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Économie

Terrebonne sur le point de conclure une entente historique

La Ville et le Groupe Montoni sont actuellement en discussions finales autour du développement de Terra 8, dont la conclusion est attendue à l’été 2026, assure M. Traversy.

L’entente de principe avec le Groupe Montoni, annoncée en novembre dernier, prévoit une période de vérification diligente de neuf mois, qui devrait se conclure aux alentours de juillet 2026. Le maire s’est dit très optimiste quant à l’issue des discussions, soulignant l’engagement sérieux de la société de développement depuis le début du processus d’appel de propositions.

« J’ai vu l’entreprise s’investir beaucoup dans l’appel de propositions qu’on a fait pour avoir un écoparc industriel. Je pense qu’ils sont très sérieux. J’ai confiance qu’on va trouver un terrain d’entente. Je suis très optimiste pour une grande annonce au niveau du développement économique à Terrebonne », confirme le maire.

Un levier de développement économique

Cet écoparc s’inscrit dans la vision de transition écologique de la Ville de Terrebonne. Il sera conçu comme un pôle d’emplois mixte, misant sur le développement de l’économie circulaire et l’autosuffisance énergétique, affirme la Ville. Le projet vise à offrir une flexibilité d’aménagement aux entreprises souhaitant adopter une approche de développement durable et intégrer des pratiques écoresponsables dans leur modèle d’affaires, indique-t-on.

Pour le maire, la proximité de l’écoparc Terra 8 avec le site d’enfouissement de Lachenaie peut se révéler un véritable atout, en attirant des entreprises capables de tirer profit des ressources générées par le site, notamment le gaz naturel renouvelable, le compost agro-industriel et la récupération des eaux filtrées.

« Je sais aussi que CEC travaille beaucoup sur le déploiement potentiel de d’autres types d’énergies renouvelables. Ça pourrait être au bénéfice des créateurs d’emplois et des industries qui viendront choisir Terrebonne comme siège social », dit-il.

Un projet d’envergure

Le projet de l’écoparc industriel, situé dans le secteur de Lachenaie, est conçu dans une perspective de développement durable. Il sera développé sur un terrain de 13 millions de pieds carrés, dont cinq millions seront attribués à la préservation des milieux naturels et humides.

Des principes de biophilie seront intégrés dans l’aménagement du site et l’architecture des bâtiments, de même que des pratiques d’économie circulaire. Terrebonne se positionne ainsi à l’avant-garde en matière d’intégration harmonieuse de l’architecture, des milieux naturels et de la qualité du milieu de vie au sein d’un espace économique à vocation écologique, indique la Ville.

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Société

Des milliers de travailleurs en grève au Québec

En cause : un sous-financement chronique qui, selon eux, fragilise dangereusement le filet social et menace la survie de plusieurs organismes.

Rassemblés sous la bannière du mouvement Le communautaire à boutte, les groupes réclament une indexation et un rehaussement significatif et récurrent du financement à la mission, inscrits de façon durable dans les budgets gouvernementaux.

Une mobilisation devenue nationale

À l’automne dernier, une centaine d’organismes de la Mauricie et d’autres régions avaient participé à une première semaine de grève. Ce qui devait être une mobilisation locale s’est rapidement transformé en mouvement de solidarité d’ampleur provinciale.

« Ce que nous vivons n’est pas isolé. On constate tous les jours que les groupes communautaires partagent la même réalité. Oui, c’est difficile de fermer des services indispensables et précieux pendant deux semaines pour se faire entendre. Mais si rien ne change, des fermetures définitives vont se multiplier. Il est là le vrai risque. », affirme Caroline Chartier, co-porte-parole du mouvement.

Des revendications structurantes

Les organismes communautaires rappellent qu’ils jouent un rôle central dans le maintien du filet social, particulièrement dans un contexte de précarité grandissante. Or, sans financement stable et adéquat, leur capacité d’action serait compromise.

Le mouvement formule cinq grandes revendications :
– des conditions de travail décentes pour les travailleuses et travailleurs ;
– un financement suffisant à la mission ;
– une reconnaissance pleine et entière des organismes ;
– la protection de leur autonomie et la fin du financement précaire ;
– un engagement clair du gouvernement à investir dans le modèle communautaire comme pilier stratégique.

