui souhaitent un service plus rapide peuvent aussi entrer leurs renseignements en ligne à l’avance, imprimer un certificat d’inscription prérempli et l’apporter au bureau de vote.
Pour s’inscrire et voter, les électeurs doivent prouver leur identité et leur adresse à l’aide de pièces d’identité acceptées. Ils doivent résider dans la circonscription de Terrebonne depuis le 8 mars 2026 pour être admissibles.
Des élections partielles se tiennent le même jour dans deux autres circonscriptions canadiennes, soit Scarborough-Sud-Ouest et University–Rosedale, toutes deux en Ontario.
Photo Iona Mousli - Terrebonne aux urnes : Le suspense sera-t-il encore au rendez-vous?
L’exercice, animé par le président-directeur général de la Chambre de commerce et d’industrie Les Moulins, Pierre Berthiaume, a permis à la candidate libérale et à la bloquiste de réitérer leur vision pour la circonscription, et à la conservatrice de se présenter.
Adrienne Charles du Parti conservateur du Canada, confirmée seulement le 11 mars dernier, la libérale Tatiana Auguste et la bloquiste Nathalie Sinclair-Desgagné ont confronté leurs positions sur les grands enjeux économiques de la région et sur des dossiers brûlants tels que l’immigration, le TGV Alto et le chantier Saint-Maurice, tout en livrant leurs priorités respectives.
Si la conservatrice et la bloquiste se sont rejointes sur plusieurs points, dressant toutes deux le constat d’une gestion fédérale défaillante, la libérale, elle, défendait les mesures déjà en place, promettant de placer Terrebonne à la table des décisions.
Photo Iona Mousli – Les trois candidates à l’élection partielle du 13 avril dans Terrebonne, face à la communauté d’affaires, au Club de Golf Le Mirage.
L’économie : trois visions, un même diagnostic
Face aux tarifs américains et à leur impact sur les entreprises de la région, les trois candidates ont reconnu que la menace tarifaire échappe au contrôle d’Ottawa, mais en présentent chacune une lecture différente.
Tatiana Auguste a défendu la stratégie libérale, citant la diversification des marchés, les nouveaux partenariats et les grands projets d’infrastructure. « On ne peut pas contrôler ce qui se passe aux États-Unis, mais je pense qu’on est déjà sur une bonne lancée », a-t-elle déclaré, défendant les mesures de baisse d’impôt de 1 %, l’allocation fédérale pour l’épicerie et la réduction du taux d’imposition des PME à 9 %.
Adrienne Charles a, de son côté, misé sur l’élimination de la bureaucratie, la réduction de la paperasse et le développement des ressources naturelles du pays. « Le Canada est riche, non seulement en pétrole et en minerais, et détient à lui seul 20 % des réserves mondiales d’eau douce accessible. On n’est pas censé être dans la situation qu’on est avec toutes les ressources qu’on a », a-t-elle lancé.
Pour Nathalie Sinclair-Desgagné, le Québec est systématiquement la première victime des tarifs américains. En 2025, dit-elle, les exportations québécoises vers les États-Unis ont chuté deux fois plus vite que dans le reste du Canada. « Quand l’industrie de l’automobile va mal, on se précipite pour l’aider. Mais jamais un député libéral ou conservateur ne va se lever pour les entreprises du Québec », a-t-elle martelé.
Sur la gestion budgétaire, la bloquiste et la conservatrice ont fait front commun, estimant que le premier ministre Mark Carney a réussi à doubler le déficit de son prédécesseur Justin Trudeau. Nathalie Sinclair-Desgagné a évoqué le scandale Curam et ses 5 milliards en dépassements de coûts, appelant à une meilleure gestion des fonds publics. « J’appuie totalement Mme Sinclair-Desgagné », a renchéri Adrienne Charles, précisant que le message de la bloquiste trouve écho chez les conservateurs et qu’il s’agit là de leur mot d’ordre.
Un groupe représentant le mouvement Le communautaire à boutte, ainsi que la directrice du Cégep de Lanaudière, Mme Geneviève Perreault, ont fait part aux candidates de leurs préoccupations face aux coupes budgétaires qui compromettent leur fonctionnement. Les candidates se sont engagées à examiner la situation et à y apporter des solutions.
Photo Iona Mousli : « Les candidates Adrienne Charles, Nathalie Sinclair-Desgagné et Tatiana Auguste ont pris part à un débat dans la circonscription de Terrebonne. »
PEQ : la promesse brisée des travailleurs étrangers
Adrienne Charles déplore un système d’immigration « brisé ». Selon elle, le Québec a reçu plus d’immigrants qu’il ne pouvait en intégrer, ce qui a exercé une pression sur le logement, le système de santé et l’éducation. Elle propose toutefois un délai de cinq ans pour permettre aux entreprises de garder leurs travailleurs, « particulièrement dans les régions où le taux de chômage est en dessous de 5,5 % ».
Nathalie Sinclair-Desgagné abonde dans le même sens, estimant qu’« il n’est pas normal qu’on ne nous consulte pas sur les cibles et qu’on laisse rentrer autant de gens sans penser à la particularité du Québec ».
La libérale a défendu le délai d’un an accordé par Ottawa pour permettre au Québec de préciser quels travailleurs il souhaite retenir. « La balle est maintenant dans le camp du gouvernement du Québec de nous dire qui il veut garder, dans quelles industries et combien », a-t-elle indiqué.
Les trois candidates ont convenu que la complexité des programmes fédéraux constitue un frein réel pour les entrepreneurs. Nathalie Sinclair-Desgagné explique que lorsqu’elle était députée, son bureau organisait chaque année un « café de la députée » pour expliquer les programmes ouverts et fermés à la suite du budget. Tatiana Auguste a évoqué l’envoi régulier de communiqués aux entreprises et l’accompagnement offert par son bureau. Adrienne Charles a misé sur sa rigueur professionnelle, héritée de ses années en laboratoire médical. « J’ai le souci du détail, le souci du travail bien fait. Je serai là pour vous », a-t-elle promis.
Photo Iona Mousli : « Des membres de la communauté ont assisté à la rencontre de la CCIM, où les candidates ont présenté leurs priorités pour la circonscription de Terrebonne. »
Priorités
Nathalie Sinclair-Desgagné a réclamé de vraies audiences publiques et s’est opposée aux expropriations forcées. Tatiana Auguste, quant à elle, soutient une consultation sur le tracé du TGV. Toutefois, sa priorité immédiate est de collaborer avec la Ville pour débloquer des fonds pour l’échangeur Urbanova, a-t-elle indiqué. Pour Adrienne Charles, « dans l’heure actuelle, [le TGV] n’est vraiment pas notre priorité. Notre priorité, c’est le coût de la vie et l’accès à la propriété pour nos jeunes. »
Concernant le champ de tir Saint-Maurice, ancien terrain militaire situé en plein cœur de la ville et qui représente une facture colossale pour la Ville, Nathalie Sinclair-Desgagné a soulevé le principe du pollueur-payeur, déplorant que Terrebonne se retrouve avec l’entièreté de la facture pour un terrain contaminé par le fédéral.
Tatiana Auguste a tenu à préciser qu’il s’agit de deux enjeux distincts : la partie du terrain déjà cédée à la Ville pour la construction de l’échangeur Urbanova, et celle encore détenue par le gouvernement fédéral. « Ce n’est pas une facture qui est en ce moment à la Ville pour le reste du champ de tir », a-t-elle nuancé, précisant que des négociations sont en cours. « Tout le monde au ministère de la Défense m’a entendu », a-t-elle assuré. Adrienne Charles a promis de céder les terres fédérales et d’appuyer la décontamination.
Le 13 avril, Terrebonne ne votera pas seulement pour sa députée. Si les libéraux balayent également les deux circonscriptions torontoises en jeu, Mark Carney décrochera sa majorité. Une candidate conservatrice ou bloquiste élue siégera alors dans l’opposition, mais avec des leviers limités.
C’est le nombre le plus élevé parmi les trois circonscriptions où se tiennent des partielles.
Au total, environ 37 900 électeurs ont voté par anticipation dans l’ensemble des trois élections partielles en cours, selon les données préliminaires publiées par le directeur général des élections, Stéphane Perrault. Scarborough-Sud-Ouest en Ontario a enregistré 10 300 votes et University–Rosedale, également en Ontario, 9 400.
Les bureaux de vote par anticipation étaient ouverts de 9 h à 21 h chacune des quatre journées. Élections Canada précise que ces données demeurent estimatives, certains bureaux n’ayant pas encore communiqué leurs résultats.
Photo Phoeby Laplante - Le chef du Parti québécois M. Paul Saint-Pierre Plamondon soutient le porte-à-porte à Terrebonne aux côtés du Bloc Québécois.