« Nous demandons au gouvernement du Québec de prendre des engagements financiers clairs et durables. Nous invitons également tous les partis politiques à prendre position publiquement et à préciser leurs engagements envers le milieu communautaire. », soutient Sophie Tétrault-Martel, co-porte-parole.

Un point culminant à Québec

Des actions sont prévues dans l’ensemble des régions au cours des prochaines semaines. La mobilisation culminera le 2 avril à Québec, devant l’Assemblée nationale, où des milliers de travailleuses et travailleurs se rassembleront pour interpeller directement les décideurs.

« Ça fait des semaines que nous constatons que la classe politique manque clairement de considération envers le travail des groupes communautaires. Combien de groupes devons-nous encore mobiliser ? Doit-on toujours prendre la rue au Québec pour être pris au sérieux et entamer des discussions officielles avec les représentants du gouvernement ? », souligne Mathieu Gélinas, co-porte-parole.

Le message des organisateurs se veut sans équivoque : le mouvement s’élargit et entend obtenir des engagements concrets.

Pour en savoir plus sur le mouvement : www.aboutte.info

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Sports

Cobras de Terrebonne : Une saison d’adversité et d’apprentissage

Selon Robert Dubuc, entraîneur-chef de l’équipe depuis 2006, les causes pour expliquer cette saison sont très nombreuses, mais les blessures viennent en tête de liste. En effet, les joueurs ayant disputé moins de 30 matchs cette année sont deux fois plus nombreux que ceux qui en ont joué 40 et plus. « On a connu beaucoup… beaucoup d’adversité! », admet Dubuc.

Les séries malgré tout

Pour une équipe comme les Cobras, une année difficile comme 2025-2026 représente l’exception plus que la règle. Mais malgré les épreuves, tout n’est pas à jeter à la poubelle, surtout que, comme le veut le dicton, « en série… tout peut arriver! ». Dubuc est particulièrement élogieux à l’endroit de sa brigade défensive. « D’accord, on n’a pas de quart-arrière mais […] j’ai identifié ça comme le meilleur groupe de défenseurs que j’ai eu, avance-t-il. J’ai gagné plus souvent que ça avec une moins bonne qualité de défenseurs. »

Des signes encourageants sont aussi venus de l’attaque. Dans cette ligue connue pour ses matchs à haut pointage, quatre joueurs ont maintenu une moyenne supérieure à un point par match : Justin Duval (54 points en 41 matchs), Matthew Doucet (53 en 44), Jeremy Villemaire (45 en 44) et Mathis Valente (38 en 26).

Avec un seul match à disputer à la saison 2025-2026, c’est l’ensemble de l’équipe qui devra redoubler d’ardeur en sautant sur la glace, car l’adversaire est de taille. Le Collège Français de Longueuil, assuré du premier rang, a dominé les Cobras toute l’année. Mais ça n’inquiète pas Dubuc : « J’aime mieux finir la saison contre la meilleure équipe que contre la B. Tu veux arriver en série avec un momentum. »

La pire saison du règne Dubuc

Alors que Dubuc soufflait 20 bougies en tant qu’entraîneur-chef des Cobras, un fait extrêmement rare dans le sport de compétition, tous niveaux confondus, force est d’admettre que son vœu n’a sûrement pas été exaucé. « J’ai eu à travailler très fort cette année », admet-il. Il explique que les saisons victorieuses, que les Cobras nous ont habitués à connaître, demandent moins de travail au niveau vidéo. Coach Dubuc le confesse dans un soupir : du vidéo… il en a fait beaucoup en 2025-2026!

Et pas seulement pour quelques micro-ajustements, surtout parce qu’il a été particulièrement difficile d’avoir du temps de qualité en pratique cette année. Dubuc observe un changement dans la culture du hockey junior. « J’ai toujours organisé mon horaire personnel autour de mes engagements hockey », dit-il avant de souligner les nombreux conflits d’horaires qui ont grandement affecté l’implication de plusieurs joueurs dans « le processus » cette saison.