La course est de plus en plus serrée entre les candidates, pour qui les appuis se multiplient. Paul St-Pierre Plamondon croit que Nathalie Sinclair-Desgagné est la personne tout indiquée pour défendre les intérêts du Québec. Il remet en cause la volonté d’Ottawa à travailler dans l’intérêt du Québec, affirmant que le Bloc Québécois est trop souvent « le premier témoin de cette propension du Canada à sacrifier les intérêts du Québec dans les négociations ».
« Il y a là un signal à envoyer pour la défense des intérêts du Québec à l’aube de négociations avec les États-Unis […] » Il faut, selon lui, « une députée chevronnée qui est là pour veiller aux intérêts du Québec au cours des prochains mois ».
Une majorité assurée pour les libéraux
En plus de Terrebonne, les libéraux veulent mettre la main sur deux autres circonscriptions le 13 avril prochain — University–Rosedale et Scarborough–Sud-Ouest, à Toronto — ce qui leur assurerait une majorité confortable. En se plaçant aux côtés du Bloc, le PQ entend barrer la route à Carney à Terrebonne et éviter, dit-il, que le Québec ne soit négligé à la table des négociations.
« C’est drôle que ce soit Mark Carney qui ait dit qu’il vaut mieux être à table que d’être au menu. Si vous voulez l’assurance que le Québec n’est pas au menu, allez chercher des députés qui s’occupent précisément de ça. Parce que ça, c’est un véritable risque », déclare Paul St-Pierre Plamondon.
Selon le chef péquiste, le Québec est trop souvent tenu à l’écart des prises de décision, ce qui lui fait payer le prix fort. M. St-Pierre Plamondon en veut pour preuve la récente visite en Chine de Mark Carney. « À ce que je sache, le Québec n’a pas été consulté. La conséquence a été des représailles des États-Unis, mais auprès de qui, finalement ? D’une entreprise québécoise, Bombardier », soulève-t-il.
« Donc, c’est important d’avoir des députés qui sont 100 % dédiés à l’intérêt du Québec et 100 % dans la prudence nécessaire qu’on doit avoir, comme Québécoises et Québécois, vis-à-vis de la santé de notre économie. »
Paul St-Pierre Plamondon invite les citoyens à voter en fonction de leurs intérêts et des enjeux qui les préoccupent, et non en fonction des intérêts du fédéral, qui, dit-il, cherche une majorité. À l’approche des négociations commerciales avec Washington, il appelle à un rééquilibrage en faveur des intérêts québécois, soulignant que le véritable risque se situe sur le plan commercial et non ailleurs, et qu’il faudra des négociateurs expérimentés et déterminés pour le gérer.
Photo Tyler Schank/NCAA Photos via Images Getty - Olivier Rioux quitte les Gators après deux saisons à Gainesville.
« Après réflexion et pour ce qui est de mieux pour mon futur, j’ai décidé d’intégrer le portail des transferts », peut-on lire dans un message publié sur son compte Facebook. Il mentionne également la difficulté de « trouver les mots pour décrire ce qu’ont été les deux dernières années » au sein du programme.
Le géant de 7’9 a initialement rejoint le programme universitaire en août 2024. Il avait annoncé son intention de joindre les rangs des Gators en novembre 2023.
Les Gators ont terminé la saison avec une fiche de 26 victoires et 7 défaites, en plus d’être classés quatrièmes au Top 25 de l’Associated Press. Ils figuraient aussi parmi les favoris pour remporter le Championnat national de la NCAA qu’ils avaient remporté l’année dernière.
Le Québécois a disputé 11 matchs cette saison, obtenant ses premières expériences en basketball universitaire. Il évoluait dans un rôle de réserviste à sa saison recrue.
Il a par ailleurs eu droit à du temps de jeu durant le tournoi du March Madness, la semaine dernière. Il a pris le parquet dans une varlope des siens face à Prairie View – la joute s’est conclue 114-55 à l’avantage des Floridiens. Les Gators ont vu leur tournoi se terminer prématurément, alors qu’Iowa a eu le meilleur d’eux dans les dernières secondes du duel de deuxième tour.
Olivier Rioux a complété son mot d’au revoir aux partisans des Gators en mentionnant que « le temps passé ensemble aura toujours une place spéciale dans [son] cœur ». Au moment d’écrire ces lignes, sa prochaine destination n’est pas connue.