Il ne parle pas de manque de talent. Il parle d’engagement. D’une réalité générationnelle avec laquelle plusieurs entraîneurs doivent composer.

« Il n’y avait aucun contrôle. Des joueurs qui arrivaient, qui quittaient, soit à cause de blessures ou de choses du genre. »

                                                                       ­­– Robert Dubuc

En vingt ans, Dubuc a connu les victoires, les séries marquantes, les championnats et a vu passer des générations de joueurs. Bien que cette saison ait surtout été marquée par l’adversité, l’instabilité et les blessures, on ne sent aucune lassitude chez le vétéran-coach. Il le confirme sans hésitation : « La passion est toujours bien là ».

On le sent lorsqu’il parle des heures passées en vidéo, des discussions avec les joueurs, du processus plus important que les résultats. Cette saison n’a pas livré les chiffres espérés. Elle a livré autre chose : de l’expérience. Dubuc ne parle pas d’échec. Il parle d’apprentissage.

Même dans un creux historique, il voit encore une occasion de bâtir.

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Sports

Les patineuses de Lanaudière vont chercher deux médailles

Maïka Scholten et Billie Albisser ont décroché respectivement l’argent et l’or au 1000 m en patinage de vitesse.

L’anneau de la Place Bell n’était pas assez froid pour refroidir des courses chaudement disputées.

Lanaudière a réussi à envoyer deux représentantes du volet féminin en finale pour une médaille. Scholten l’a fait dans la catégorie des 12 ans, Albisser chez les 13 ans. Maïka Scholten, de Mascouche, a été devancée par la patineuse du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Émy-Rose Harvey.

Quant à Billie Albisser, elle a reçu l’or, bien qu’elle ait franchi la ligne d’arrivée en deuxième position. Avant d’officialiser les résultats, les officiels ont décrété qu’une pénalité avait été commise par la Montréalaise Elisabeth Landry, la retranchant du podium. Sans autre patineuse devant elle, la représentante de Lanaudière s’est ainsi retrouvée sur la plus haute marche.

Ces deux médailles couronnent une solide première journée pour la délégation, qui compte également trois podiums au trampoline et un au judo.

Consultez toutes les nouvelles – Jeux du Québec 2026

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Sports

Le badminton aux Jeux du Québec

Même si l’équipe est très jeune, il s’agit d’une expérience inoubliable pour les athlètes, selon l’entraîneur Martin Villeneuve. Au-delà du sport, Villeneuve mentionne les bienfaits de tels événements telle la gestion des émotions et du stress.

Martin Villeneuve échange avec deux joueuses sur un terrain de badminton pendant un match.
Photo Sylvain Leblanc — Martin Villeneuve prépare ses joueuses Chloé Dumais de Terrebonne et Télia Bouchard de Mascouche.

Dans une optique de progression, les Jeux du Québec sont le premier pas de l’équipe alors que plusieurs autres compétitions sont à venir.

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Actualités

Hommage à Jacques Tremblay

Conseiller municipal de 2009 à 2013, il aura marqué la vie politique mascouchoise par son engagement constant et son attachement à la communauté. Pendant son mandat, il a contribué activement aux débats et aux décisions qui façonnent la vie démocratique locale.

Après son passage au conseil, il a poursuivi son implication publique comme attaché politique au bureau du député de Montcalm, Luc Thériault, rôle qu’il a occupé de 2015 à 2023.

« Son engagement politique, son sens du devoir et son implication constante dans la communauté ont été pour moi une source d’inspiration et un exemple à suivre. Au nom de ma famille, je remercie sincèrement les citoyennes et les citoyens pour les nombreuses marques de sympathie et de reconnaissance reçues au cours des dernières heures. Elles nous touchent profondément », a déclaré le maire de Mascouche, Guillaume Tremblay, également fils de M. Tremblay.

Le conseil municipal et les employés de la Ville offrent leurs plus sincères condoléances à la famille et aux proches.

Les drapeaux seront mis en berne le jour des funérailles, dont les détails seront communiqués ultérieurement, selon la volonté de la famille.

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Culture

La bibliothèque de La Plaine devient atelier de création

Dans le cadre du projet Littéralement ModArt, les artistes Dominique Desbiens et Ariane Valade y sont en résidence jusqu’au 25 mars afin de concevoir Palimpseste, une œuvre sculpturale vestimentaire réalisée à partir de livres élagués.

L’initiative, portée par la Ville de Terrebonne en collaboration avec le ministère de la Culture et des Communications du Québec, repose sur le détournement de l’objet livre. Pages, reliures, couvertures et typographies deviennent matière première pour une création située à la croisée du costume, de la sculpture et de l’installation. En manipulant, en découpant et en imprimant ces fragments de papier, les artistes explorent le potentiel plastique du livre au-delà de sa fonction première.

Photo Clair Obscur Multimédia – Des pages suspendues et imprimées composent une installation où le texte devient élément visuel et sculptural.

Le projet s’appuie sur des ouvrages retirés des rayons, destinés au recyclage. Leur transformation en œuvre d’art permet d’aborder les notions de mémoire, de transmission et de matérialité de l’écrit, tout en proposant une réflexion sur la valeur symbolique du livre dans l’espace collectif.

Installé au cœur même de la bibliothèque, l’atelier de création demeure accessible aux usagers, qui peuvent observer les différentes étapes du travail, de la sérigraphie à l’assemblage des formes. Cette proximité favorise les échanges spontanés et place la médiation culturelle au centre de la démarche, faisant du lieu un véritable laboratoire artistique.

Photo Clair Obscur Multimédia – La sérigraphie sur papier récupéré illustre le processus de création observé par les usagers de la bibliothèque.

Trois activités destinées à différents groupes d’âge sont également prévues afin de faire découvrir la transformation du livre en objet artistique et de sensibiliser le public au processus de création. L’approche intergénérationnelle vise à rapprocher les citoyens des pratiques contemporaines tout en valorisant le patrimoine littéraire.

L’œuvre Palimpseste sera exposée à la bibliothèque pendant plusieurs semaines, prolongeant la rencontre entre création visuelle, littérature et espace public. Réalisé dans le cadre de l’Entente de développement culturel, le projet bénéficie du soutien financier du gouvernement du Québec et de la Ville de Terrebonne et s’inscrit dans une volonté de rendre la création actuelle accessible à la population.

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Culture

La bibliothèque Bernard-Patenaude dévoile sa saison  2026

Fidèle à sa mission culturelle, l’institution accorde une place importante aux créateurs mascouchois. Les visiteurs pourront découvrir, tout au long de l’année, des univers variés allant de la peinture à la sculpture, en passant par la photographie et les techniques mixtes.

Du 2 février au 26 mars, trois artistes ouvriront la saison. Karine Chartrand, alias KI artiste peintre, présentera Voir autrement. Son travail invite à porter un regard renouvelé sur le monde animal, à travers des formes fluides et des contrastes marqués. Serge Renaud exposera pour la première fois ses sculptures en bois. Neuf canards colorés et deux bas-reliefs seront visibles dans la vitrine de la bibliothèque. De son côté, Diane Ouellet fait dialoguer matière et imaginaire, transformant chaque œuvre en rencontre entre le tangible et l’évanescent.

Du 30 mars au 28 mai, Sylvie Courchesne présentera Femme, Inspiration et Art. « La femme » y devient un thème central, décliné à travers rythmes, formes et coloris personnalisés. Du 1er juin au 30 juillet, Marc-André Dorval offrira Fantaisie, un univers en acrylique où se côtoient abstraction et figuration. 

L’exposition L’art, un chemin de transformation, de Chantal Pelletier, sera à l’affiche du 3 août au 30 septembre. L’artiste y met de l’avant une approche écologique et l’utilisation de matériaux recyclés. Enfin, du 5 octobre au 3 décembre, Pedro Riuz conclura l’année avec Récits photographiques, un assemblage d’images prises à l’époque où il était photoreporter au quotidien Le Devoir.

Que vous soyez un artiste de la relève, un professionnel en devenir ou un artiste établi, vous pouvez proposer une exposition en solo, en duo ou en collectif. Vous avez jusqu’au 15 septembre pour déposer votre dossier de candidature.

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Actualités

Sous-traitance et transport en commun : un pari risqué, selon l’IRIS

L’étude présente exo comme le seul organisme public de transport en commun qui sous-traite l’entièreté de ses services et comme celui qui affiche le pire bilan en matière de qualité du service. Selon l’IRIS, cette stratégie risquerait même de réduire la fiabilité des réseaux.

L’étude révèle qu’entre 2022 et 2024, le réseau d’exo a affiché un taux de bris de service moyen deux fois plus élevé que celui des sociétés de transport en commun du Grand Montréal. Le taux moyen de plaintes par 100 000 déplacements d’exo a été plus de quatre fois supérieur à celui des sociétés de transport du Grand Montréal dans la dernière année. L’étude souligne également que la Société de transport de Lévis, qui sous-traite en partie ses services, affiche, elle aussi, l’un des taux de plaintes les plus élevés parmi les dix principales sociétés de transport du Québec.

« On a comparé la performance des sociétés de transport du Québec sur le plan de la qualité du service et on a découvert que la société de transport qui sous-traite entièrement ses services de transport, la seule à le faire, exo, est aussi la société qui affiche le pire bilan en matière de qualité du service », indique Colin Pratte, chercheur à l’IRIS et responsable de l’étude.

Crise de fiabilité

Le chercheur met en cause les conditions de travail moins avantageuses qu’offre exo par rapport aux sociétés publiques, comme la STM ou la STL, ce qui aurait engendré une pénurie de personnel à la base des bris de service. « Les coupures annoncées chez exo sont préoccupantes dans un contexte où il s’agissait déjà d’un réseau qui battait de l’aile », a déclaré M. Pratte, estimant que ces coupures n’aident en rien la fiabilité et la qualité du service d’exo. Se fier davantage au privé pour réduire les dépenses ne ferait que diminuer la satisfaction des usagers ainsi que la qualité des services, mentionne-t-il.

La qualité du transport en commun est déterminante, particulièrement dans les couronnes nord et sud du Grand Montréal, indique M. Pratte. « La qualité du transport en commun est particulièrement critique […] dans les banlieues parce que la concurrence de la voiture est importante. Mais c’est actuellement à l’inverse qu’on assiste, c’est-à-dire que ce sont les banlieues qui sont les moins bien desservies en transport en commun, ce qui renforce la dépendance à la voiture des ménages qui habitent les couronnes », précise Colin Pratte.

Pour un transport de qualité

En octobre 2024, la firme Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT) a réalisé, à la demande du ministère des Transports du Québec (MTQ), un audit de performance des principales sociétés de transport en commun du Québec. Près de la moitié des économies identifiées dans cet audit découlent du recours intensif à la sous-traitance.

M. Pratte souligne que la mise en œuvre de cette recommandation pourrait entraîner une détérioration des services offerts par les réseaux de transport en commun et forcerait les usagers à se motoriser davantage. Or, l’enjeu est précisément de convaincre le plus grand nombre de ménages et d’automobilistes de délaisser la voiture au profit du transport collectif, souligne Colin Pratte. La condition « incontournable » demeure un service de qualité, plaide le chercheur.

Il recommande l’augmentation du financement public du transport collectif, notamment par l’impôt. Une approche qui, selon lui, serait bénéfique non seulement sur le plan écologique, mais aussi pour les ménages. Il rappelle qu’en moyenne, les ménages consacrent 15 % de leur budget à la voiture, et qu’une offre de transport en commun de qualité constituerait une réponse à la crise du coût de la vie.

Exo se défend

La société de transport desservant les couronnes nord et sud affirme, dans un communiqué, que son modèle d’affaires demeure adapté aux réalités des territoires qu’elle dessert. Elle rappelle qu’elle couvre un territoire trois fois plus vaste que ceux de Laval, Longueuil et Montréal, regroupant 84 municipalités, ce qui rendrait toute comparaison directe avec les autres sociétés de transport difficile, soutient-elle.

Concernant la pénurie de main-d’œuvre de 2022-2023, le transporteur exo fait valoir que les mesures déployées ont permis d’améliorer significativement la fiabilité de ses services. La société indique que son taux de livraison de service serait passé de 97 % à 99,6 %, que les annulations auraient diminué de moitié et que le manque d’effectifs ne représenterait plus que 2,1 % des perturbations, contre 37 % en 2022.

« Ces données confirment la capacité d’exo, à travers son modèle d’affaires, à répondre efficacement aux enjeux qui affectent ses opérations et à garantir des services fiables à ses usagers », lit-on dans le communiqué.

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Culture

Verdict 2, parce que les procès attirent les foules

Ce spectacle théâtral abordant divers débats de société inspirés par de réels procès judiciaires ayant défrayé les manchettes est une adaptation de Nathalie Roy et Yves Thériault dans une mise en scène de Michel-Maxime Legault.

Il s’agit d’un retour de Paul Doucet dans le rôle de l’un des deux avocats, alors que sa consœur féminine prendra le visage de Sonia Vachon, que l’on connait surtout pour ses rôles un tantinet comique. Camper un personnage nettement plus sérieux est une première pour elle.

Un rôle qu’elle a spontanément accepté sans même avoir vu Verdict 1. « Quand on m’a appelée pour m’offrir de jouer dans Verdict II, je me suis dit : oui, il faut que je le fasse. Mais c’est tout un défi », affirme la comédienne, qui aborde ainsi un tout nouveau registre de jeu.

Procès connus

C’est que les textes sont sérieux. Imaginez, durant 1 h 50 (avec entracte), seuls sur scène, les deux comédiens abordent des procès marquants du Québec en exposant leurs plaidoiries. Il sera question du procès du caporal Lortie à l’Assemblée nationale, de celui de Sophie Chiasson contre Jeff Fillion.

Bien sûr, les comédiens ne reprennent pas les rôles des vrais avocats représentant ces accusés, mais agissent en tant qu’avocats.

Et l’exploit de la pièce tient au fait qu’on y reprend en quelques minutes des plaidoiries s’étant étalées sur plusieurs jours. On cherche à susciter l’intérêt du public et une réflexion, grâce à une contextualisation narrée.

Or, cela représente pour les comédiens un double défi, celui de l’interprétation à deux et d’une rigueur sans faute puisqu’il faut respecter le vocabulaire judiciaire avec son mode typique de discourir à la cour afin de rendre l’exercice crédible, comme le signale la comédienne Sonia Vachon.

Rôle éducatif

Et cet exercice permettra peut-être aussi de mieux comprendre les rouages d’un système judiciaire, si souvent critiqué. Sonia Vachon pense qu’effectivement, le propos de la pièce joue un peu un rôle éducatif.  « C’est de voir quelle approche chaque avocat a pris pour faire valoir son point. Moi, c’est la première fois aussi que je vois ça comme ça parce qu’on n’est pas tous appelés à assister à un procès. Rares sont les gens qui assistent à des procès. Ça donne une idée aussi de ce que c’est la justice. »

« J’ai une amie qui est juge et qui est venue voir la pièce. Elle m’a dit : « ça fait du bien qu’on parle de la justice de cette façon » », confie la comédienne.

Elle-même estime qu’il s’agit d’une chance pour une comédienne de participer à ce type de projet théâtral, qui lui permet d’en apprendre davantage sur le déroulement d’un réel procès, surtout de la difficulté de porter un jugement. « Ça nous permet aussi de voir un peu le processus. Qu’est-ce que c’est une plaidoirie? Qu’est-ce qu’on apprend lors des plaidoiries? Et moi, je retire une fierté de ces procès. Ce sont des procès québécois. Et à la suite de ces procès, il y a eu des modifications de loi, et c’est ce qui est extraordinaire : on apprend des choses. Moi j’ai été renversée à la première lecture, lorsque Paul a lu la plaidoirie pour Denis Lortie. J’ai dit : Ah, mon Dieu, on ne savait pas ça. »

Autre particularité de Verdict II, tout comme sa première mouture, le dénouement final réside aussi dans son concept interactif. Après la tenue des plaidoiries, on confie au public le rôle de juré et de se prononcer sur un verdict : coupable ou non coupable à main levée. Puis, les comédiens dévoileront la vraie sentence, juste avant que le rideau ne tombe.